‹ Le catéchisme romainChapitre 177 sur 230 · Denzinger, n · texte numérisé non relu

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Ainsi donc l'Eglise romaine a pleine et souveraine autorité sur l'Eglise catholique ; son jugement doit terminer toutes les questions de foi. Mais l'Eglise romaine est gouvernée par le pape ; c'est donc le pape qui possède la primauté ; c'est le pape, dont le jugement doit s'imposer à tous. Et s'il s'impose, c'est évidemment qu'il est infaillible. Cette conclusion logique n'est pas explicitement formulée, mais on voit qu'elle est implicitement contenue dans la primauté pontificale, et l'on ne se fera pas faute de le montrer.

7. Survient la Réforme, qui cherche à faire table rase du passé. Elle condamne l'Eglise romaine et le pontife romain. L'Eglise, prétend-elle, a dévié de son type originel : elle n'est plus qu'une organisation purement humaine, complètement étrangère à l'esprit et à la lettre de l'Evangile, tandis qu'elle doit être une société d'âmes, invisible, sans aucun lien organique extérieur ; le christianisme, en effet, est tout entier, d'après les protestants, dans l'union intime du chrétien avec le Christ par la foi, et cette union se réalise en dehors de toute autorité, de toute relation sociale, de tout intermédiaire entre l'homme et Dieu. Par suite, le ministère apostolique du pape et des évoques ne saurait être l'organe authentique de l'enseignement révélé, le moyen voulu par Jésus pour communiquer la vérité et la foi, l'Ecriture y suffit ; par suite encore, les sacrements ne sauraient être le canal ordinaire de la grâce. Par là, tonte l'œuvre surnaturelle était exclusivement ramenée à un simple rapport direct, immédiat et individuel, entre l'âme et le Christ. Et ainsi, toute intervention, tout concours de la part des hommes étant supprimé, il allait de soi que l'Eglise de Rome avec sa hiérarchie ne pouvait plus passer que pour une supcrfétation condamnable^

C'était sans doute signifier un congé absolu à l'organisation de l'Eglise romaine ; mais c'était aussi du même coup supprimer l'œuvre du Christ et renverser l'économie de la Rédemption, telle qu'elle apparaît dans le Nouveau Testament. Il fallut réagir énergiquement. Le concile de Trente y travailla dans une large mesure. Allant au plus pressé, il définit les principales vérités si audacieusement niées parle protestantisme. Il songea même à définir l'infaillibilité, conséquence naturelle et logique du rôle confié par Jésus à Pierre et dévolu au pape. Sur l'observation des évêques espagnols, partisans déterminés de l'infaillibilité, on crut devoir surseoir à la proclamation de ce dogme pour des motifs d'inopportunité.

8. Les théologiens de l'époque et ceux qui suivirent mirent à profit les importantes décisions du concile de Trente. Notion de l'Eglise, ses éléments constitutifs, ses notes caractéristiques, sa hiérarchie, sa visibilité; son autorité comme interprète de l'Ecriture et témoin de la tradition, tout fut étudié plus à fond. Sur ces divers points, le Catéchisme romain a consigné les résultats acquis. Bellarmin (1), Suarez (2), Melchior Cano (3), puis Du Perron (4), saint François de Sales (5), Richelieu (6) contribuent par leurs écrits à fournir les éléments précieux d'un traité de l'Eglise. Dans la seconde moitié

1. Dans son De controversiis fidei, en i58i (Œuvres complètes, Venise, 161 7), Bellarmin traite de l'Ecriture, de la tradition, de l'Eglise interprète de l'Ecriture et juge des controverses, du Souverain Pontife, tète de toute l'Eglise militante, des conciles, etc. — 2. ]>efensio fidei catholicse adversus angllcanœ secix errores. — 3. De locis theologicis. — 4- Réplique au roy de la Grand Bretag ne, dans le t. n des œuvres complètes, Paris, 1620. — 5. Dans ses Controverses. — 6. La méthode la plus facile et assurée de convertir ceux qui sont séparés de l'Eglise, publiée après la mort du cardinal, Paris, 1G01.

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du xviie siècle, les jansénistes eux-mêmes, Nicole surtout (1), élucident certaines questions avec une clarté et une érudition remarquables ; Bossuet montre l'erreur du protestantisme dans ses multiples variations et fait ressortir ce que contiennent les divines promesses faites à l'Eglise (2), et Thomassin (f 1695), compose un Traité de Vanité de l Eglise (3).

