HISTOIRE DU DOGME DE L ÉGLISE OJS
de Maistre (i), Grégoire XVI avant son élévation au souverain pontificat (2), dom Guéranger (3) insistent de nouveau sur ce point de doctrine, évidemment contenu dans la révélation et non moins réclamé par la logique dans une société religieuse, chargée par Notre Seigneur d'enseigner la vérité et d'assurer le salut des âmes. En même temps, les faux principes du protestantisme et du gallicanisme sont combattus par Moeliler, Manning, Newman, Balmès, Perrone. Tant d'efforts et de travaux permirent de dégager plus nettement la vraie notion de l'Eglise, de mettre en pleine évidence l'existence, dans l'Eglise, d'une autorité infaillible, celle du pape. Et le concile du Vatican, dans sa Constitution Pastor œternus, n'a fait que consacrer définitivement l'enseignement contenu dans la révélation, en définissant, comme nous allons le voir, le dogme de l'infaillibilité pontificale.
Salamanque, 1692 ; Dolman (f 1730), Certa infallibilitas Eclesiœ Romanœ et ponlijicum ; Andruzzi (f 1763), Perpétua Ecclesix doctrina de infallib 'dilate Papœ, Bologne, 1720; Orsi (f 1761). De irreformabili romani pontificis in definiendis fidei controversiis judicio, Rome, 1789 ; P. Ballcrini (f 1769), De vi ac ratione primatus, Vérone, 17G6; Rupp (f 177O), De infallibilitate romani pontificis, Heidelberg, 1763*, Noghera (f 1784), Reflessioni sulV Infallibilita del Papa, clans le t. vin de ses œuvres, Bassani, 1775-1790; saint Alphonse de Liguori, Vù}diciœ pro suprema pontijicis potestate, 1768; Muzzarelii (f i8i3), Primatoe infallibilita del Papa; Infaillibilité du Pape, Avignon, 1826; Plowdcn (f 182 1), Considérations on the modem opinion of the fallibility of the Holy See, Londres, 1790.
1 . Du pape ; de l'Eglise gallicane. — 2 . Triomphe du Saint- Siège et de V Eglise, paru en 1799 ; trad. française dans les Démonstrations évangéliques de Migne, t. xvi. — 3. La Monarchie pontificale.
IL Le Pape
1° La Primauté
Qu'est le Pape? est-il le successeur légitime de saint Pierre? et, à ce titre, possède-t-il comme saint Pierre la puissance suprême d'enseigner, de gouverner, de prescrire les moyens de sanctification pour l'Eglise toute entière ? jouit-il enfin du privilège de l'infaillibilité ? — Autant de questions auxquelles il est facile de répondre, après ce que nous avons dit jusqu'ici.
Historiquement, en effet, l'évêque de Rome a été regardé et s'est regardé comme le légitime successeur du prince des apôtres et comme l'héritier de ses pouvoirs et de ses prérogatives. On ne songe plus guère aujourd'hui, même parmi les protestants avancés, à nier l'existence de ce fait historique, au moins à partir de la fin du 11e siècle. Tout l'effort de l'opposition systématique porte, aux yeux de quelques-uns, sur les origines. Or, il n'est pas moins historiquement certain que saint Pierre a fixé son siège à Rome et qu'il est mort dans la capitale de l'empire romain. Toute la question se ramène donc à savoir si Notre Seigneur, en instituant son Eglise, en lui donnant pour chef le prince des apôties a entendu créer une œuvre définitive et durahle ; car, logiquement, s'il existe un successeur de saint Pierre, ce ne peut être que l'évêque de Rome ; et en fait il n'y a que l'évêque de Rome qui ait revendiqué une telle succession.
La question se trouve déjà résolue par ce qui précède ; et c'est avec raison que la Constitution du concile du Vatican s'exprime en ces termes : « Le Pasteur étexnel et l'Evoque de nos âmes, pour per-