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La hiérarchie, au temps des Apôtres. — « Dans

cet état extraordinaire (des charismes), et qui n'était point pour durer, que devenait l'autorité du collège d'anciens, de prêtres, préposé à toute l'Eglise? Elle se bornait à remplir les fonctions sacerdotales et à présider la fraternité. Cette dernière charge toutefois ne pouvant en bien des cas être exercée collectivement, on fut réduit à désigner un des pasteurs, pour agir au nom de tous, et mettre à effet les résolutions communes. Les mêmes motifs qui avaient déterminé le choix : confiance des fidèles, situation, aptitude, qualité de l'élu, poussaient à le maintenir et à se reposer sur lui de l'administration commune. L'ancien, le prêtre, objet de cette délégation, devenait logiquement le directeur de l'Eglise, le surveillant de sa vie intime, de ses relations extérieures, de ses intérêts temporels. Tel fut vraisemblablement le cours

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-donné par les Apôtres à révolution de la hiérarchie, la lente transformation par laquelle ils préparèrent, amenèrent doucement les chrétientés à recevoir, comme chef et pasteur, un seul évêque au lieu du corps d'anciens qui les gouvernait tout d'abord. Il est évident toutefois que l'Esprit-Saint leur inspira de ne rien hâter à cet égard, d'attendre que les dons surnaturels de prophétie, de conseil, de gouvernement, qui perdaient chaque jour de leur surabondance, fissent place à un état régulier et définitif. Les Douze n'oubliaient point d'ailleurs que, leur vie durant, la haute juridiction de l'Eglise demeurait entre leurs mains, et que les évoques ne devaient être que leurs successeurs. L'important était de tout disposer par avance, de telle sorte qu'après eux cette succession se trouvât naturellement recueillie, et que chaque branche de la chrétienté, chaque Eglise se rattachât directement ou par intermédiaire au tronc apostolique. A la vérité, nulle trace d'instructions données à ce sujet ne se trouve dans les lettres de saint Pierre et de saint Paul, mais au nombre des traditions qu'ils léguèrent à l'Eglise romaine. Saint Clément cite « les règles fixées par les Apôtres en vue de pourvoir à leur succession, de manière qu'après leur mort d'autres hommes bien éprouvés fussent revêtus cle leur charge. » Tout confirme l'existence de telles dispositions qui, sans rien changer pour le présent, assuraient l'avenir : les listes d'évêques remontant aux Apôtres, que nous donnent Hégésippe, saint Irénée, saint Denys de Corinthe, et ce fait surtout que, cinquante ans plus tard, l'épiscopat est établi en tout lieu. Un pareil -accord pour l'ensemble des chrétientés ne s'explique que si le gouvernement d'un seul chef en chaque Eglise est d'institution apostolique. » C. Fouard, Saint Paul, ses dernières années, 3# éclit., p. 249-251.

<( Les théologiens catholiques, tout en soutenant, ainsi •qu'ils le font généralement, que l'institution de l'épiscopat, comme ordre distinct de celui des simples prêtres, est de droit divin, peuvent néanmoius admettre, sans inconvénient aucun, que cette institution ne prit son complet développement et sa forme définitive qu'après le

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