LES TROIS ÉGLISES
blance de ceux qui lient entre elles ses trois adorables personnes ; liens librement issus de ces liens nécessaires, et ayant comme eux pour terme une union qui ne doit pas finir. Par suite, cette âme devient parente, au degré le plus proche, de cette immense famille que Dieu s'est donnée par la grâce. La terre n'offre rien d'analogue à ces rapports profonds: les membres d'un même corps, reliés par une même âme, n'en sont que l'image très imparfaite ; car, outre que notre corps étant naturellement passif, ses membres subissent l'union bien plus qu'ils ne la font, l'âme, qui les tient unis, n'est jamais qu'un esprit créé et de condition souvent plus que médiocre. Mais ici, dans ce corps divin, chaque membre a une vie propre, une intelligence qui connaît, un cœur qui s'affectionne, une volonté qui détermine, qui dévoue et qui livre ; de plus, sous l'action incessante d'un esprit excellent et souverain, toutes ces forces vives s'emploient et s'appliquent ; enfin, et c'est là le comble, l'esprit qui anime ces membres, qui les fait converger l'un vers l'autre, qui les pousse à s'unir et scelle leur union, c'est l'Esprit de Dieu, le lien du Père et du Fils, le nœud absolu, l'unité ellemême. Aussi quelle société, quel corps incomparable ! La vie y circule en reine, l'amour y est la grande loi ; il y est à l'état propre, régulier, permanent, et comme l'acte vital de tous. C'est là l'Eglise... Eglise glorieuse et céleste, à laquelle sont unies et vers laquelle gravitent incessamment et cette Eglise irrévocablement acquise à Dieu, mais que de douloureuses épurations préparent encore à jouir de lui ; et cette Eglise terrestre qui, avec l'assistance de ses deux sœurs, va se formant continuellement dans les entrailles du temps, parmi toutes sortes de labeurs, de combats et d'angoisses. Ces trois Eglises nen sont qu'une seule, mais dans des états fort divers. L'une, c'est la moisson déjà coupée et serrée dans les greniers du père de famille ; l'autre, c'est la moisson mûre et récoltée, mais non encore serrée ; la troisième, c'est la moisson naissant, grandissant, mûrissant peu à peu sous des soleils qui brûlent, au milieu de pluies qui inondent, parmi des orages qui renver-
sent, et toutes sortes d'oiseaux ennemis qui dévorent, mais arrivant néanmoins à son terme et donnant journellement ses gerbes au moissonneur divin. » Mgr Gay, De la vie et des vertus chrétiennes , 6e édit., t. m, p. 358-36 1
Articles Xe, XP et XIP
La rémission des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle
Leçon XXXVIIIe
Les
trois derniers articles du Symbole
I. Rémission des péchés. — IL Résurrection de la chair. — III. Vie éternelle.