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LE SAINT-ESPRIT

blables à ceux qui existent entre le Fils et le Père : il est envoyé par le Fils, il lui sert d'interprète, il le glorifie, comme le Fils est envoyé par le Père, auquel il sert d'interprète et qu'il glorifie. Il ne sort pas du néant comme les créatures, mais il vient de Dieu, il procède du Père. Il remplit une mission sanctificatrice, dont aucune créature ne saurait être investie. Le posséder, c'est posséder Dieu (i). Bref, dès 358, saint Athanase formule la preuve scripturaire de la divinité du Saint-Esprit. Et c'est la même thèse que soutient Didyme (2).

6. Peu après, les Pères cappadociens entrent en ligne. En 363, saint Basile consacre son troisième livre contre Eunomius à prouver lui aussi que le Saint-Esprit est Dieu ; douze ans plus tard, il complète cette ébauche par son traité De Spiritu Sancto (3). Vers 38i, saint Grégoire de Nazianze écrit un Discours sur le Saint-Esprit (4), et Grégoire de Nysse entreprend la réfutation des eunomiens et des macédoniens (5). De son côté, saint Ephiphane de Salamine revient à plusieurs reprises sur le dogme de la divinité du Saint-Esprit (6). Or, tandis que les deux Grégoire réfutaient de préférence les objections d'ordre rationnel et logique, Didyme, Basile et Epiphane faisaient valoir les preuves scripturaires, sans enrichir toutefois celles qu'avait produites saint Athanase.

En Occident, saint Ambroise se faisait simplement Pécho du célèbre aveugle d'Alexandrie et de Tévêque de Césarée (7).

1. Epist. ad Serap., 1, 6, 12 ; Pair. gr.,ï. xxvi, col. 54i,65o; cf. Epist., m et iv. — 2. De Spir. sancto, 34; Patr. lat.,t. xxiii, col. i33. — 3. Patr. gr., t. xxxu, col. 68 sq. — 4- Ora., xxxi ; Patr. gr., t. xxxvi, col. i33 sq. — 5. Patr. gr., t. xlv, col. 243 sq, i3oi sq. — 6. Cont. haer, lxxiv, ii, i3; Patr. gr.9 t. xlii, col. 4g6, 5oo ; Aneorat., 68, 72, 75 ; Patr. gr., t, xliii, col. i4o, i52, 157. — 7. De Spir. Sancto; Patr. lal.t t. xvi, col. 703 sqM

l* CATÉCHTSMB. T. II, 39

45o LE CATÉCHISME ROMAIN

On peut dire qu'à la fin du ive siècle, la divinité du Saint-Esprit était un dogme fermement établi sur des preuves tirées de l'Ecriture. Quant à Terreur des pneumatomaques , déjà condamnée par le second concile œcuménique, elle futproscrite par l'empereur Théodose.

IL Procession du Saint-Esprit

i° La procession ab utroque. — Il restait à bien mettre en lumière la relation du Saint-Esprit vis-à-vis du Père et du Fils, c'est à-dire à définir sa procession.

A vrai dire, c'était chose déjà faite. Car, parmi les tenants de la divinité du Saint-Esprit, nul ne doutait qu'il ne procédât du Père. Procédait-il aussi du Fils? Didyme (i) et saint Epiphane (2), parmi les grecs, n'avaient pas hésité à répondre affirmativement ; et ce fut aussi la manière de voir de saint Cyrille d'Alexandrie (3), Mais l'Orient ne se rallia pas à ce point de doctrine.

En Occident, au contraire, la procession du Saint- Esprit du Père et du Fils, ab utroque, triompha grâce à saint Augustin d'une part et au mouvement des catholiques espagnols contre le priscillianisme d'autre part. L'évêque d'Hippone, en effet, rapproche les textes de saint Jean et de saint Paul où il est dit que c'est l'Esprit du Père qui parle dans les chrétiens, que Dieu leur a envoyé l'Esprit de son Fils, et il en conclut que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils (4). C'était la conclusion déjà tirée d'autres textes scripturaires par saint Epiphane

1. Loc. cit. — 3. Ancorat.y 8, 67 ; Patr. gr., t. xliii, col. 29, 137. — 3. In Joan., XI, 1; Patr. gr., t. lxxiv, col. 449. — 4. In Joan., tract., xcix, 6-7; Patr. lat., t. xxxv, col. 1889.

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