ADMIRABLE PROPAGATION DE L'ÉGLISE
héritées ou acquises, grâce auxquelles l'esprit épris de son indépendance et la volonté de sa liberté n'acceptent pas sans répugnance une règle de foi et de conduite? Incontestablement encore, dans la suite de son développement doctrinal, le catholicisme, pour formuler ses dogmes, a eu recours à des données philosophiques d'ordre général, qui ne sont, comme nous l'avons déjà dit (i), ni l'inféodation de la doctrine révélée à tel ou tel système de philosophie, ni l'introduction dans le dogme d'éléments hétérogènes. Quant aux circonstances politiques, loin d'en profiter, il a dû plutôt les subir; il en a été bien plus la victime que le bénéficiaire. Ce n'est qu'au moyen âge, alors que la constitution des Etats européens était pénétrée de christianisme, qu'il a très légitimement usé de son influence, reconnue par tous, pour favoriser l'essor de la civilisation. Reste l'exploitation de la crédulité publique, cette basse et niaise puérilité contre laquelle proteste toute son histoire, et qui ne saurait se trouver sur les lèvres ou sous la plume d'un homme quelque peu réfléchi. Le catholicisme réclame, il est vrai, de la part de ses partisans, l'adhésion ferme de l'esprit par la foi et celle de la volonté par l'obéissance, mais ce n'est ni sans motifs ni sans preuves, motifs de l'ordre le plus élevé, et preuves éminemment rationnelles.
4- La vérité est que le catholicisme s'est présenté au monde avec un ensemble de dogmes, dont quelques-uns dépassent la portée de l'intelligence, sans qu'ils soient contraires à la raison, et de principes d'une morale sévère, qui heurtent de front, chez les individus, l'orgueil de l'esprit et l'indépendance de la volonté; dans les peuples, les habi-