HIÉRARCHIE DES ANGES
indique de préférence le ministère extérieur qu'ils remplissent de la part de Dieu, soit dans le monde angélique lui-même, soit auprès du genre humain. Il nomme donc les Anges et les Archanges, parce qu'il en est souvent question dans l'Ecriture, les Chérubins et les Séraphins parce qu'ils sont nommés par les prophètes ; et les cinq autres parce qu'ils se trouvent dans saint Paul. Pour lui aussi, la différence des vocables provient, non de la nature des anges, mais de la différence de leurs fonctions. Les Anges annoncent les choses de peu d'importance ; les Archanges, les choses plus relevées ; les Vertus accomplissent les miracles ; les Puissances tiennent en respect les esprits pervers ; les Principautés président aux bons anges ; les Dominations dominent d'une manière transcendante les Principautés ; les Trônes servent de siège à Dieu, assistent aux jugements divins et exécutent ses décrets ; les Chérubins contemplent de plus près la lumière de Dieu et possèdent la plénitude de la science ; et les Séraphins, plus rapprochés de Dieu, forment un foyer incandescent d'amour (i). Toutes ces fonctions doivent être pour l'homme un exemple qu'il doit s'appliquer à reproduire dans sa vie : c'est la conclusion pratique que tire le pape de cet exposé.
6° Leur Séjour. — C'est l'opinion des Pères que les anges habitent le ciel. Mais il y a plusieurs cieux : combien ? Il serait téméraire d'en fixer le nombre, puisque l'apôtre saint Paul n'est monté qu'au troisième, ce qui permet d'en supposer d'autres, dit saint Augustin (2). Mais il est bien difficile,
1. In Evang., homil., xxxiv, 6-10; Pair, lat., t. lxxvi, col. 12^9-1 252. — 2. De Gen. ad lit., xn, 57; Pair. lat.t t. xxxiv, col. 478.
ajoutc-t -il, d'en déterminer le nombre, la nature, et de dire quels en sont les habitants (i). Saint Chry- «ostome, au contraire, se demande comment on peut affirmer la pluralité des cieux, car on ne Ta pas appris de l'Ecriture et ce ne peut être qu'une indication d'origine purement humaine ; quant à lui, il se prononce pour un ciel unique (2).
Mais le ciel n'était pas la demeure exclusive des anges ; car, d'une part, le dialogue, au jour de l'Ascension, entre les anges du ciel et ceux qui accompagnent Jésus-Christ, et, d'autre part, le rôle assigné à certains anges dans le monde, sur la terre, et auprès des hommes, obligèrent les Pères à admettre que le ciel ou les cieux n'étaient pas l'unique séjour des anges.
70 Leur Ministère. — De tout ce qui regarde les anges, rien n'intéressa autant les Pères que la question de leur ministère. Etant donné que ces esprits forment la cour du Très-Haut, contemplent sa beauté sans égale, jouissent du bonheur éternel, chantent des cantiques de louanges, répètent le trisagion sacré et sont toujours prêts à exécuter les ordres de Dieu, on se demande en quoi consiste leur ministère et jusqu'où il s'étend.
1. Les Anges, affirment les Pères, ne sont pour rien dans la création du monde et la rédemption du genre humain. La création est une œuvre exclusivement divine ; l'incarnation et la rédemption, c'est le Fils de Dieu, Dieu lui-même, qui est venu les accomplir dans la réalité de la nature humaine et en versant son sang sur la croix. Les Pères insistent sur ces dogmes, à cause des extravagances
1. lnPsal., xxxii, 6 ; Patr. lat., t. xxxvi, col. 388. — 2. In Gen., homil. iv , Patr. gr., t. lui, col. 4a.