‹ Le catéchisme romainChapitre 154 sur 230 · I. Sum. theoL* I, Q. xliii, a · texte numérisé non relu

I. Sum. theoL* I, Q. xliii, a

la nature qui représentât une action si substantielle et tout ensemble si singulière. C'est un secret réservé à la vision bienheureuse.

« 0 Dieu Saint-Esprit ! vous n'êtes pas le Fils, puisque vous êtes l'amour éternel et subsistant du Père et du Fils ; qui supposez par conséquent le Fils engendré, et engendré comme Fils unique, à cause qu'il est parfait. Vous êtes parfait aussi, et unique en votre genre et en votre ordre. Vous n'êtes pas étranger au Père et au Fils, puisque vous en êtes l'amour et l'union éternelle. Vous procédez nécessairement de l'un et de l'autre, puisque vous êtes leur amour mutuel : qui voudrait vous séparer d'eux les séparerait eux-mêmes entre eux et diviserait leur règne éternel.

« Vous êtes égal au Père et au Fils, puisque nous sommes également consacrés au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et que vous avez avec eux un même temple qui est notre âme, notre corps, tout ce que nous sommes. Rien d'inégal ni d'étranger au Père et au Fils ne doit être nommé avec eux en égalité. Je ne veux pas être baptisé et consacré au nom d'un serviteur ; je ne veux pas être le temple d'une créature ; ce serait une idolâtrie de lui bâtir un temple, et à plus forte raison d'être et se croire soi-même son temple. » Bossuet, Elévations sur les mystères, 11e sem., ve élév.

2. La procession du Saint-Esprit. — « Le Saint- Esprit prend du Père dont il procède primitivement, et en prenant du Père, il prend ce qui est au Fils, puisque tout est commun entre le Père et le Fils, excepté sans doute d'être Père, car c'est cela qui est propre au Père et non pas commun au Père et au Fils. Le Fils a donc tout ce qu'a le Père, excepté d'être Père ; il a donc aussi d'être principe du Saint-Esprit, car cela n'est pas être Père ; le Fils prend cela du Père ; et le Père qui, en l'engendrant dans son sein, lui communique tout excepté d'être Père, lui communique par conséquent d'être le principe productif du Saint-Esprit. C'est pourquoi le Saint-Esprit est l'Esprit du Père comme du Fils, envoyé en unité de l'un et de l'autre, comme d'un seul et même principe, parce

LE SAINT-ESPRIT DANS L'AME DES JUSTES h6j

que le Fils a reçu du Père d'être principe du Saint-Esprit. Et c'est pourquoi Jésus-Christ ne dit pas : « Il prendra de moi, » parce que ce serait dire en quelque façon qu'il en serait le seul principe, et que le Saint-Esprit procède du Fils comme le Fils procède du Père, c'est-à-dire de lui seuL Mais il n'en est pas ainsi, car le Saint-Esprit procède du Père radicalement ; et s'il procède du Fils, c'est dm Père que le Fils a pris de le produire, et c'est pourquoi il dit plutôt : a II prendra du mien, » que de dire : « II prendra de moi.» Parce qu'encore qu'en effet il prenne de lui, il ne prend de lui que ce que lui-même a pris du Père. Il procède donc du Père et du Fils, mais il procède du Père par le Fils, parce que cela même que le Saint- Esprit procède du Fils, le Fils l'a reçu du Père, de qui il a tout reçu. » Bossuet, Méditations sur l'Evangile, IIe P„ xxv* jour.

3. Le Saint-Esprit dans l'âme des justes. — « Dieu est partout en tout être et en tout lieu, comme cause immédiate de tout ce qui existe hors de lui ; mais il n'habite que dans les justes, auxquels il s'unit d'une façon singulière, comme objet de connaissance et d'amour. Et ce n'est pas seulement par son image, son souvenir ou ses dons qu'il est ainsi présent en eux ; il y vient lui-même personnellement, inaugurant dès ici-bas cette vie d'union et de jouissance qui doit se consommer art ciel... Aussi n'est-ce point une visite passagère, si précieuse qu'elle puisse être, qu'il daigne lui faire, mais il vient s'établir dans son âme avec le Père et le Fils et y fixer sa demeure. En y entrant, il se donne lui-même, et c'est là son grand don. Il s'agit ensuite d'embellir et d'orner le temple vivant où il lui plaît de résider. Dans ce but, il y verse cette grâce d'un prix infini qu'on appelle sanctifiante, et qui a pour effet de purifier toute souilure, d'effacer le péché, de transformer, de déifier qui la reçoit, d'en faire un enfant de Dieu et l'objet de ses complaisances avec droit à l'héritage céleste. Ce n'est pas tout, car la grâce ne va jamais seule ; toujours elle a pour cortège une foule de vertus et de qualités suréminentes, qui sont tout à la fois une parure pour nos puis-