9. Depuis le concile de Trente jusqu'en 1682, la plupart des auteurs insistent sur l'autorité de l'Eglise romaine, sur la primauté du pape, sur le rôle des conciles œcuméniques (4); quelques-uns

1. Les prétendus Réformez convaincus de schisme, Paris, 1684 ; De l'unité de VEgllse, Paris, 1687 ; en 1671, Nicole avait public Préjugés légitimes contre les Calvinistes ; Claude y répondit par La défense de la Réformation ; Nicole répliqua par La défense de V Eglise, Cologne, 1689. — 2. Histoire des variations; Instructions pastorales sur les promesses faites à l'Eglise. — 3. Paris, 1G8G. — 4. Entre autres : Hesselius, de Louvain (f i566), De romanse cathedrœ perpétua protectione et firmltate, dans le Thésaurus deZaccharia, t. vu; Hosius de Pologne (f 1579), Confesslo catho- Ucœ fidet chrtsttanœ, 1557; De loco et auctorltate romani pontifias In Ecclesta Chrlstl et conduis, Cologne, 1567; Panvini, de Vérone (f i5G8), De prlmatu Petrt, dans la Btbliotheca de Rocaberti, t. xvn, et le Thésaurus de Zaccharia, t. vu ; Campeggi, de Bologne (f i564). De auctorltate et potestate Pontlficls, Venise, i535; de auctorltate conclllorum, Venise, i5Gi ; Nanni, De summi Pontlficls auctorltate, Venise, i562 ; l'anglais Saunders (f i582), De vlstblll monarchla Eccleslœ, Louvain, 1671 ; Sedes apostollca, Venise, i6o3; Torrès (f i584), De summt Pontlficls supra concllium auctorltate, Florence, i55r;Lessius(f 1623), befenslo potestatts summt Pontlficls, Saragosse, i6io;DuVal (f i638), Elenchus, Paris, 1612 ; Capellus (f 1622), De summo ponttficatu Petrt, Cologne, 162 1 ; Keller (f iG3i), Calollsches Pabstthumb, Munich, iGi4 ; Agricola, (f 1G24), De prlmatu, Cologne, i5q9 ; Perez (f 1637), De romano pontificto, Madrid, 1620; Bzovius (f 1G37), Romanus Pontifex, Cologne, 1619; Veronius (f 1649), Traité de la puissance du pape. Paris, 162G ; Gravina (f i643), Cathollcœ prœscrlptiones, Naples, i6ig-iG3(j; Vega (f 1648), De vero et unlco prlmatu, Vilna, i5So; Abraham

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traitent particulièrement de l'infaillibilité (1), C'est ce dogme qui de plus en plus va être mis en évidence. Lorsque parut la Déclaration de 1682, ce fut une levée de boucliers contre les quatre articles ; et malgré les efforts du gallicanisme et les subtilités du jansénisme, le mouvement de réprobation s'accentua et n'a plus cessé. Le dominicain Rocaberti (f 1699) défendit la cause d'Honorius (2) et l'autorité pontificale ; il forma un recueil précieux de tous les ouvrages écrits en faveur de la primauté du pape. Charlas (3), d'Aguirre (4), Petitdidier (5), combattirent la Déclaration. Mais l'accent de la polémique porta désormais de préférence sur la question de l'infaillibilité (6). Et au xixe siècle,

Echellensis (f i6G4), De origine nominis Papœ et de ejus Pm primatu, Rome, 1660 ; Macedo (f 1681), De clavibus Pétri, dans Piocaberti, t. xn.

1. Entre autres : Bellarmin, Suarez, Worst (f 1671% Summum et infallibile orbis chrisliani in rébus fidei et morum decidendis tribunal; Erberman (f 1675), Irenicon, Rome, 1646; Estrix (f 1694% Apologia pro summis pontificibus romanis, Anvers, 1672; Gravina. — 2. De romani ponlificis Honorai invicta in fide constantia; De romani ponlificis auclorilate, Valence, 1691 ; Bibliotheca maxima pontificia, 21 vol. in-folio, Rome, 1 695-1 699. — 3. Charlas (f 1698), De liber lalibus Ecclesise gallicanœ ; De primatu summi pontifias, Leodii, i685, 1G89. — 4. D'Aguirre (f 1699), Defensio cathedrœ S. Pétri, Salamanque, i683. — 5. Petitdidier (j- 1727), Traité de VInfallibililc du Pape, Luxembourg, 1724, dans le cours complet de Théologie de Migne, t. iv. — 6. Petitdidier, déjà signalé; Fénelon; cTAubermont (f 1686), Doctrina, quam de primatu, auctoritaie ac infallibilitate romani pontificis tradiderunl Lovanienses, Leodii, 1G82; Gonzalez (f 1705), De infaUibilitate romani pontificis, Rome, 1G89; Désirant (f 1728), De romani pontificis infaUibilitate, Aquisgranis, 1687 ; Lucchessini (f 1716), De notorietate in antiqua Ecclesia pontificis maximi supra generalia concilia et infaUibilitate in declarandafide, Rome, 1691 ; Leytam (f 171$), Impenetrabilis poniificiœ clignitatis clypeus, Rome, 1695 ; Jean de saint Thomas, De infaUibilitate summi pontificis independenter a concilio generali,

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