De civ. Dei, xn, 9. — 2. II Req.t xiv
LE DOGME DE LA CREATION
livrés aux abîmes des ténèbres, oà il les garde pour le jugement (i). »
u Dieu a aussi affermi la terre par sa parole et l'a suspendue au milieu du monde. Il a élevé les montagnes, creusé les vallées, posé des bornes à la mer pour empêcher les eaux d'inonder la terre. Ensuite il a couvert sa surface de toutes sortes d'arbres, de plantes et de fleurs, qui lui servent d'ornement, et il a rempli la terre, les eaux et l'air d'une multitude innombrable d'animaux de toute espèce... Voilà donc ce qu'il faut savoir de 1» création de toutes les choses, du ciel et de la terre. Le prophète l'a renfermé dans ce peu de mots :
« A toi sont les deux, a toi aussi la terre ;
Le monde et ce quil contient, c'est toi qui Vas fondé (2). »
C'est aussi ce qu'à exprimé le concile de Nicée en ajoutant au symbole ces paroles : les choses visibles et invisibles. Car toutes les choses qui sont dans l'univers et que Dieu a créées sont ou visibles, si elles tombent sous les sens, ou invisibles, si elles ne peuvent être perçues que par l'esprit (3). »
9. Au xixe siècle, le dogme de la création a été de nouveau nié par les athées, les matérialistes et les panthéistes. Coûte que coûte, sous l'empire du matérialisme et du rationalisme exagéré, certains esprits ont essayé d'expliquer l'existence du monde sans recourir à l'idée de Dieu, mais en cherchant dans le monde lui-même la cause intime de son existence. Nous en avons déjà dit un mot, en parlant de l'existence de Dieu, et nous avons rappelé les condamnations solennelles portées par le concile du Vatican contre ces erreurs. Mais il reste à faire connaître la doctrine du Vatican touchant le dogme de la création, tant au point de vuô des
1. II Petr., 11, 4. — 2. Psal., lxxxviii, 12. — 3. Cal. rom., I, art. 1, xx, xxi, xxm.
panthéistes matérialistes, monistes ou évolutionistes qu'à celui de certains catholiques allemands qui le dénaturaient, en prétendant que Dieu à dû créer par une nécessité de nature et que la fin dernière de la création c'est la créature elle-même.
IL La doctrine catholique au Concile du Vatican
i° Distinction de Dieu et du monde. — Le concile du Vatican commence par dire que « Dieu, étant une substance spirituelle unique par nature, tout à fait simple et immuable, doit être déclaré distinct du monde en réalité et par son essence (i). » Puis, après avoir condamné les athées et les matérialistes, il frappe d'anathème « quiconque dirait que la substance ou l'essence de Dieu et de toutes choses est une et la même (2). »
Que la distinction de Dieu et du monde s'impose, cela ressort clairement de tout ce que nous avons dit sur l'existence et les attributs de Dieu. Dieu se distingue du monde comme le moteur de son mobile, comme l'Etre premier, nécessaire et parfait, des êtres seconds, contingents et imparfaits, comme l'ordonnateur suprême de ce qu'il règle, comme la science éternelle des objets intelligibles et des sujets connaissants qu'elle éclaire, comme le législateur et le juge de ses sujets. Cette distinction ressort, comme l'indique le concile, de l'unité, de la simplicité et de l'immutabilité de Dieu. Par l'unicité de sa substance, Dieu se distingue de toute nature finie qui peut se multiplier en plusieurs individus de la même espèce ; par sa simplicité