‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 87 sur 179 · NECESSITE DE LA GRACE POUR LACTE DE FOI · texte numérisé non relu

NECESSITE DE LA GRACE POUR LACTE DE FOI

même, à la mouvoir, et par suite à exiger d'elle l'acte même d'adhésion à la vérité révélée, c'est-àdire l'acte de foi, malgré les difficultés d'ordre spéculatif qui peuvent surgir soit de l'histoire, soit des objections scientifiques, soit de l'inévidence et de l'impénétrabilité du mystère. Elle commande donc à l'intelligence de donner son assentiment à la vérité proposée, et ainsi, sous l'impulsion impérieuse de la volonté, l'intelligence finit par dire: Je crois. C'est l'acte de foi.

IL Nécessité de la grâce pour l'acte de foi surnaturel

1 . Les sens et la raison sont incapables par euxmêmes d'assurer et de réaliser l'assentiment surnaturel de l'intelligence à la vérité révélée, de faire que l'acte de foi soit vraiment salutaire et constitue le commencement du salut. Ils le préparent, comme nous venons de le voir, par la connaissance physique ou historique des « faits divins » surnaturels qu'ils nous procurent ; mais ils ne vont pas jusqu'à nous faire adhérer, comme il convient, à la réalité intime de la révélation. La volonté elle-même, pour se décider et pour décider l'intelligence à l'acte de foi, est impuissante tant qu'elle reste avec ses seules forces naturelles. De toute nécessité il faut l'intervention de la grâce, et comme une double touche du Saint-Esprit, comme une double grâce : une grâce d'illumination qui éclaire, dirige, soutienne et fortifie l'intelligence dans sa marche, dans le jugement pratique qu'elle porte ; une grâce d'inspiration qui touche, dégage, incline et meuve la volonté pour commander l'assentiment ; une grâce, en un mot, qui pénètre et informe l'acte de foi dans sa

^1— — — — — ^^^^^^^—■— W^^^— Il I «Il — ^ ^ — — ^^

préparation, dans son évolution et dans sa réalisation.

2. Faut-il, en outre, pour qu'il soit salutaire et méritoire, que l'acte de foi soit informé par la charité ? Ce fut la pensée et aussi l'erreur d'Hermès au dernier siècle. Plaçant le motif de la foi, non dans l'autorité du Dieu révélateur, mais dans les arguments qui prouvent à la raison les vérités des dogmes révélés, Hermès niait la liberté de la foi et son caractère surnaturel. Il distinguait, en effet, l'assentiment à la vérité révélée, assentiment qu'il regardait comme l'aboutissement logique et nécessaire de la raison sans aucun rapport avec le salut, et la foi qui agit par la charité, la foi du cœur, la seule qu'il estimât vraiment libre et vraiment surnaturelle. C'était donc, à ses yeux, uniquementpar la charité que l'acte de foi devenait libre et surnaturel. Par là, ii allait plus loin que le semi-pélagianisme ; les semipélagiens ne niaient la nécessité de la grâce que pour le commencement de l'acte de foi ; Hermès le niait pour l'acte de foi lui-même, tant que cet acte n'était pas informé par la charité.

3. Et pourtant le second concile d'Orange, en 529, avait dit : « Si quelqu'un affirme que par la force de la nature humaine, on peut penser comme il faut à quelque bien qui touche au salut de la vie éternelle, ou qu'on peut le choisir, ou qu'on peut adhérer à l'enseignement du salut ou de l'Evangile, sans une illumination et une inspiration du Saint- Esprit, qui donne à tous la suavité de l'adhésion et de la croyance à la vérité, il est trompé par l'esprit d'hérésie (1). » Ce n'est là, il est vrai, que la décision d'un concile particulier ; mais il ne faut point oublier que cette décision a été ratifiée par Boniface II (53o-532).

Page 1