‹ Le catéchisme romainChapitre 132 sur 230 · PREUVES DE LA. RÉSURRECTION · texte numérisé non relu

PREUVES DE LA. RÉSURRECTION

sommes tous témoins (i). » Après la guérison du boiteux, il répète : « Vous avez fait mourir l'Auteur de la vie, que Dieu a ressuscité des morts, nous en sommes tous témoins (2). » a Chefs du peuple et anciens d'Israël, si l'on nous interroge aujourd'hui sur un bienfait accordé a un infirme, pour savoir comment cet homme a été guéri, sachez-le bien, vous tous, et tout le peuple d'Israël : C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts (3). »

Saint-Paul insiste sur le même argument à Antioche de Pisidie, à Thessalonique, à Athènes devant l'Aréopage, à Jérusalem devant le peuple, à Césarée devant Festus et Agrippa (4). C'est la résurrection de Jésus qu'il met à la base de son enseignement ; c'est dans ce dogme qu'il voit la garantie de la foi et le gage assuré de la résurrection des corps.

2. La vie chrétienne se modèle de suite sur les mystères du Sauveur. Le Sauveur est mort, il a été enseveli, il est ressuscité ; le disciple doit faire comme le Maître : lui aussi doit mourir, être enseveli et ressusciter d'une façon mystique ; et c'est dans le baptême, en mourant au péché, en se plongeant dans le bain de la régénération et en en sortant pleinement transformé. Les Pères ne cessent d'insister sur les rites symboliques de l'initiation chrétienne.

3. De bonne heure, la liturgie applique au jour de la semaine, où Notre Seigneur est sorti victorieux de la tombe, les privilèges du sabbat. Ce jour-là, la prima sabbati, prend un nom nouveau dans la langue chrétienne, c'est celui de dies dominica, le jour

1. Ad., 11,34, 3a. — 2. Act.f ni, i5. — 3. AcL9 iv, 9-10- — 4. Act. x, 4o, 4i ; xni, 30-37; XVII> 3, 3i, 3a , xxn, 6 sq ; xxv, 19 ; xxvi, 3, i23.

du Seigneur, le Dimanche. La substitution de ce jour au sabbat date déjà du temps des Apôtres (i) ; et la Didaché l'appelle nettement la xupiooajv Kuptou (2).

4. En outre l'anniversaire annuel de la résurrection devient la fête principale et centrale de Tannée liturgique. En Occident, c'est toujours le dimanche qu'on la célèbre pendant qu'une partie de l'Orient s'en tient quelque temps encore au quantième des mois, quel que soit le jour de la semaine. C'est dans la nuit qui précède cette fête que l'Eglise a placé la collation solennelle du baptême pour faire coïncider la régénération spirituelle de ses enfants avec la résurrection glorieuse de son Chef. Aussi empruntet-elle à saint Paul ces paroles, pour les adresser aux nouveaux baptisés : « Si vous êtes ressuscites avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, où le Christ demeure assis à la droite de Dieu (3). »

5. Parmi les catéchèses préparatoires au baptême, celle qui a pour but spécial d'expliquer le symbole signale toujours la résurrection du Christ. Les catéchistes détaillent parfois les circonstances du fait, en donnent même quelques preuves succintes ; le plus souvent ils ne font qu'affirmer, sauf à insister sur les conséquences morales et pratiques du mystère (4). Parfois aussi, ils réfutent d'un mot rapide les objections.

6. On connaît déjà celle que les juifs firent courir, au lendemain de la crucifixion, sur l'enlève-

1. AcL, xx, 7 ; I Cor., xvi, 2 ; Apoc, I, 10. — 2. Didaché, Xiv, 1 ; cf. pseudo-Barnabe, EpisL. xv, 9 ; saint Ignace, Magn., ix, 1 ; saint Justin, I ApoL, 67; la lettre célèbre de Pline à Trajan, Ep. X, xcvn, fait allusion à une double réunion chrétienne, vers 112, et il note qu'elle a lieu le jour du soleil, ce qui n'est autre que le dimanche chrétien. — 3. Col.> ni, 1. — l\. Voir, en particulier, saint Cyrille de Jérusalem, CaL, xiv ; Patr. gr.t t. xxxm, col. 825-866.

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ment furtif du cadavre. Son peu de vraisemblance la fit vile abandonner. Vers la fin du 11e siècle, Celse traite le mystère de fable et ses témoins d'imposteurs (i) ; Origène lui répond. Hieroclès vante la vie d'Appolloniusde Tyanes pour l'opposer à la divinité de Jésus-Christ ; Eusèbe le réfute (2). Et puis, de siècle en siècle, ces objections passent. Le xvme siècle sourit de la croyance chrétienne et réédite les vieilles futilités ; protestants et catholiques répliquent (3). Au xixe siècle, on invoque le fait d'une mort apparente ou l'hypothèse de l'hallucination. 7. La mort apparente a eu ses partisans. Strauss, dans sa Vie de Jésus, les passe en revue. Selon Bahrdt, Jésus se serait exposé au crucifiement,

