‹ Le catéchisme romainChapitre 160 sur 230 · Ad., îx, 3a sq · texte numérisé non relu

Ad., îx, 3a sq

LE RÔLE DE PIERRE h<jl

6. Pierre, le premier, ouvre l'Eglise aux genlils. Justement, non loin de Joppé, le long de la côte, vers le nord, se trouvait Césarée ; et, dans Césarée* vivait un centurion romain, nommé Corneille, uni très vraisemblablement à la gens Corneiia, l'illustre famille des Scipions et de Sylla, sinon par les liens de la parenté, du moins par ceux de la clientèle. C'était un israëlite de cœur, mais non un circoncis, et il souhaitait ardemment la vérité. Averti par un ange, il envoya chercher Pierre à Joppé. Or, Pierre lui-même venait d'être instruit d'en haut que l'antique alliance cédait la place à la nouvelle, que les rites du judaïsme étaient superflus, que la distinction entre les animaux purs et impurs et les observances légales n'avaient plus de raison d'être, et que le mur de séparation entre juifs et gentils devait s'écrouler. En conséquence il se rend à Césarée, chez Corneille. Pendant qu'il s'entretient avec ce gentil, le Saint- Esprit descend sur ceux qui Técoutent. Plus d'hésitation. Et Pierre déclare : « Peut-on refuser l'eau du baptême à ces hommes qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous ? » Et il ordonne qu'on les baptise (i).

7. Pierre reconnaît la mission de Paul. Paul de Tarse, ravageur de l'Eglise et persécuteur acharné •des chrétiens dès la première heure, fut terrassé par le Christ sur le chemin de Damas, au moment où il portait des ordres sanguinaires. Miraculeusement converti, le loup ravisseur se changea en agneau et reçut de la part de Jésus la mission de révéler aux gentils le mystère qui les appelait à l'Eglise du Christ. Le salut offert aux gentils sans passer par la circoncision, la justification gratuite opérée par la grâce et la foi en Jésus, c'est là ce que Paul nommait

i. Act.t x, 44-48.

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son Evangile. L'introduction d'un tel Apôtre, et quel Apôtre ! dans le collège apostolique était divinement justifiée. Mais Paul tient à voir Pierre, le chef sur lequel repose l'apostolat des gentils comme celui des juifs. Il vient le voir à Jérusalem, « comme on vient voir une chose pleine de merveilles et digne d'être recherchée, le contempler, l'étudier, dit saint Chrysostome, et le voir comme plus grand aussi bien que plus ancien que lui, afin de donner la forme aux siècles futurs, et qu'il demeurât à jamais établi que, quelque saint qu'on soit, fût-on un autre saint Paul, il faut voir Pierre (i). » Pierre reçut Paul, reconnut sa mission : il était le chef des Apôtres.

8. Décision doctrinale et pratique. Lorsque, à Antioche, à l'encontrede l'enseignement et de la pratique de Paul et de Barnabe, quelques judaïsants s'obstinent à soutenir que, pour être sauvé, il faut être circoncis selon la loi de Moïse (2), la question paraît assez grave pour être officiellement tranchée. On se résout à recourir « aux presbytres et aux Apôtres de Jérusalem. » Il importait de résoudre cette difficulté passionnante entre juifs et gentils, de couper court à toute équivoque et d'en finir avec les prétentions des judaïsants. C'est Pierre qui donne son avis : « Mes frères, vous savez que Dieu, il y a longtemps déjà, m'a choisi parmi vous, afin que, par ma bouche, les gentils entendent la parole de l'Evangile et qu'ils croient. Et Dieu, qui connaît les cœurs, a témoigné en leur faveur, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous : il n'a fait aucune différence entre eux et nous, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Pourquoi donc tentez- vous Dieu

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