‹ Le catéchisme romainChapitre 212 sur 230 · LA RÉMISSION DES PECHES · texte numérisé non relu

LA RÉMISSION DES PECHES

rait-on un homme dont la résistance fat assez vive et le zèle de son salut assez vigilant pour échapper à toute blessure. »

2. Dans la pénitence. — « Il était donc nécessaire qu'il y eût dans l'Eglise une autre manière de remettre les péchés, en dehors du baptême, et c'est pour cela qu'elle a reçu les clefs du royaume des cieux. Par ce moyen, tout homme repentant peut obtenir le pardon de ses fautes, quand même il aurait péché jusqu'au dernier moment de sa vie. Cette vérité est exprimée de la manière la plus claire dans plusieurs endroits de l'Ecriture. Dans saint Matthieu, le Seigneur dit à Pierre : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux (i). » Il dit de même à tous les Apôtres : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel (2). » Saint Jean nous apprend en outre qu'après avoir soufflé sur les Apôtres, Jésus leur dit : << Recevez V Esprit-Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; et ceux à qui vous les re tiendrez, ils leur seront retenus (3). »

3. Tout péché peut être remis. — « Qu'on ne s'imagine pas qu'un tel pouvoir est limité à telle ou telle espèce de péchés. Il n'en est aucun, quelque criminel qu'il soit ou qu'on le suppose, à l'égard duquel l'Eglise ne puisse l'exercer efficacement. Tout pécheur, pour coupable ou scélérat qu'il soit, peut compter avec certitude sur son pardon, pourvu qu'il ait un repentir sincère. L'exercice de ce pouvoir n'est pas limité davantage quant au temps. A quelque moment que le pécheur revienne à de meilleurs sentiments, Notre Sauveur défend de le repousser. Saint Pierre ayant demandé s'il fallait pardonner plus de sept fois, il lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu'à .sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois (4). »

4. Qui possède le pouvoir des clefs? — « Moins étendu est le pouvoir de remettre les péchés, quant à ce qui re-

1. Matth., xvi, 19. — 2. Matth., xvm, 18. — Q Joan.. xx, 22-23. — 4. Matth., xix

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garde les ministres. Car ce n'est pas à tous que le Seigneur l'a confié, mais uniquement aux évêques et aux prêtres. Il en est de même, quant à l'exercice de ce pouvoir : le» péchés ne peuvent être remis que par les sacrements, administrés chacun selon sa forme. L'Eglise n'a nullement le droit de remettre autrement les péchés. D'où il suit que les prêtres et les sacrements ne sont que des instruments, dont Jésus-Christ lui-même, l'auteur de notre salut, se sert pour produire en nous la rémission des péchés et la justification. »

5. La rémission des péchés est une grande grâce. — (( Les fidèles doivent avoir une profonde vénération pour ce bienfait céleste que la miséricorde infinie de Dieu a accordé à son Eglise, et s'en servir avec un zèle ardent et une vive piété. Aussi, pour exciter davantage en eux de tels sentiments, les pasteurs doivent-ils s'efforcer de leur démontrer l'excellence et l'étendue de cette grâce ; et ils en viendront facilement à bout, s'ils expliquent avec soin le pouvoir qui peut remettre les péchés et faire passer l'homme de l'état du péché à celui de la justice. Il est certain qu'un tel pouvoir n'appartient qu'à la puissance immense et infinie de Dieu, la même que nous croyons nécessaire pour tirer les créatures du néant et les morts du tombeau. Et même, d'après saint Augustin, c'est quelque chose de plus grand de faire d'un impie un homme juste que de créer le ciel et la terre de rien. Et comme la création réclame une puissance infinie, à plus forte raison faut-il une puissance infinie pour remettre les péchés. Les Pères ont donc eu parfaitement raison d'affirmer que Dieu seul remet aux hommes les péchés et qu'un si merveilleux effet ne peut venir que de sa bonté et de sa puissance souveraine. « C'est moi, dit le Seigneur lui-même par un prophète, moi seul qui efface tes prévarications (i). » En effet, la rémission des péchés est comme l'acquittement d'une dette. Or, une dette ne peut être remise que par le créancier. Ainsi donc, les dettes que nous contractons envers Dieu par le péché, et dont tous les jours, dans la prière, nous lui demandons le

i. Is., xliii, a5.

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