‹ Le catéchisme romainChapitre 163 sur 230 · L'EGLISE DES APOTRES · texte numérisé non relu

L'EGLISE DES APOTRES

temps des Apôtres. Tant que ceux-ci vécurent, l'Eglise possédait en eux l'autorité visible et vivante, nettement reconnue, à laquelle appartient la mission de conserver et de transmettre le dépôt de la foi et de la doctrine morale de Jésus-Christ.... Rien n'empêche de supposer, ou du moins de regarder comme possible, que les Apôtres aient toujours gardé entre leurs mains le gouvernement des Eglises, en s'y faisant suppléer pour les exercices ordinaires et réguliers du culte et certaines fonctions particulières de l'administration, par ce que nous appelons de simples prêtres qui gouvernaient en leur nom. Les évêques des temps postérieurs seraient alors, au sens rigoureux du mot, les sucesseurs des Apôtres. » De Smedt, L'organisation des Eglises chrétiennes jusqu'au milieu du III* siècle,, p. i3-i4,

4. L'extension géographique de l'Eglise apostolique. — « Saint Grégoire aime a comparer les pré^ dicateurs à des nuées divines que pousse le vent de la charité, et qui courent par toute la terre pour y répandre la pluie de la parole de vie : l'image est belle, mais combien elle est plus vraie de l'Eglise elle-même! Cette Eglise, nous ne voulons la considérer en ce moment que comme la collectivité de toutes ces convictions vivantes, émigrantes, éloquentes et propagatrices, qui, nées de la parole d'un seul, se sont dispersées et ont essaimé d'un bout à l'autre de l'Empire. Ce n'est pas amoindrir le rôle de saint Paul que de le considérer comme une unité de cette collectivité, unité de première grandeur assurément, mais unité qu'il ne faut point isoler des autres : à côté de Paul, il y a les Douze, Pierre, Barnabe, Jean, Jacques.... — il y a les moindres, Silas, Marc, Timothée, Apollos... ; — il y a les obscurs, Epaenetos d'Ephèse, primitivus Asiœ in Christo, Mnason de Chypre, antiquus discipulus, Andronicus et Julia, nobiles in apostolis, la « très chère » Persis, et Tryphœna, et Tryphosa, « qui ont beaucoup travaillé pour le Seigneur... ; » — il y a les inconnus enfin, qui, eux aussi ont beaucoup travaillé pour le Seigneur, et dont l'œuvre anonyme et débordante explique seule par sa collaboration ce qu'il y a d'humain dans le succès de

la prédication apostolique, et l'extension si rapide de l'Eglise naissante. Que saint Paul nous pardonne de mettre en balance avec lui cette masse anonyme.

« C'est bien dans cette masse cosmopolite que s'est vérifié, comme s'il était une prophétie, le miracle de la Pentecôte, et que « de toutes les nations qui étaient sous le ciel il s'assembla une multitude où chacun entendait les Galiléens parler sa langue et où tous s'entredisaient : Parthes, Mèdes, Elamites, et ceux de Mésopotamie, de Judée, de Cappadoce, de Pont, d'Asie, de Phrygie, de Pamphilie, et ceux d'Egypte, et ceux de la Libye qui est proche de Cyrène, et ceux de Rome, et les Cretois et les Arabes, tous nous les avons entendus annoncer en nos dialectes les merveilles de Dieu (Act., n, 5-n). » Il y a dans ces versets du livre des Actes une vision raccourcie de l'extension géographique de l'Eglise, et comme une première statistique. Et c'en est une autre que nous donne J&PrimaClementis (lix, i), quand elle réunit dans une même prière, non plus seulement les fidèles disséminés dans les limites de la Diaspora judaïque, mais dans les limites du monde romain lui-même : « Puisse le Démiurge de l'univers garder intact le nombre de ses élus dans tout le monde ! » Vision agrandie de l'Eglise telle qu'on pouvait l'avoir à Rome à la fin du premier siècle. » P. Batiffol, Yï Eglise naissante, dans la Revue biblique, ï8j>?, p. 159-160.

Leçon XXXIVe L'Eglise Romaine

I. Erreurs sur l'Eglise. — II. Saint Pierre, èvêque de Rome. — III. L'Evêque de Rome et l'Eglise romaine.

Nr ous avons vu ce qu'est l'Eglise de Jésus-Christ et l'Eglise des Apôtres. Nous devons maintenant résoudre la question de savoir où est cette Eglise. Plusieurs sociétés religieuses prétendent être vraiment, on le sait, l'Eglise de Jésus-Christ et se refusent à reconnaître cette Eglise dans l'Eglise romaine. Mais l'Eglise romaine, à son tour, affirme et prouve qu'elle est l'Eglise de Jésus-Christ. Est-ce vrai ? On voit toute l'importance de la question. Cette leçon va être consacrée à légitimer les droits de l'Eglise romaine (i). Mais, avant de commencer,

i. BIBLIOGRAPHIE : Voir les auteurs et les ouvrages signalés dans la leçon précédente, notamment Mgr Duchesne, Les origines chrétiennes, p. 69-86, 170-201 ; de Smedt, Dissert. la ; Fouard, Saint Pierre, p. 295-326, 402-419 ; Semeria, Dogma, Gerarchia, p. 117-295 ; Gondal, Au temps des Apôtres, p. 212- 268. Y ajouter le t. I des Prœlectiones theologicae de Pesch ; Renan, L'Antéchrist, p. 555 sq ; Bainvel, L'Eglise. Histoire du dogme, dans les Etudes, 1897, t. lxx, p. 5-i6, 175-194; Mgr Batiftbl, Vidée de V Eglise, dans la Revue biblique, 1896, p. 36o- 38o ; V Apostolat, même Revue, 1906, p. 520-532 ; Brugèrc, De Ecclcsia Christi, 2e édit., Paris, 1878.

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aous devons dire un mot rapide sur les erreurs mciennes et nouvelles touchant ce sujet. Puis il Faudra de toute nécessité compléter les enseigneorients du Catéchisme romain et faire entrer en ligne de compte la Constitution vaticane Pastor œternus. k ces conditions, la question proposée se trouvera pleinement résolue.

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