‹ Le catéchisme romainChapitre 196 sur 230 · INEPUISABLE FECONDITE DE L-'ÉGUSE · texte numérisé non relu

INEPUISABLE FECONDITE DE L-'ÉGUSE

n'y avait aucun reproche à faire, non pas à l'Eglise en tant qu'Eglise, mais à quelques-uns de ses représentants indignes, et indignes parce qu'ils étaient infidèles aux devoirs que l'Eglise leur imposait, ce serait le miracle des miracles. Et du coup, observe M. Didiot, les conditions de notre épreuve ici-bas, notamment la liberté de notre foi, seraient totalement changées. Or, telle n'a pas été la pensée de Dieu en fondant l'Eglise. Son Eglise reste, malgré tout, composée d'éléments humains, et Dieu a permis que les ministres ou les membres de son Eglise pussent agir humainement, c'est-à-dire imparfaitement. Et par là même il a laissé à notre foi le mérite de la liberté et la liberté du mérite (i).

i. L'Eglise, notamment, n'est point contre le travail, l'économie, le bon ordre au foyer ; elle n'a pas ébranlé, bien au contraire, les principes de droit naturel, bases de la famille ; elle n'a nullement diminué la moralité de la vie présente par Fespérance de la vie future. « Dites qu'elle a placé le temps au dessous de l'éternité dans nos préoccupations ; qu'elle préfère les âmes à leurs corps de boue et la sainteté à la santé ; qu'elle ne fait pas son principal souci des intérêts commerciaux, ni de la prospérité militaire et navale des nations ; dites enfin qu'elle n'est pas de ce monde et n'en voudra jamais être, bien qu'elle y doive exercer son apostolat et y maintenir son élément supérieur, supranaturel, divin. Mais ne dites point qu'elle n'est pas, dans l'immense majorité de ses actes, de ses conseils, de son influence, une source inépuisable de bienfaits pour les hommes, qui sont d'autant plus raisonnables qu'ils sont croyants, qui réussissent d'autant mieux sur la terre qu'ils s'éclairent et se fortifient aux sources du ciel, qui sont plus hommes et plus sociables à mesure qu'ils sont plus catholiques. » Didiot, Logique surnat. obj., n. 4i3, p. 287. Du reste, « il faut bien se garder de croire que le progrès consiste dans le développement partiel de l'être social. Il en est du progrès véritable comme du bien réel : Bonum ex intégra causa, malam ex quocumque clefecta. Des progrès fragmentaires sont souvent des anomalies. Le progrès doit résulter de la marche simultanée, coordonnée, hiérarchique, de tous les éléments

6. Les objections ne détruisent pas le fait de l'inépuisable fécondité de l'Eglise. Reste à savoir si une telle fécondité s'explique exclusivement par les seules forces de l'esprit et du cœur humain. Ces forces y contribuent ; mais si elles y étaient pour tout, d'où vient que jamais, en fait, en dehors de l'Eglise, on n'a rien produit de comparable quant à la réalité, à l'universalité et à la durée des résultats. Selon toute apparence, c'est qu'il y a, dans l'Eglise, un principe actif et fécond qui n'est pas dans la seule raison, dans la simple nature, et qui est d'ordre surnaturel (i).

constitutifs du sujet. » Voir l'Encyclique Immortale Dei, du ier novembre i885.

i. « Non, dit M. Didiot, la nature humaine n'entre pas de la sorte, et comme de plein pied, dans un monde nouveau pour elle. On s'en convaincrait aisément si l'on pouvait la considérer en elle-même, sans les heureuses influences bibliques, patriarcales, mosaïques, chrétiennes et catholiques, dont toute civilisation ancienne et moderne a éprouvé le bienfait. Mais, pour plus de simplicité et d'impartialité, je suppose que ces influences ont été purement naturelles, et je demande quelle est, en dehors de l'Eglise, la fécondité si vantée par certain écrivain. Est-ce la fécondité du bouddhisme se traduisant par de paresseuses et sordides lamaseries, ou par une ridicule et scandaleuse littérature dont le principal mérite est d'être peu intelligible, peu populaire ? Est-ce la fécondité du confucianisme, immobilisant la Chine dans un système religieux et philosophique voisin du nihilisme ? Est-ce la fécondité du mahométisme, réduisant l'Orient, la Grèce, l'Afrique, l'Espagne, à l'état de grand sahara avec quelques oasis pour la volupté ? Est-ce la fécondité, très réelle certainement au point de vue esthétique et artistique, mais à peu près nulle au point de vue moral et social, du monde grec et romain? Est-ce la fécondité des autres religions et des autres empires disparus et comme ensablés dans leur incurable néant ? Est-ce la fécondité du rationalisme, du positivisme, de la révolution, dont tous les historiens, dès qu'ils n'ont manqué ni de science ni de conscience, ont reconnu les méfaits, les ruines, les banqueroutes ? » Logique surnat. obj., n. 4i3, p. 289.

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