LA RESURRECTION
trois jours, je ressusciterai. » Commandez donc que son sépulcre soit gardé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent dérober le corps et ne disent au peuple : « Il est ressuscité des morts. » Cette dernière imposture serait pire que la première. Pilate leur répondit : « Vous avez une garde ; allez, gardez-le comme vous l'entendrez. » Ils s'en allèrent donc et s'assurèrent du sépulcre en scellant la pierre et en y mettant des gardes (i). »
Précautions vaines, car elles n'empêchaient pas la prophétie du Christ de s'accomplir. De grand matin, le mort de l'avant- veille sort triomphant du tombeau. Les gardes épouvantés vont en avertir aussitôt les chefs du Sanhédrin. Ceux-ci se concertent; quoique déroutés, ils paient d'audace. A prix d'argent, ils corrompent les gardes et les stylent comme ils avaient stylé les faux témoins de la passion, u Publiez, leur disent-ils, que ses disciples sont venus de nuit, et l'ont enlevé pendant que vous dormiez (2). » Cet expédient singulier, dont l'invraisemblance et la grossièreté crèvent les yeux, ils l'exploitèrent avec leur cynisme habituel, ce qui fera dire à saint Augustin : « Vous invoquez des témoins qui dorment, vous dormez vous-mêmes (3). »
Ce matin-là, dès la première heure, les saintes femmes accourent au tombeau ; elles avaient respecté le repos du sabbat ; aussi avaient-elles hâte de rendre au cadavre de leur Maître les honneurs qui lui sont dûs. Elles pensent si peu à sa résurrection qu'elles apportent des aromates pour l'embaumer. Mais le tombeau est ouvert, la place est vide. Grand
1. Matth.t xxvii, 63-66. —a. Matth., xxvni, i3. — 3. In Ps„ lxxui, i5.
4o8 LE CATÉCHISMH ROMAIN
émoi ! Elles courent en avertir les apôtres. Aussitôt Pierre et Jean viennent se rendre compte de leur dire et en constatent la vérité. A peine ont-ils repris le chemin de la ville que Jésus apparaît à Madeleine, et celle-ci d'annoncer cette grande nouvelle : elle Ta vu, elle a parlé avec lui. Les apôtres restent incrédules. Le soir venu, deux disciples le reconnaissent à l'hôtellerie d'Emmaiïs ; ils rentrent à Jérusalem pour en faire part aux apôtres. Mais, déjà parmi ceux-ci, Pierre a été favorisé d'une apparition ; pendant qu'ils s'entretiennent de ces événements de la journée, qui raniment la foi des uns sans pouvoir convaincre les autres, voici Jésus qui entre, les portes closes, et leur dit: « La paix soit avec vous ! » Donc, plus de doute, le Christ est bien ressuscité. C'est bien le Fils de Dieu. Thomas absent ne veut pas se rendre à leur témoignage, il reste incrédule malgré tout, il ne croira que sur une preuve tangible ; il voit et il touche ! il est enfin convaincu.
Puis, les apparitions se multiplient. On cite, entre autres, celles qui eurent lieu en Galilée, sur les bords du lac, au moment où les apôtres rentrent de la pêche, sur une montagne, devant plus de cinq cents disciples assemblés, et enfin la dernière sur le mont des Oliviers, en face de Bethléem, où fut le berceau, de Jérusalem, la cité coupable, et du Golgotha, le lieu de supplice, après quoi, Jésus remonte vers son Père.
Tels sont les faits consignés dans l'Evangile. Ils attestent un miracle sans doute, et même le plus grand de tous les miracles. Ce n'est pas une raison pour en suspecter l'authenticité et les frapper d'exclusive. Qu'on discute l'autorité des témoins et qu'on pèse la valeur du témoignage, soit. Mais ces témoins existent, ils sont nombreux : des femmes
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d'abord, mais aussi des hommes, tous fermés à Vidée d'un tel miracle, n'y pensant pas, se refusant même d'y croire sur le témoignage d'autrui, incrédules jusqu'à rentêtement, tant qu'ils ne l'ont pas constaté personnellement ; puis, la constatation faite, s'en portant garants, le prêchant unanimement malgré la défense de la Synagogue, le donnant comme la base de leur foi, de leur mission et de leur œuvre, et cela jusqu'à l'effusion de leur sang. Or, parmi ces témoignages décisifs, celui de saint Paul mérite une place à part ; car Paul a été l'adversaire implacable des apôtres, le persécuteur actif des disciples, il ne rêvait que de détruire le christianisme naissant. Mais, dans son entreprise de haine, il est arrêté sur le chemin de Damas, et il devient le grand Apôtre. Certes, on peut ajouter foi à sa parole ; c'était la parole d'un convaincu, s'il en fut, et personne au monde n'a le droit d'en suspecter la sincérité. Or, voici ce qu'il écrivait aux Corinthiens : « Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'ai appris moi-même, que le Christ est mort pour nos péchés, qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Ecritures ; et qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douce. Après cela, il est apparu en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont la plupart sont encore vivants. . . Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton (i). » Il ajoutait ensuite : « Si le Christ n'est pas ressuscité, vaine aussi est notre foi. Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre lui qu'il a ressuscité le Christ (2). »
Manquerait-il quelque chose à l'autorité de ces