‹ Le catéchisme romainChapitre 110 sur 230 · La dernière Cène et la Rédemption. — « Le · texte numérisé non relu

La dernière Cène et la Rédemption. — « Le

Sauveur, dans cette scène d'adieu très courte et presque hâtée, parle à des juifs, auxquels sont familières les idées de sacrifice et d'expiation sanglante. Il a adapté le salut messianique qui va se réaliser à l'idéal préfiguré de l'Ancien Testament et au schéma prophétique. Tous les Israélites, même ceux qui ignorent les Ecritures, comme ses apôtres, attendent une alliance nouvelle que Jérémie (xxxi, 33) décrivait comme une alliance de grâce et de pardon général. Ils savent aussi que le sang dont le peuple a été aspergé au désert avait une vertu purificatrice. La croyance que le sang est requis pour l'expiation était inébranlable chez eux ; elle se trouvait à la base de leur foi religieuse. « Tout, d'après la loi est purifié avec du sang, dira plus tard l'auteur de l'Epître aux Hébreux (ix, 22), et, sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon. • Ces idées constamment éveillées sont en quelque sorte le moule dans lequel Jésus a jeté ses paroles qui, sans elles, auraient été des énigmes indéchiffrables ; l'état d'esprit de ses douze auditeurs est vraiment le contexte vivant des

phrases brèves et condensées qu'il leur laisse comme testament. Voilà l'assise primitive, la pierre d'angle du mystère de la Rédemption ; la roche sur laquelle ont bâti les apôtres et les docteurs a été entr'ouverte et dégagée par le Sauveur lui-même. Ne nous étonnons donc pas de retrouver chez saint Paul les affirmations répétées et cohérentes, que nous avons été réconciliés à Dieu par la mort, par la croix, par le sang de Jésus (Rom., v, 10; Ephes., H, 16: Col., i, 20).

« Cette foi chrétienne, que Jésus a expié en faveur des hommes et à leur place, on peut la rejeter: mais si on se réclame de lui, si l'on veut rattacher sa vie morale et religieuse à la sienne, on n'est pas autorisé, pour des motifs d'exégèse et d'histoire, à mettre en doute l'authenticité des récits qui nous le représentent comme Victime et comme Sauveur. Rédemptrices ont été les paroles qui ont révélé le Père céleste à ses disciples et aux foules de la Galilée, qui ont amené à l'horizon de leur vie morale l'idéal divin de devenir des semblables de Dieu ; rédemptrices ont été les € vertus miraculeuses • qui ont provoqué ou appuyé la foi primitive ; rédemptrice a été sa personne, qui a sollicité au repentir les publicains et les pécheresses ; mais par dessus tout, dans le vrai sens du mot, — l'acception juridique et légale du sacrifice vicaire ne nous répugne pas, — rédempteur sera le sang qu'il versera pour beaucoup, en rémission des péchés.

((Devenu Fils de l'homme, volontairement soumis à nos infirmités et à notre condition de destinée humaine, Jésus n'a retenu aucun des privilèges auxquels la naissance miraculeuse et l'union hypostatique lui donnaient droit. Il devait donc quitter la vie comme ses frères en passant par la mort. Cette mort, il a voulu qu'elle fût douloureuse, qu'elle fût sanglante, comme celle des victimes auxquelles il se substituait. » V. Rose, Eludes sur les Evangiles f dans la Revue biblique, 1900, p. 5 16-517.

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