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sauces et une source d'activité surnaturelle. Ce sont les vertus théologales, les vertus morales infuses et les dons du Saint-Esprit : germes féconds de fruits que Dieu veut récolter en nous ; énergies divines, source de ces actes excellents qui portent le nom de béatitudes parce qu'ils sont la cause méritoire et une sorte d'avant-goût de la félicité que nous espérons. » Froget, De l'habitation du Saint-Esprit dans les âmes des justes. Revue thomiste, '898, p. 1C6.

Article IXe je crois la sainte Eglise catholique

Leçon XXXIII' L'Eglise

I. L'Eglise de Jésus-Christ : 1° Sa nature. ~ 2° Son organisation. — 3° Ses caractères. — II. L'Eglise des Apôtres : 1° Le rôle de Pierre et des Apôtres. — 2° L'Eglise qu'ils fondent.

C'est ici l'un des principaux articles du Symbole, l'un de ceux qui demandent à être traités avec le plus de soin et de précision, tant l'esprit de parti, depuis les origines jusqu'à nos jours, a cherché à l'obscurcir et à le défigurer (i).

i. BIBLIOGRAPHIE : Los diverses Vies de N.-S. ; Tillemont, Mémoires pour servir à Vhist. ecclés. ; G. Fouard, S. Pierre et les premières années du christianisme , 3e édit., Paris, i8g3 ; S. Paul, sejS missions, 2e édit., Paris, i8q4; S. Paul, ses dernières années, 3e édit., Paris, 1899 ; Gornely, lntrodnctio in sing, N. T. libros, Paris, 1886 ; Di^chesne, Les origines chrétiennes, lith., Paris, 1886 ; Rambaud, Les E pitres de S. Paul, Paris, 1888; Conybearc et Howson, The life and Epistles of S. Paul, Londres, 1891 ; Holtzmann, Iland-Commentar zum N. T., Fribour^r, 1892 ; Fairar, Early days of chrislianïly, 2e édit., Londres, i8q3 ;

(( Deux raisons principales, dit le Catéchisme romain, prouvent avec quel soin les pasteurs doivent expliquer les vérités contenues dans cet article. D'abord, c'est que, suivant saint Augustin, les prophètes ont parlé avec plus de clarté et d'étendue de l'Eglise que de Jésus-Christ, parce qu'ils prévoyaient qu'il y aurait sur ce point beaucoup plus d'erreurs que sur le mystère de l'Incarnation. Il n'a pas manqué, en effet, d'impies qui, à l'exemple du singe qui contrefait l'homme, ont prétendu être les seuls catholiques, et qui ont soutenu, avec autant de perversion que d'orgueil, que l'Eglise catholique ne se trouvait (pie parmi eux. Ensuite, parce que quiconque imprime fortement dans son esprit cette vérité, évite sans peine le terrible danger de l'hérésie (i). »

Que n'a-t-on pas attaqué dans l'Eglise? Son origine, sa nature, sa constitution, ses actes ; tour à tour l'hérésie et le schisme, au nom de faux principes religieux, le rationalisme, au nom de l'autonomie de la raison, la critique, au nom de l'exégèse et de l'histoire, la politique, au nom du césarisme, ont fait la guerre à l'Eglise. Qu'en est-il, au fond, de la légitimité et de la valeur de ces attaques incessantes ? C'est ce qu'il convient de demander à l'histoire.

i. Dès l'origine du monde, Dieu, par des révéla-

The lifè and Work ofS. Paul, Londres, 1892 ; Lesctre, La sainte Eglise au siècle des Apôtres, Paris, 1896 ; Le Camus, L'œuvre des Apôtres, Paris, 1896 ; Giffert, Hhlory of christianity in the apostolic âge, Edimbourg, 1897 ; Gone, Paul, the man, the missionary and the teacher, Londres, 1S98 ; G. Scmeria, \ iule cinque *<wni di storia del creslianesimo nascente, Rome, 1900; Dogma, Qerarchia e culto nella Chiesa primitiva, Rome, 1902 ; L. Gondal, Aux temps des Apôtres, Paris, 1904

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