‹ Le catéchisme romainChapitre 168 sur 230 · M. Loisy a fort bien répondu à M. Harnack · texte numérisé non relu

M. Loisy a fort bien répondu à M. Harnack

tracés dans l'Evangile (l'Evangile, 3e édit., p. i35). » « L'Eglise peut dire que, pour être, à toutes les époques, ce que Jésus a voulu que fut la société de ses amis, elle a dû être ce qu'elle a été (ibid., p. i38). » Pierre et Paul sont venus à Rome et y sont morts ; ils ont vu dans Rome et l'Eglise romaine « le centre providentiel de l'évangélisation chrétienne. Leur mort consacra ce qu'avait signifié leur présence (p. i44). » (( Par là même ils avaient fait de l'Eglise romaine la mère et la reine des Eglises du monde entier (p. i45). » « Reprocher à l'Eglise catholique tout le développement de sa constitution, c'est donc lui reprocher d'avoir vécu... Nulle part, dans son histoire, il n'y a solution de continuité, création absolue d'un régime nouveau ; mais chaque progrès se déduit de ce qui a précédé, de telle sorte que l'on peut remonter du régime actuel de la papauté jusqu'au régime évangélique autour de Jésus, si différents qu'ils soient l'un de l'autre, sans rencontrer de révolution qui ait changé avec violence le gouvernement de la société chrétienne. En même temps, chaque progrès s'explique par une nécessité de fait qui s'accompagne de nécessités logiques, en sorte que l'historien ne peut pas dire que l'ensemble de ce mouvement soit en dehors de l'Evangile. Le fait est qu'il en procède et qu'il le continue (p. i54-i55).» « Pour être identique à la religion de Jésus, elle (l'Eglise catholique) n'a pas plus besoin de reproduire exactement les formes de l'Evangile galiléen qu'un homme n'a besoin, pour être le même à cinquante ans qu'au jour de sa naissance, de garder les proportions, les traits et toute la manière d'être d'un nouveau-né. Quand on veut s'assurer de l'identité d'un individu, on ne songe pas à le faire rentrer dans son berceau ^p. 160). »

i. Dans Mission und Ausbreitung der Chris lentums, Leipzig,

ERREURS SUR L'EGLISE b3j

Mais, à son tour, n'envisageant l'enseignement de Jésus que comme une apocalypse, uniquement conditionnée par l'eschatologie, en vue d'une fin imminente et du royaume futur, il laisse entendre que le christianisme ne serait pas compris dans l'Evangile et ne saurait eu sortir, et que l'Eglise, société organisée sur la terre, ferait simplement suite à l'Evangile, mais sans être l'Evangile. De la sorte entre l'Evangile et l'Eglise il n'y aurait qu'une succession sans la moindre indentité. « Jésus annonçait le royaume, et c'est l'Eglise qui est venue (i). »

Jésus se serait donc trompé : l'Eglise n'était pas dans sa perspective, elle était étrangère à sa pensée. a Pour l'historien, l'Eglise fait suite à l'Evangile de Jésus ; elle n'est pas formellement dans l'Evangile. Elle en a procédé par une évolution nécessaire (2).» Cela n'empêche pas M. Loisy de soutenir que « l'Eglise a été réellement instituée par le Christ, parce qu'elle n'est, en un sens très vrai, que l'Evangile continué et le royaume des cieux réalisé (3). » Qu'entendre par là et ne serait-ce pas une contradiction ? Nullement; il suffit d'entendre M. Loisy, pour qui Jésus a été « beaucoup moins le représentant d'une doctrine que l'initiateur d'un mouvement religieux (4). » Dans ces conditions, et conformément à son système d'évolutionisme biologique, l'Eglise est un organisme né du besoin ; elle prend part au courant induit par Notre-Seigneur, en adaptant l'Evangile, c'est-à-dire en le modernisant ou même en l'aliénant (5).

1, L'Evangile et l'Eglise, 3* édit., p. i55. — 2. Autour d'un petit livre, 2e édit., p. xxvi. — 3./6id., p.xxvi-xxvn. — 4- Etudes évangéliques, p. xm. — 5. C'est ce qu'a justement remarqué Mgr Batiflbl. « Quanta l'œuvre de l'Eglise, telle que l'entend M. Loisy, œuvre d'adaptation collective, séculaire, anonymej 'avoue ne nas

IL Saint Pierre, évoque de Rome

i. Une question de capitale importance se pose tout d'abord : Pierre, l'apotre choisi par Jésus pour être la pierre fond amen laie de son Eglise, le chef du collège apostolique, où a t-il finalement fixé son siège? Rome fut elle vraiment le siège de Pierre? La réponse est grave par les conséquences quelle entraîne. Elle ne saurait pourtant pas être douteuse : car, c'est à Home que Pierre a fixé son siège, c'est à Rome qu'il a subi le martyre : l'histoire, la tradition et les monuments ne laissent aucun doute.

2. En effet, jusqu'à la fin du xn° siècle où, pour la première fois, se fait entendre une note discordante, celle de Pierre de Vaux, la tradition sur la venue et la mort de Pierre à Rome est unanime. Elle remonte jusqu'aux origines, jusqu'à Pierre lui-même. Au iv° siècle, Eusèbe la consigne dans son Histoire (i) et rapporte avec soin le témoignage

découvrir en quoi elle diffère, au fond, de l'œuvre individuelle tentée par M. Harnack, quand il prétend adapter le christianisme en une formule acceptable aux étudiants berlinois de 1900, ce en quoi il est si fort raillé par M. Loisy : l'Eglise aura modernisé perpétuellement l'Evangile en l'aliénant. Il ne nous reste plus qu'à l'aliéner tout à fait en passant à l'agnosticisme. » Bull, de lilt. ecclés., 1903, p. i4- Du moment que Jésus n'a pas prévu l'Eglise, comment prétendre qu'il Fait instituée ? « Car il n'y a d'institutions à attribuer réellement au Christ que celles dont nous pouvons établir que le Christ a eu l'intention. Nous croyons avoir démontré que Jésus n'a identifié ses disciples ni avec le royaume, ni avec Israël , qu'il les a vus comme un nombre, comme un troupeau, dont il était le pasteur, et que ses Apôtres, Pierre en tète, avaient un jour la mission de paître; que ce troupeau a été par lui nommé Eglise. Cette vue et cette intention ont été exprimées par Jésus au point culminant du ministère galiléen. » Bail, de lilt. ecclés., igo4, p. 61.

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