I. Divinité du Saint-Esprit
Après avoir exposé les divers articles du Symbole touchant les deux premières personnes de la Trinité, il ne reste plus qu'à traiter de la troisième (i).
i. L'Ancien Testament, nous l'avons vu (2), est sobre de renseignements sur le Saint-Esprit. Il se borne à signaler son existence, sans déterminer son rôle précis, sans dégager surtout l'idée que ce fût une hypostase divine. Plus explicite est le Nouveau Testament. Nulle part, il est vrai, il ne le qualifie
1. BIBLIOGRAPHIE : Saint Thomas, Sam. theoL, I, Q. xxxvii-xxxvii ; les théologies récentes ; les traités des Pères et des écrivains ecclésiastiques sur le Saint-Esprit ; l'Histoire des dogmes, de Schwane ; la Dogmatique, de Scheeben ; l'Histoire des conciles, de Hefele ; l'Histoire de la théologie positive, de J. Turmel; la Nouvelle théologie dogmatique, de J. Souben. — — 2. Voir t. 1, p. 559-56io
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expressément de Dieu ; mais ce qui ressort avec évidence des expressions qu'il emploie pour le désigner, des attributs qu'il lui prête et du rôle qu'il lui reconnaît, c'est que le Saint-Esprit est une personne de la Trinité, égale à celle du Père et du Fils, possédant la même nature, la même divinité. Ce développement progressif de la révélation n'a rien d'étonnant dans l'économie du plan divin, et déjà, au ive siècle, saint Grégoire de Nazianze en expliquait les raisons (i).
2. Le nom du Saint-Esprit se trouvait dans la formule baptismale et dans la profession de foi chrétienne. Toutefois, dès les origines, l'attention des écrivains ecclésiastiques et des Pères dut s'appliquer de préférence aux graves problèmes soulevés par le Gnosticisme, ce rationalisme scientifique de la première heure. Il s'agissait avant tout de sauvegarder intégralement les dogmes de la création, du monothéisme, de la divinité du Verbe fait chair, de la rédemption. Et c'est ce qui explique la pénurie des documents relatifs au Saint-Esprit. L'auteur de la Didaché, saint Clément de Rome, saint Ignace d'Antioche, saint Polycarpe de Smyrne se bornent à mentionner le Saint-Esprit après le Père et le Fils; saint Justin et Athénagore le mentionnent également pour prouver que les chrétiens ne sont pas des athées puisqu'ils l'adorent avec le Père et le Fils (2). Saint Théophile d'Antioche et saint Irénée de Lyon ne sont pas plus explicites.
3 . Mais, vers la fin du 11e siècle et au commencement du 111e, lorsqu'éclata la lutte entre les unitaires rigides ou monarchiens et les trinitaires, les uns voulant sauvegarder à tout prix l'unité de Dieu en face du polythéisme, les autres entendant maintenir la
i. Voir 1. 1, p. 56 1. — 2. Ibid., p. 572-575.