I. Mgr Pie, Œuvres, t. m, p
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qui n'est que partiel disparaîtra ; les rudiments de la foi, premières leçons d'un Dieu à un Dieu enfant, feront place aux illuminations de la claire vue du ciel, où, devenus hommes parfaits, nous aurons atteint la plénitude de l'âge du Christ. » Doublet, Saint Paul, Paris, 1876, t. 11, p. 247-248.
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Leçon VIII De la foi
I. Rôle de l'intelligence et de la volonté dans l'acte de foi. — II. De la nécessité de la grâce. — III. Les propriétés de la foi. — IV. Conception nouvelle de la foi.
I. Rôle de l'intelligence et de la volonté dans l'acte de foi
Les partisans delà philosophie de l'action ou du pragmatisme moral reprochent à la définition scolastique de la foi d'être trop intellectualiste, de trop insister sur l'efficacité des preuves de la révélation, et par là, prétendent-ils, de compromettre la liberté de l'acte de foi, expressément définie par l'Eglise. Ils se plaignent de ce qu'on néglige ou de ce qu'on méconnaît l'intervention des dispositions morales, le rôle important et nécessaire de la volonté dans cet acte vital qu'est l'acte de foi (i). Mais, a leur tour, ils encourent le reproche de sacrifier le caractère essentiellement rationnel de la foi et de donner à celle-ci comme base dernière,
i. Pour la bibliographie, voir la leçon précédente.
non pas des raisons et des faits externes, mais l'impression subjectiye du croyant. Certains même prétendent qu'ils faussent la notion traditionnelle de la foi.
Il y a là des malentendus qu'il semble possible de dissiper en précisant le rôle respectif de l'intelligence et de la volonté. Avec le concile du Vatican, il faut mettre en relief tout d'abord la parfaite ralionabilité de l'acte de foi, fondée sur la parole révélatrice de Dieu et sur les motifs de crédibilité qui garantissent le fait de la révélation ; ensuite la pleine liberté du croyant, dont l'adhésion reste volontaire et méritoire, malgré les preuves positives de la révélation. Après quoi il n'y a plus qu'à déterminer la faculté spéciale de l'âme à laquelle appartient proprement l'acte de foi, soit qu'elle soit aidée transi toirement par la grâce, soit qu'elle ait été surélevée par une habitude infuse surnaturelle.
2. L'acte de foi, on ne saurait le contester, appartient à l'ordre intellectuel, puisqu'il est une adhésion de l'esprit à la vérité révélée. Simple en lui-même, il est pourtant entouré de circonstances, où l'analyse permet de distinguer la part des facultés qui concourent à le préparer, la part spéciale de celle qui le décide et de celle qui Y accomplit.
Saint Thomas qui, dans cet acte, accorde le primat à l'intelligence, ne cesse pourtant pas de faire allusion à la volonté. Il dit que l'objet de la vérité à croire ne suffît pas à entraîner l'intelligence, que celle-ci ne se détermine que par un choix volontaire. Or, quand ce choix exclut le doute et la crainte de se tromper, c'est l'acte de foi (1). Il dit encore : « L'intellect de celui qui croit est déterminé dans sa foi, non par la raison, mais par la volonté ; c'est