VOLONTÉ DES ANGES, D'APRÈS LES PERES
ce langage des Pères doit s'entendre, non des mystères eux-mêmes, mais des circonstances de temps et de lieu qui en ont entouré la manifestation.
Quoi qu'il en soit, saint Augustin est encore le seul qui ait tranché ces questions. Par le seul fait que, selon lui, l'ange, dès sa création, possède la vue de la lumière incréée et la connaissance, dans cette lumière, de tout ce qui est, on doit admettre chez les anges, la connaissance des vérités de l'ordre surnaturel. « Ce n'est pas une parole sonore, dit-il, qui enseigne Dieu aux saints anges, mais la présence même de l'immuable Vérité, le Verbe. Le Verbe lui-même, et le Père, et leur Saint-Esprit, et l'unité inséparable de la Trinité, et la singularité des personnes dans l'unité de substance, un seul Dieu et non trois dieux : toutes ces vérités leur sont mieux connues que nous-même à nous-même (i). » Ce n'est pas avec nous et par nous qu'ils ont appris certains mystères, tels que celui de l'Incarnation, mais ils le connaissent d'avance tout comme celui de la Trinité et de la Rédemption (2).
La doctrine de saint Augustin est devenue celle du pseudo Aréopagite. Saint Grégoire le Grand, moins familier avec les questions d'ordre métaphysique, laisse entendre qu'il accordait aux anges la connaissance anticipée des mystères, quand il écrit: « Quid est quod ibi nesciant, ubi scientem omnia sciant (3) ? »
4° Leur volonté. — Créatures intelligentes, les anges ont nécessairement en partage le libre arbitre. Ils ont été soumis à une épreuve. Mais laquelle ?