‹ Le catéchisme romainChapitre 17 sur 230 · INTELLIGENCE DES ANGES, D'APRES LES PERES · texte numérisé non relu

INTELLIGENCE DES ANGES, D'APRES LES PERES

pense comme lui (i). Saint Isidore de Séville pensera de même (2).

3° Leur intelligence. — Les anges sont des créatures intelligentes : ils doivent donc connaître. Nulle difficulté à ce sujet. Mais comment connaissent-ils et que connaissent-ils ? A défaut de renseignements scripturaires ou traditionnels, il faudra recourir à la philosophie pour résoudre ces questions, qui, du reste, ne sont guère abordées que par Tévêque d'Hippone.

1. Le mode de connaissance correspondant à la nature de l'être connaissant, il va de soi que les partisans de la corporéité relative des anges devaient logiquement admettre chez les esprits célestes une connaissance sensible. Quant aux partisans de la spiritualité angélique, ils ont négligé de dire comment ils entendaient la connaissance intellectuelle des anges.

Ce problème n'est abordé et résolu que par saint Augustin. Voici sa solution : dès l'instant de sa création, l'ange adhère au Verbe, le voit et se voit en lui (3). Quant aux créatures, il en possède deux connaissances, Tune infuse par laquelle il voit le créé dans l'Incréé, dans le Verbe, raison immuable et cause de tout ce qui est, l'autre acquise par la vision directe du créé lui-même. La première, plus noble et plus parfaite, est la connaissance matinale ; la seconde est la connaissance vespérale (4). Mais cette vision angélique du créé, du sensible, ressemble-telle à la nôtre ? Augustin ne se prononce pas (5).

1. Epist. 11; Patr. lat.9 t. lxxii, col. 691-695. — 2. Etymol, VII, v; Patr. lat., t. lxxxii, col. 272-274. — 3. De Gen. ad lit., iv, 32, 5o; Patr. lat., 1. xxxiv, col. 317. — 4. De civ. Deit xi, 39 ; Patr. lat., t. xli, col. 343. — 5. De Gen, ad lit., 11, 8; Joe. cit., col* 249*

2. V objet de la connaissance angélique est le même que celui de la connaissance humaine : Dieu et le monde. L'ange connaît Dieu, sans le comprendre. Tous les Pères sont d'accord sur ce point. Connaît-il les mystères de Tordre surnaturel, l'avenir,- les pensées secrètes de l'homme ? Ici la divergence éclate.

En général, les Pères réservent à Dieu la connaissance de l'avenir et du cœur humain ; et quant à la connaissance des vérités surnaturelles, ils estiment que les anges ne la possèdent que par révélation. Mais quelques-uns pensent qu'ils ne la doivent qu'à l'enseignement de l'Eglise, en vertu du texte où on lit que u V économie du mystère a été cachée depuis le commencement en Dieu, afin que les principautés et les puissances dans les deux connaissent aujourd'hui, à la vue de l'Eglise, la sagesse de Dieu (i). » C'est, en particulier, le sentiment de saint Chrysostome, relativement à l'Incarnation (2).

On lit dans l'Ecriture :

« Portes, élevez vos linteaux ; Elevez-vous, portes antiques !

Que le Roi de gloire fasse son entrée (3). »

« Quel est celui qui vient dEdom (4) ? » Ces deux passages ont été appliqués par les Pères au mystère de l'Ascension. A la nouvelle de l'entrée triomphante de Jésus dans le ciel, les anges demandent quel est ce Roi de gloire; ils ne le connaissent donc pas encore. Et d'après saint Cyrille de Jérusalem, les anges ne connaissent pas non plus la génération éternelle du Verbe (5). Mais Petau fait observer que

. 1. Eph., m, 10. — 2. Cont. Anom., homil. iv, 2 ; Patr. gr.f t. xlviii, col. 729. — 3. Psal., xxm, 7. — 4. Isaï., lxiii, i. — 5. Cat., vi, 6; Patr. gr.t t. xxxin, col. 546.

Page 1