LES DONS ET LA GRACE
donné libéralement, gratuitement et sans espoir d'aucune récompense. Ainsi tous les biens et toutes les grâces que nous avons reçus de Dieu {et qiï avons-nous, comme dit l'apôtre, que nous n'ayons reçu de lui ?), nous les tenons de la libéral i té du Saint-Esprit, à qui nou3 devons en témoigner une sincère et pieuse reconnaissance. Or, il y a plusieurs elle ts opérés par le Saint-Esprit; car, sans parler ici de la création, de la conservation et du gouvernement de toutes choses, dont il a été question au premier article, nous venons de montrer que la sanctification et la vie spirituelle des hommes lui sont proprement attribuées, ce que confirme ce témoignage dEzéchiel: « Je mettrai en vous l'Esprit, et vous vivrez (ij. »
3. Les dons principaux du Saint-Esprit. — « Les dons principaux du Saint-Esprit, ceux qui lui conviennent d'une manière plus particulière, sont ainsi énumérés par le prophète : « Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de piété, Esprit de crainte de Dieu (2). » Voilà ce que l'on nomme d'ordinaire les dons du Saint-Esprit, et quelque 'ois même le Saint-Esprit. C'est pourquoi saint Augustin remarque ferès judicieusement qu'il faut prendre garde, quand l'Ecriture parle du Saint-Esprit, s'il s'agit de la troisième personne de la Trinité ou des effets et des opérations qu'on lui attribue ; car ces deux choses diffèrent autant Tune de l'autre que Dieu diffère de la créature. D'ailleurs ces dons du Saint-Esprit nous révèlent les devoirs et les obligations d'une vie chrétienne, et ils peuvent servir à nous faire connaître si le Saint-Esprit habite en nous : raison de plus de les expliquer aux fidèles aussi soigneusement que possible. »
4. La grâce sanctifiante. — « Entre tous ces dons admirables, celui qui doit être relevé davantage, c'est la grâce qui nous justifie et qui nous marque du sceau du Saint-Esprit, qui avait été promis et qui est une arrhe de noire héritage (3) . C'est cette grâce, en effet, qui nous unit étroitement à Dieu par les liens de l'amour, qui allume en nous les sentiments de la vraie piété, qui nous
i. Ezech., xxxvii, 6. — a. Is., xi, a-3. — 3. Eph > V i3-i4»
fait embrasser une vie nouvelle, qui nous rend enfin participants de la nature divine et nous fait mériter le titre et la qualité de Dieu (i). »
Le Catéchisme romain ne fait qu'une allusion aux grâces que répand le Saint-Esprit, d'une manière si prodigieuse, dans certaines circonstances. Qui ne se rappelle, en effet, les charismes dont il est question dans le Nouveau Testament et dont fut témoin l'Eglise des premiers âges ? Il indique à peine d'un trait le rôle sanctificateur du Saint- Esprit, parce qu'il en sera question au traité de la grâce et des sacrements. L'âme, sous l'action et par la présence du Saint-Esprit, reçoit les vertus infuses, soit théologales, soit morales, et les dons merveilleux qui lui permettent d'accomplir tous les actes de la vie surnaturelle et de produire ces fruits incomparables que saint Paul appelle la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance (2). Par là s'élabore sur la terre le mystère de la sanctification, et se préparent les élus pour le ciel. Le Saint-Esprit habite l'âme des justes, il y fait sa demeure, il s'y plaît, il y opère des merveilles. « Au-dessus du mode ordinaire et général, suivant lequel Dieu est en toute chose par son essence, sa puissance et sa présence, comme la cause est dans les effets qui entrent en participation de sa bonté, il en est un autre spécial, dit saint Thomas, qui convient aux seules créatures raisonnables, dans lesquelles Dieu se trouve comme l'objet connu et aimé est dans l'être qui connaît et qui aime. Et parce que la créature raisonnable peut s'élever jusqu'à Dieu par la connaissance et par l'amour, et l'atteindre en luimême, au lieu de dire simplement que Dieu, sui-