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Le Pontife romain veille aussi sur la discipline

la foi qu'elle boit à cette source, elle la scelle par le baptême d'eau, la revêt du Saint-Esprit, la nourrit de l'Eucharistie, l'anime au martyre. Elle n'admet personne contre cette institution primitive. Les hérésies sont sorties de là, mais en démentant leur origine. Ainsi Folive douce et succulente, ainsi la figue savoureuse engendrent-elles une tige sauvage. Telle est l'hérésie : elle procède du tronc de l'Eglise, mais elle n'en a pas la sève ; née d'une semence de vérité, mais dégénérée en un sauvageon de mensonge. » De praescrip., xxxvi; Patr. lat.9 t. iï, col. 49*

1. « Pense-t-il garder la foi, celui qui ne garde pas Funité de l'Eglise, celui qui désobéit et résiste à l'Eglise, celui qui abandonne la chaire de Pierre, sur laquelle est fondée l'Eglise, se flatte-Ml d'être dans l'Eglise? »De unit. Ecoles., iv; Patr. lat.t t. iv, col. 5oo.

et la liturgie. C'est, clans la question de la Pâque, le pape Victor qui met certaines églises d'Asie en demeure de se conformer à l'usage romain et commua ou de renoncer à la communion. ecclésiastique^). C'est, en matière de discipline pénitentielle, le pape Calliste qui supprime la réserve relative au péché de fornication ou d'adultère (2). C'est le pape Etienne qui, contrairement à la pratique de Carthage et de Césarée de rebaptiser les hérétiques convertis, proclame la règle : nil innovetur nisi quod traditum est (3). Et en matière doctrinale, c'est le pape saint Denys (259-268) qui, fidèle à la position prise par son prédécesseur Calliste, donne dans sa lettre à saint Denys d'Alexandrie (4), un document de la foi romaine consubstantialiste et antisabellienne, également éloigné de l'erreur qui prétend que le Fils est le même que le Père et de celle qui divise la monade divine en trois substances séparées, en trois divinités.

8. Ainsi se dessinent et s'accusent, durant les trois premiers siècles, le rôle prépondérant et l'action universelle du Pontife romain. A partir du ive, ce rôle et cette action grandissent encore avec la réunion des conciles œcuméniques, soit à Nicée, soit à Constantinople. Pendant le ve, saint Célestin intervient d'une façon décisive au concile d'Ephèse, et saint Léon au concile de Chalcédoine. Les décisions de l'évêque de Rome sont docilement accueillies par tous les catholiques. Au vie, Hormisdas, en 5ig, affirme solennellement, dans le formulaire qu'il fait

1. Eusèbe, Hist. eccL, vt 24 ; Pair. gr.y t. xx, col. 497-499. — 2. Tertullien, De Pudicitia, 1 ; Pair, lat., t. 11, col. 9^1, Cf., dans le Dicl. de Théol., notre article Calliste. — 3. Epist., lxxiv, 1 ; Pair, lat., t. m, col. 1128, Cf. dans le Dict. de Théol.,, notre article Baptême des hérétiques. — 4- Dans saint Athanasc, De decretis nie. syn.t 26 ; Pair. gr.9 t. xxv, col. 46 1.

i/ÉVEQUE DE ROME ET L'ÉGLISE ROMAINE 5^5

souscrire aux évêques d'Orient, la suprématie du siège de Rome, et les évêques orientaux signent sans protester. Au vme, le pape Hadrien I (772-795) revendique contre Taraise, patriarche de Constantinople, le titre de patriarche œcuménique ; sa lettre, lue au second concile de Nicée (787), reçoit l'approbation des Pères (1). Et depuis le concile de Sardique (343), le droit d'en appeler à l'évêque de Rome est reconnu à tout évêque jugé par une assemblée d'évêques (2).

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