ROLE DE L'INTELLIGENCE ET DE LA VOLONTÉ 2C
pourquoi l'assentiment se prend ici pour un acte de l'intellect, en tant que celui-ci est déterminé par la volonté (i). » Il dit enfin : « Croire, c'est l'acte de l'intellect, en tant qu'il est mû par la volonté à donner son assentiment; cet acte procède donc de deux puissances... Mais croire est l'acte immédiat de l'intellect, parce que l'objet de cet acte est le vrai, qui est lui-même l'objet propre de l'intellect. Par conséquent, il faut que la foi, par cela seul qu'elle est le principe de cet acte, réside dans l'intellect comme dans son sujet (2). »
3. La préparation à l'acte de foi peut bien appartenir en partie à la volonté et à des motifs d'ordre moral; car il y a lieu de tenir compte des prédispositions, des aptitudes, des attraits, des aspirations et des besoins de l'âme qui ne trouvent leur pleine satisfaction que dans la foi. Mais elle appartient surtout à l'intelligence qui, assurée par ses propres lumières de la science infaillible et de la véracité absolue de Dieu, comprend clairement que si Dieu parle, il a droit à notre audience. L'esprit s'applique donc à savoir si, réellement, Dieu a parlé ; il examine en conséquence les preuves historiques qu'on donne de la révélation ; il pèse les témoignages qui déposent en sa faveur ; il parvient à se convaincre de sa réalité sur des raisons, non pas probables, mais certaines, d'une certitude morale qui ne laisse pas de place à un doute motivé et qui est à la fois nécessaire et suffisante. Une simple connaissance probable de la révélation, en effet, ne saurait ici suffire : il faut une connaissance certaine ; car Innocent XI (1676-1689) a condamné la proposition suivante : « L'assentiment de foi surnaturelle et utile au salut est compatible avec la connaissance pure-