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De son côté, le protestantisme libéral, de plus

Dis put. xx, 1/I-17 ; Muzzarelli, De auct., Rom. Pontlf., t. ir, p. i2Ô; Lcgrand, De Incarnatione, dans le Cours complet de théologie, de Migne, t. ix, col. 522 sq ; Colombier, dans les Etudes, décembre 1869, p. 819-841 ; janvier 1870, p. 29-46; février, p. 257-286 ; mars, p. 375-379 ; avril, p. 533-54 1).

en plus émancipé du protestantisme orthodoxe, et de plus en plus inféodé au subjectivisme kantien, s'obstine à ne voir dans la religion en général, et dans le christianisme en particulier, que le sentiment intime d'un rapport de l'âme avec Dieu, sans intermédiaire d'aucune sorte, sans le moindre lien organique et social, et où par conséquent l'Eglise, n'ayant pas de rôle à jouer, ne saurait avoir de place.

M. Harnack, on le sait, a réduit l'essence du christianisme à un minimum insuffisant. En outre, il a voulu montrer que Jésus n'avait pas entrevu la vocation des gentils (i). Son message serait purement

i. Dans Y Essence du Christianisme, trad. franc., Paris, 1902, il avait écrit : « L'Evangile, à son apparition, ne s'est pas donné au monde comme une religion formaliste, et, par conséquent, il n'a jamais eu sa forme classique et définitive à quelque moment de son développement intellectuel et social que ce fût, pas plus dans sa première période que dans n'importe quelle autre » (p, 201). Traitant de la religion chrétienne dans le catholicisme romain, il met l'Eglise romaine bien au-dessus du catholicisme grec (p. 25q), mais il la condamne en bloc, comme ne représentant pas l'Evangile du Christ. « Dans tout ce qui est de l'Eglise extérieure, dans tout ce qui a rapport à Fautorité divine, il n' y a plus de lien avec l'Evangile. 11 ne s'agit pas d'une altération, mais d'un changement total. La religion s'est égarée dans une voie étrangère (p. 276). » \i accorde pourtant que, grâce à sa piété et à sa vie monastique, elle garde un puissant élément de vie, qu'elle fait vivre l'Evangile dans sa morale et qu'elle en vit ; mais, ajoute-t-il, « Vinfc faillibilité du pape, le polythéisme catholique romain, le culte des saints, l'obéissance aveugle et la dévotion inintelligente semblent avoir étouffé toute religion intérieure (p. 281). » M. Loisy, dans V Evangile et l'Eglise, a eu beau jeu pour démon* trer que le point de départ de M. Harnack étant faux et que la base de son système ayant été fixée en dépit de l'histoire, l'en* semble de l'édifice manquait de solidité. Rien de plus visible, en effet, que la société voulue de Jésus, que l'organisation de cette société par les Apôtres. « L'Eglise naquit et dura par le développement d'une organisation dont les linéaments éLaient

nationaliste dans son énoncé et ne serait universaliste que dans son esprit. Si donc les Apôtres ont marché à la conquête du monde, c'est pour obéir à cet esprit, mais le Maître ne leur en aurait pas soufflé mot (i). Ici encore, comme dans son Essence, M. Harnack, pour donner à sa thèse l'apparence de la vérité, néglige de parti pris le témoignage historique du Nouveau Testament.

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