VOLONTÉ DES ANGES
par l'image que lui présente de Dieu sa propre essence angélique (i). Il connaît l'essence des choses matérielles par ses espèces intelligibles innées ; il connaît aussi les êtres particuliers, non par le moyen des sens comme l'homme, mais toujours au moyen des espèces intelligibles innées. Mais il ne possède naturellement la connaissance ni des futurs libres, ni des pensées secrètes de l'homme, ni des mystères de la grâce (2). Il possède donc depuis sa création toute sa science naturelle ; il ne saurait augmenter cette science qu'en ce qui touche aux objets surnaturels. Parmi les objets de sa science naturelle, il peut considérer ceux qu'il veut, mais successivement. Cependant il embrasse simultanément, dans la même idée universelle, un nombre d'objets d'autant plus étendu que cette idée est plus universelle et, par conséquent, que son intelligence est plus puissante. Il saisit donc, d'un seul acte d'intelligence, les conclusions dans leurs principes et les propositions particulières dans les propositions universelles. Il ne fait donc ni raisonnements, ni analyses, ni synthèses. Il ne peut se tromper dans ce qui regarde l'ordre naturel (3).
4° Volonté. — L'ange, étant intelligence, possède la volonté. Cette volonté est libre. Elle ne se distingue pas, comme l'appétit sensitif, en irascible et concupiscible, parce que son objet n'est point le bien particulier, mais uniquement le bien général. Bien que, par le même acte d'intelligence, il connaisse* la fin et les moyens qui y conduisent, puisqu'il ne raisonne pas, cependant sa volonté est capable d'une dilection naturelle qui la porte vers la fin, et