‹ Le catéchisme romainChapitre 35 sur 230 · FORMATION DE LA MATIERE · texte numérisé non relu

FORMATION DE LA MATIERE

par des transformations successives dont nous voyons l'aboutissement et dont l'origine, inaccessible en elle-même, doit être cherchée, faute de mieux,, dans une hypothèse aussi vraisemblable que possible: c'est l'hypotèse d'une nébuleuse primitive, dont la terre ne serait qu'une partie détachée. Cette hypothèse séduisante, née d'une pensée de Descartes, adoptée par Herschell, scientifiquement formulée par Laplace, très heureusement modifiée par Faye, et acceptée par l'immense majorité des savants, se recommande par un ensemble de raisons tirées des sciences mathématiques et expérimentales, qui en font la plus belle et la plus scientifique des tentatives pour expliquer la constitution des mondes, en particulier du système solaire. D'après cette hypothèse, notre globe, pendant la phase stellaire, qui fut très courte, s'est « détaché de la nébuleuse solaire, condensé, puis refroidi, jusqu'à ce que sa face fût recouverte d'une écorce obscure (i). » Et « avant que cette écorce fût consolidée, toute l'eau de nos océans existait certainement à l'état de vapeur (2). » Après cet état chaotique et cette période d'incandescence, vient, dit Faye, la période antézoïque, qui comprend les phénomèmes suivants : formation d'une première croûte solide, suppression immédiate de la radiation lumineuse. Les eaux commencent à se déposer sur le sol. Et il s'opère un remaniement mécanique et chimique de la croûte par les eaux, sous la pression d'une vaste atmosphère (3). Alors succède la période primaire : éclairement faible dû au soleil naissant, avec ces caractéristiques : ni climats, ni saisons ; vaste

1. De Lapparent, Traité de géologie, 3e édit., Paris, i8g3, p. 1594. — 2. Ibid., p. 710. — 3. Faye, L'origine du monde,. ae édit., Paris, i885, p. 289.

atmosphère protégeant la terre contre le refroidissement. Point de régions sans pluies. Premières radiations du soleil naissant et encore informe. La terre est faiblement éclairée, même aux pôles (i). C'est pendant cette période primaire que se produit lentement la condensation des eaux de la vaste atmosphère, commencée dès la période antézoïque, qui permettra d'apercevoir l'étendue que nous appelons firmament, et dans laquelle roulent, sous forme de nuages, les eaux supérieures ; la vapeur d'eau se condensant sur la croûte terrestre forme la masse océanique (2). « L'écorce originelle, peu épaisse et mal soutenue, a du chercher son assiette jusqu'à ce que les premiers linéaments delà géographie du globe eussent été définis. C'est alors que se sont dessinées à sa surface les zones faibles et les zones résistantes, ces dernières sous forme d'îlots, constituant les premiers noyaux de Yaride ou des continents, tandis que, dans les dépressions, s'accumulait l'élément liquide, à peine partagé en océans distincts. Ce premier acte une fois accompli, la vie a pris possession du globe (3). »

3. Yoilà ie langage de la science ; le point de départ de cette théorie scientifique n'en est pas moins une simple hypothèse, aussi vraisemblable qu'on voudra, mais une hypothèse qui reste, malgré tout, incapable de résoudre toutes les difficultés et de faire cesser toutes les incertitudes. Fût-elle vraie, la question se pose toujours de savoir d'où vient la nébuleuse. Et c'est ce que la vraie science ne saurait dire. Au terme ultime de ses investigations, elle a droit de recourir à cette hypothèse, mais elle a en même temps le devoir d'accepter, au

1. Faye, ibid.y p. 289. — 2. De Lapparent, loc. cit., p. i4. — 3. De Lapparent, loc. cit., p. i5g4.

nom de la philosophie ou de la foi, Pidée d'une cause première agissante, d'un créateur. Seule, la , science téméraire va jusqu'à affirmer l'éternité de la matière et à nier l'existence du Créateur ; mais, ce , faisant, elle cesse d'être positive, comme nous l'avons dit.

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