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IV. Son unité catholique

i. L'unité catholique, l'unité slans la catholicité, voilà qui, de toute évidence, n'appartient qu'à la seule Eglise romaine. L'Eglise romaine seule est une par l'unité de son organisation sociale, de son gouvernement hiérarchique, par l'unité de sa foi, de sa morale, de sa discipline, de sa liturgie et de son culte ; et en même temps elle est catholique, sans limites dans l'espace et dans le temps, et complètement inaccessible à toute division, de par l'ordre reçu de prêcher l'Evangile à toutes les nations, et de par l'exécution fidèle et continue de cet ordre par l'apostolat et les missions. Ni son unité ne nuit à sa catholicité, ni sa catholicité n'empêche son unité. Partout ailleurs, hors de l'Eglise romaine, point d'unité catholique ; c'est là un fait d'histoire, dans le passé, et d'expérience dans le présent.

2. On objecte ses divisions intérieures, mais on oublie qu'elles cessent devant les actes de l'autorité compétente (i). On objecte les hérésies et les schis-

i. « Quant aux divisions scandaleuses qui protestent contre l'unité de gouvernement, quelles sont-elles ? Des querelles de juridiction entre les églises particulières? Des dissentiments entre le Pape et les évèques ? Mais, dans un gouvernement aussi long et aussi vaste que celui de l'Eglise catholique, on ne doit pas tenir compte de ces misères, d'autant que toutes ces discussions ont toujours été réglées par le Saint-Siège et à son honneur. Le seul scandale qu'on pourrait exploiter avec quelque espoir de nous embarrasser, c'est le grand schisme d'Occident qui mit, pendant près d'un siècle, l'Eglise catholique en présence de deux chefs. Mais remarquons bien qu'il s'agit ici d'une question de personne et non d'une question de principe. Si les représentants du pouvoir suprême étaient douteux, jamais l'unité de ce pouvoir ne fut mise en question; si la juridiction souveraine s'exerçait en double, partout

mes, mais on oublie que si le mauvais vouloir et l'obstination orgueilleuse expliquent les hérésies et les schismes, l'Eglise n'en est nullement responsable. On objecte que l'unité se trouve ailleurs, mais on oublie que ce n'est qu'une unité purement extérieure, qui n'a rien de l'unité sociale, organique et vivante de l'Eglise romaine. On objecte que l'Eglise romaine compte beaucoup de pertes dans la suite des siècles, mais on oublie que ces pertes sont largement compensées par des gains (i). On

la bonne foi en faisait l'unité ; enfin, si cette unité, toujours vivante, n'eût plané sur l'apparente division de l'Eglise catholique, c'en eût été fait de sa destinée. Or, voyez le prodige : sur cet écueil, où toute autre société eût sombré, l'Eglise catholique n'a touché que pour reprendre avec plus d'élan son glorieux voyage à travers les siècles ; car jamais l'unité de son gouvernement n'a été plus vigoureuse et plus ferme que depuis qu'elle a été si tristement mise à l'épreuve. » Monsabré, Gonf. lu.

i. Le catholicisme « a reçu des coups qui ont diminué sa puissance aux lieux où elle paraissait le plus fermement établie ; mais de promptes compensations ont rétabli l'équilibre de son universalité. La conversion des barbares a compensé la défection des hérétiques orientaux; les splendeurs religieuses du moyen âge et les lointaines excursions de ses ordres apostoliques ont compensé le schisme de l'Eglise grecque ; la conquête du nouveau monde a compensé les ravages du protestantisme ; le mouvement de retour imprimé à l'Angleterre par nos prêtres bannis a compensé les massacres et les sauvages proscriptions de quatre-vingt-treize. Des explosions de conversions dans les pays hérétiques, schismatiques et infidèles compenseront les apostasies que nous préparent la persécution de l'enseignement religieux et les écoles sans Dieu. Qui sait si ce n'est pas pour les envoyer semer l'Evangile aux quatre vents du ciel que Dieu permet aujourd'hui la dispersion de ses apôtres ? En voulant faire la besogne de Satan, l'impiété aura travaillé à l'œuvre du Christ. Elle n'arrachera pas des cœurs vraiment français la foi de nos pères, et se3 proscrits, profitant des merveilleuses découvertes du génie moderne, iront, sous d'autres cieux, multiplier les conquêtes du catholicisme. » Monsabré, Conf. uv.

objecte enfin qu'elle est loin d'être universelle et que le protestantisme compte numériquement plus d'adhérents qu'elle, mais on oublie qu'un tel argument d'arithmétique ne signifie rien, car à ce nombre tant vanté des protestants manque et manquera toujours l'unité vraie dans la vraie catholicité ou la catholicité dans l'unité.

3. L'unité catholique de l'Eglise romaine dans la foi et la morale, dans la discipline et l'obéissance, dans la charité vivante et vivifiante, constitue un caractère indéniable qui ne peut pas s'expliquer par les seules forces intellectuelles et morales de la nature humaine, et qui, en face de la division et de la fragmentation incessantes qu'on trouve ailleurs, accuse l'intervention surnaturelle de Celui qui, à la dernière Cène, pria son Père pour que ses Apôtres et ses fidèles fussent un comme lui et le Père ne sont qu'un.

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