1. Dans Origène, Cont. Cels., 11, 55. Aube, Histoire des persécutions, Paris, 1878, p. 298, résume ainsi la pensée de Celse : « Vivant, votre prétendu Dieu n'avait rien pu pour lui-même ; mort — dites-vous — il ressuscita et montra les marques de son supplice et les trous de ses mains. Mais qui a vu tout cela? Une femme hystérique et quelque autre peut-être de la même troupe ensorcelée, soit que ce prétendu témoin ait vu en rêve ce que lui représentait son esprit troublé, soit que son imagination abusée ait donné un corps à ses désirs, soit plutôt qu'il ait voulu frapper l'esprit des autres par un récit merveilleux et, à l'aide de cette imposture, fournir matière de tromperie à ses confrères en charlatanisme. Si Jésus voulait faire éclater réellement sa vertu divine, il fallait qu'il se montrât à ses ennemis, au juge qui l'avait condamné et à tout le monde en général. » L'argumentation de Celse a été reprise et augmentée, comme on sait, au dernier siècle. — 2. Voir notre article Apollonius de Tyanes dans le Dlct. de Théologie. — 3. Voir dans la Démonstration évangélique de Migne : Duguct, Principe de la foi chrétienne, ch. vm-xiu, t. xi, col. 253-3oo : Sherlock, Les témoins de la résurrection de Jésus-Chris^ t. vu, col. 527-594 ; Ditton, La vérité de la religion chrétienne démontrée par la résurrection de Jésus-Christ, t. vm, col, 293-5(32 ; West, Observations sur l'histoire et les preuves de la résurrection de Jésus-Christ, t. x, col. 1021-1172; Duvoisin, Démonstration évangélique, ch. vi, t. xm, col. 82I-S33 ; cf. dans Bergrer, l'arli cle Résurrection. *

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comptant qu'en inclinant la tête de bonne heure, il serait bientôt détaché de la croix et qu'ensuite il serait guéri. D'après Xénodochien, il serait tombé dans un sommeil léthargique et une mort apparente, grâce à un narcotique préparé d'avance par ses disciples. Paulus répugne à ces suppositions ; mais il croit à la persistance de la force vitale qui, sous l'action bienfaisante des huiles et des aromates, permit à Jésus de ne pas mourir réellement. Strauss accorde volontiers qu'il n'y a rien d'impossible dans cette hypothèse d'une mort apparente ; mais il préfère croire à l'hallucination des témoins. 8. C'est la thèse de Renan, à la fin de sa Vie de Jésus et au commencement du volume les Apôtres. Pour lui, « la forte imagination de Marie de Magdala, » son amour ardent et passionné, sa nature hystérique, ont joué un rôle capital ; et c'est la pécheresse convertie qui a été la cheville ouvrière de la résurrection (i). Elle a fini par persuader les autres, et les apôtres ont cru voir, leurs visions ne répondent pas à la réalité. Pour arriver à ce résultat fantaisiste, Renan n'a pas hésité à altérer les récits évangéliques, à les dénaturer complètement, à taire l'incrédulité des apôtres qui ne se rendent que sur des preuves palpables. De tels procédés, accompagnés d'hypothèses gratuites, de perfides insinuations, d'imputations calomnieuses, accusent plus d'imagination que de raison et trouvent leur

i. « Ce que Géphas n'a pu faire, écrit Renan, Marie l'a fait : elle a su tirer la vie, la parole douce et pénétrante du tombeau vide. Il ne s'agit plus de conséquences a déduire, ni de conjectures à former. Marie a vu et entendu. La résurrection a son premier témoin immédiat... Reine et patronne des idéalistes, Madeleine a su mieux que personne affirmer son rêve, imposer à tous la vision sainte de son âme passionnée. Sa gi ande admiration de femme : « Il est ressuscité 1 » a été la bas:) de la foi de l'humanité.

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propre condamnation dans leur excès et leur exagération. C'est oublier que, médicalement parlant, l'hallucination et l'hystérie sont des cas pathologiques, bizarres, incohérents, subjectifs, variables et intermittents ; c'est oublier que Madeleine n'a pas été seule, qu'il y a eu plus de cinq cents témoins, que ces témoins ont commencé par ne pas croire, qu'ils ne se sont rendus qu'à l'évidence des faits, et que c'est leur conviction absolue qui leur a donné le courage de soutenir jusqu'à la mort sanglante la vérité du fait de la résurrection.

9. La critique moderne, après examen comparé des récits, les partage en deux groupes : d'un côté, saint Marc et saint Matthieu, qui ne font allusion qu'aux apparitions de la Galilée ; de l'autre, saint Luc et saint Jean, qui parlent de celles qui eurent lieu à Jérusalem. Pour arriver à une distinction aussi tranchée, la critique écarte la finale de saint Marc, où il est question des apparitions à Madeleine, aux deux disciples et aux apôtres, et le dernier chapitre de saint Jean, qui a trait aux apparitions de la Galilée et qu'on attribue à la main d'un disciple. La distinction faite, la critique estime que saint Paul dépose en faveur des apparitions galiléennes, ce qui est une pure conjecture ; car saint Paul parle d'apparitions dont il a entendu le récit à Jérusalem, lors de sa visite aux grands chefs, nous révèle même l'apparition aux cinq cents disciples et à Jacques, sans spécifier l'endroit où elles ont eu lieu. 11 nous fait savoir qu'il a été lui-même favorisé d'une apparition de Jésus. Sa conviction est le résultat d'une expérience personnelle et non une conclusion théologique. Pour lui, le fait de la résurrection du Christ sert de preuve au dogme de notre propre résurrection.

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