‹ Le catéchisme romainChapitre 4 sur 230 · I. Consi. Del FUius, c. 1, § 2. — 2. Ibid., c. 1, can · texte numérisé non relu

I. Consi. Del FUius, c. 1, § 2. — 2. Ibid., c. 1, can

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l'acte d'un architecte ; celui ci, en effet, ne peut opérer que sur une matière préexistante ; il arrange, il organise, il ne crée pas au sens propre du mot. Et on en peut dire autant de toute œuvre humaine, de celle du peintre, du sculpteur, du poète, de l'homme de génie. Un tableau, une statue, un poème, un chef-d'œuvre sont des créations selon le langage courant, mais des créations qui ne sont à vrai dire que de simples productions ou des transformations. L'acte créateur diffère encore de l'acte générateur de la plante et de l'animal ; car celui-ci, tout en faisant passer le principe vital de la puissance à l'acte, ne produit pas de substance nouvelle. Créer, c'est donc finalement produire des êtres subsistants, dans la totalité de leur substance, avec tous leurs principes constitutifs, matière et forme, substance et accidents. Une telle définition ne peut, évidemment, s'appliquer qu'à la cause première, à la cause des causes, à la cause sans cause, à Dieu.

3° La cause du monde. — On distingue avec raison, dans une cause extrinsèque, celle qui agit physiquement pour produire son effet ou la cause efficiente ; celle qui sert de modèle ou de plan ou la cause exemplaire ; et celle qui motive l'intervention de la cause efficiente ou la cause finale. Le monde, dans ses éléments constitutifs étant créé de rien, il n'y a pas lieu de chercher quelle est sa cause matérielle, mais seulement sa cause extrinsèque, et c'est Dieu. Dieu est, en effet, la cause extrinsèque de la création.

Il en est d'abord la cause efficiente. L'expérience nous apprend que l'homme, tout roi de la création qu'il est, ne crée pas au vrai sens du mot ; car, pour agir, il a nécessairement besoin d'une matière préexistante qu'il se borne à modifier : toute produc-

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tion substantielle le dépasse. Cette dernière est le propre de Dieu.

« Les dieux qui n'ont pas fait le ciel et la terre

Seront exterminés de la terre et de dessous le ciel.

Il (Dieu) a fait la terre par sa force,

Affermi le monde par sa sagesse,

Et par son intelligence il a étendu les deux (i). »

Dieu, par sa toute-puissante vertu, ou en vertu de sa toute-puissance, qui est formellement immanente, mais dont l'efficacité souveraine peut agir au dehors, ne se contente pas comme la force intelligente créée de modifier ce qui existe, de le transformer, de lui donner une manière nouvelle d'être, il produit absolument tout ce qui constitue l'être, sa matière et sa forme, sa substance et ses accidents, dans sa réalité, dans sa totalité substantielle. C'est là une vérité de foi catholique.

Dieu est la cause exemplaire du monde. Dans son intelligence infinie, il conçoit le monde et tous les êtres qui doivent le constituer, il en dresse le plan, il en arrête les lignes, il en fixe le modèle ou le type, non seulement dans l'ensemble mais encore jusqu'aux moindres détails, et c'est ce plan qu'il réalise hors de lui : la création en est la manifestation extérieure.

Dieu est enfin la cause finale du monde. Car si toute intelligence créée, quand elle agit, se propose un but, à plus forte raison en est-il ainsi pour Fintelligence suprême. Mais tout agent créé est à la fois actif et passif; il agit pour acquérir ce qui lui manque. Dieu, au contraire, qui est le premier agent, un acte pur, sans mélange de passivité, n'agit pas pour acquérir quelque chose qui lui manque;

i. Jer.9x* 11-12.

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il agit pour communiquer sa bonté, pour manifester hors de lui ses perfections infinies, sans qu'aucune nécessité naturelle et intime Py oblige ; car seul il est nécessaire et, même sans la création, il n'en resterait pas moins ce qu'il est, pleinement vivant en lui-même, parfaitement heureux par lui-même, infini en toute perfection et se suffisant. La créature ne saurait donc rien ajouter à sa vie, à sa béatitude, à sa perfection. Il est donc absolument libre de créer.

Mais s'il daigne appeler les créatures à l'existence par un pur effet de sa bonté, s'il manifeste ainsi extérieurement ses perfections par les biens qu'il met en elles, il ne peut avoir d'autre but que sa propre gloire. C'est l'enseignement formel du concile du Vatican ; et par là sont condamnés les panthéistes qui regardent l'existence du monde comme aussi nécessaire que celle de Dieu, et les partisans de Gûnther qui croyaient que Dieu est obligé de créer.

Dieu a eu donc pour but, en créant, sa propre gloire, mais quelle gloire ? Il y a la. gloire objective, qui n'est autre que l'excellence, la bonté, la perfection, qui rendent celui qui les possède digne d'estime et de louange, et la gloire formelle, qui n'est autre que Festime ou la louange de cette excellence, de cette beauté, de cette perfection. De plus la gloire peut être interne ou externe. Interne, la gloire objective de Dieu est sa propre excellence ; la gloire formelle est la connaissance intime qu'il a de sa propre excellence et l'estime qu'il en fait lui-même. Cette gloire est essentielle et nécessaire : elle lui appartient de toute éternité. Externe, sa gloire objective n'est autre chose que son excellence manifestée dans les créatures et par les créatures ; sa gloire formelle consiste dans l'estime ou la louange que chaque créature lui rend

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à sa manière. Celle qui est privée de raison, en manifestant simplement ses perfections. C'est dans ce sens que le psalmiste a dit :

a Les deux racontent la gloire de Dieu,

Et le firmament annonce l'œuvre de ses mains.

Le jour crie au jour la louange,

La nuit rapprend à la nuit...

Ce nest pas un langage, ce ne sont pas des paroles

Dont la voix ne soit pas entendue.

Leur son parcourt toute la terre.

Leurs accents vont jusqu aux extrémités du monde (i).»

Quant à celles qui sont douces d'intelligence, elles rendent gloire à Dieu, en se faisant les interprètes des créatures inanimées ou des êtres vivants, en prêtant une voix à tout ce qui est, vit ou respire, en chantant ses louanges d'une manière consciente et Voulue. Et c'est ainsi que le psalmiste, dans ses prières, invite si souvent, et sous tant de formes, et avec tant de poésie et d'éloquence, tout ce qui l'entoure à louer Dieu ; c'est ainsi qu'il excite son âme et tout ce qui est en lui à bénir le Seigneur.

« Mon âme, bénis Jéhovah !

Et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom ! (2) »

C'est ainsi qu'il invite les hommes, les peuples, les anges, à rendre gloire à Dieu. Qui ne connaît le célèbre cantique des trois jeunes gens dans la fournaise, dont Daniel nous a fait connaître les accents et où tout, sur la terre et dans le ciel, les éléments, les plantes, les animaux, les hommes, les peuples, les anges, sont invités à louer tour à tour le Seigneur ?

i. Psal, xviii, a-5. — a. PsaL, en, 1.

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