LES DONS ET LA GRACE
vant ce mode particulier de présence, est dans la créature raisonnable, on dit qu'il habite en elle comme dans son temple (i). » C'est cette habitation du Saint-Esprit dans les âmes justes qui sera étudiée plus à fond dans la suite, en utilisant l'Encyclique Divinum illad munus, du 9 mai 1897, qui résume tout renseignement de l'Eglise sur la troisième personne de la Trinité, et qui décrit la mission du Saint-Esprit dans le corps de l'Eglise et dans les âmes.
1. Le Saint-Esprit. — « Dieu est donc fécond ; Dieu a un Fils. Mais où est ici le Saint-Esprit? et où est la Trinité sainte que nous servons dès le baptême ? Dieu n'aime-t-il pas son Fils, et n'en est-il pas aimé ? Cet amour n'est ni imparfait, ni accidentel à Dieu, l'amour de Dieu est substantiel comme sa pensée ; et le Saint-Esprit qui sort du Père et du Fils, comme leur amour mutuel, est de même substance que Fun et l'autre, un troisième consubstantiel, et avec eux un seul et même Dieu.
a Mais pourquoi donc n'est-il pas Fils, puisqu'il est par sa production de même nature ? Dieu ne l'a pas révélé. Il a bien dit que le Fils était unique, car il est parfait, et tout ce qui est parfait est unique. Ainsi le Fils de Dieu, Fils parfait d'un Père parfait, doit être unique ; et s'il pouvait y avoir deux Fils, la génération du Fils serait imparfaite. Tout ce donc qui viendra après ne sera plus fds et ne viendra point par génération, quoique de même nature. Que sera-ce donc que cette finale production de Dieu ? C'est une procession sans nom particulier ; le Saint-Esprit procède du Père; le Saint-Esprit est l'esprit commun du Père et du Fils; le Saint-Esprit prend du Fils, et le Fils l'envoie comme le Père. Taisez-vous, raisonnements humains ; Dieu a voulu expliquer que la procession de son Verbe était une véritable et parlai le génération. Ce que c'était que la procession de son Saint- Esprit, il n'a pas voulu le dire, ni qu'il y eût rien dans