Assurément, dans les divers récits, il y a des
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divergences ; mais on n'est pas en droit de demander à chaque narrateur tous les détails précis et chaque apparition, car chacun poursuit un but spécial. L'essentiel c'est que ces divergences, loin d'être un motif de suspicion, assurent au contraire l'indépendance et la sincérité. Des falsificateurs ou des inventeurs n'auraient pas manqué d'harmoniser pleinement les récits.
Quoi qu'il en soit, les évangélistes s'accordent sur ce détail, c'est que le tombeau fut trouvé vide. Le cadavre de Jésus avait donc disparu. Les disciples ne l'avaient pas enlevé ; cette hypothèse se heurte à l'invraisemblance et à l'impossibilité. On l'a renouvelée cependant, mais avec aussi peu de succès que jadis. Strauss lui-même l'écarté dédaigneusement. Plus près de nous, A. Réville a supposé que c'étaient les Juifs qui avaient opéré la soustraction. Mais alors comment expliquer la prédication des apôtres ? Car enfin les juifs n'avaient qu'à produire la preuve irrécusable d'un tel mensonge en montrant le cadavre, et c'est ce qu'ils n'ont pas fait. Reste alors la théorie de l'hallucination, qui ne tient pas debout. Paul passera difficilement pour un halluciné. Il sait par ouï-dire que Jésus est ressuscité, il signale plusieurs apparitions dont il a entendu le récit ; mais il a vu lui-même le Christ. Le fait de la résurrection est ainsi appuyé sur des témoignages trop nombreux pour être mis sérieusement en doute ; il reste acquis à l'histoire et nous n'y insisterons pas davantage ; pour tout esprit de bonne foi, Ja cause est entendue (i).
i. Tel n'est pas, nous le savons, l'avis de M. Loisy. Car, ditil, « avant tout examen des récits, il est permis de penser que des impressions sensibles ne sont pas le témoignage adéquat d'une réalité purement surnaturelle, » d'autant qu'il est « inévitable que toute preuve naturelle d'un fait surnaturel soit
2° La doctrine catholique
i° Doctrine de saint Thomas. — i. A la suite des Pères, saint Thomas a étudié la question de la résurrection et l'a traitée méthodiquement. Il L'examine d'abord en elle-même. Il était nécessaire que le Christ ressuscitât, non seulement pour manifester la justice divine, qui a promis d'exalter ceux qui s'humilient, pour confirmer notre foi et exciter notre espérance, mais encore pour nous apprendre
incomplète et défaillante. » Sous le bénéfice de ces prémisses, qu'il estime, à tort selon nous, indiscutables, il affirme que le cas de la résurrection de Jésus « ne comporte pas de preuve complète, » que « la résurrection n'est pas un fait qui ait pu être constaté directement et formellement, » et que « l'entrée d'un mort dans la vie immortelle se dérobe à l'observation. » Conclusion : « Le tombeau vide n'est qu'un argument indirect, et non décisif. » « L'historien réservera son adhésion, » « l'examen critique des récits le confirmera dans son doute. » Néanmoins, « le fait des apparitions lui semblera incontestable, mais il ne pourra pas en préciser exactement la nature et la portée. » L'Evangile et l'Eglise, 3e édit., p. 118-119 ; Autour d'un petit livre, p. 169.
A notre tour, nous dirons : Il « est permis de penser » qu'une réalité surnaturelle, telle que la résurrection de Jésus, quels que soient son mode et sa nature, reste sensible, c'est-à-dire accessible aux sens, que dès lors elle est, en tant que fait, objet d'observation et comporte tout au moins des preuves de témoignage.
Sans doute, personne n'a vu Jésus au moment où il ressuscitait et n'a pu se rendre compte de quelle manière il est revenu à la vie ; mais plusieurs ont vu Jésus après sa résurrection, non pas une fois, mais plusieurs fois, non pas isolément mais plusieurs à la fois. Et si, devant ces témoignages, M. Loisy accorde que « le fait des apparitions lui semble incontestable, » cela suffit, même pour l'historien ; si, malgré cela, l'historien « réserve son adhésion ou se confirme dans le doute, » parce qu'il ne peut pas « préciser exactement la nature de la portée » d'un tel fait, ce n'est plus au nom de l'histoire, mais pour d'autres motifs qui n'ont rien à voir avec l'histoire.
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quelle doit être la vie du chrétien et enfin pour consommer notre salut, en nous mettant par sa résurrection en possession de tous les biens. Sa résurrection devant confirmer la foi à sa divinité et à son humanité, il convenait qu'elle eût lieu le troisième jour, trois jours suffisant pour constater sa mort réelle et sa puissance divine. Sa résurrection n'a pas été un simple retour à la vie avec la perspective d'une mort nouvelle ; elle a été définitive et complète, car il n'est pas ressuscité, comme les autres, pour mourir une seconde fois ; le Christ ressuscité ne meurt plus, et par là il est vraiment le premier qui soit ressuscité. En vertu de sa divinité, le Christ a été la propre cause de sa résurrection ; mais à considérer son corps et son âme, après la mort, sous le rapport de la nature créée, il n'a pu être ressuscité que par Dieu, et non par sa propre vertu (i).
2. Saint Thomas examine ensuite l'état du Christ après sa résurrection. En ressuscitant, le Christ a repris son corps, dans son intégrité, avec la même nature qu'il avait auparavant et avec les cicatrices de sa passion et de sa mort ; car c'étaient là des marques glorieuses de son triomphe, un moyen de confirmer la foi de ses disciples, d'offrir à Dieu son Père les preuves de sa mort, de nous montrer sa miséricorde et de faire éclater la justice, au jour du jugement. Mais son corps est désormais un corps glorieux, car sa résurrection est le type et la cause de notre propre résurrection. Jusque-là, son âme était seule à posséder la gloire par la jouissance parfaite de sa divinité ; mais, après la passion et la mort, son âme a déversé sa gloire sur le corps qu'elle venait de reprendre (2).