‹ Le catéchisme romainChapitre 44 sur 230 · ORIGINE DE L'HOMME II · texte numérisé non relu

ORIGINE DE L'HOMME II

point de vue psychique, elle relève surtout deux: facultés primordiales, irréductibles, la raison cl la liberté, qui n'existent que dans l'homme, constituent son caractère essentiel, sa différence spécifique, et dont aucune évolution ne saurait rendra compte. Pour exister, la substance spirituelle* raisonnable, libre, implique l'intervention directe, nécessaire, de la Cause première, du Créateur.

Aussi la science pure fait-elle profession de ne point s'occuper de la question de l'origine de l'homme, comme étrangère à son domaine et inaccessible à sa méthode. Elle constate que l'homme, par l'ensemble de ses caractères physiques, physiologiques, intellectuels et moraux, est vraiment le roi de la création, l'être le plus achevé qui existe parmi ceux qu'elle peut étudier. Elle constate aussi, et sans le moindre doute, qu'il n'a pas toujours existé sur la terre, que son apparition parmi les êtres vivants est la plus récente de toutes; elle va même jusqu'à regarder l'unité de l'espèce humaine comme une certitude scientifique. Et elle se trouve ainsi d'accord avec l'enseignement révélé»

2° L'enseignement biblique. — Que dit la Bible ? Elle raconte, à sa première page, que l'homme a été créé par Dieu ; que Dieu, pour former son corps, a pris un peu de terre, et qu'il lui a donné une âme vivante. Ce récit de la Genèse offre des caractères particulièrement remarquables ; il marque l'importance que Dieu a attachée à cette œuvre, la dernière de toutes. La terre n'a été créée, parée et peuplée qu'en vue de l'homme, et l'homme n'a été créé que lorsqu'elle a été prête à recevoir son roi. Jusque là Dieu avait procédé par des ordres impératifs : « Que la lumière soit ! et la lumière fut. » Cette fois, Dieu se consulte lui-même : « Faisons

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V homme à noire image et à noire ressemblance. » Et sans doute, c'est de la boue qu'il pétrit, car cette créature va résumer en elle tout ce que Dieu a fait jusqu'ici, dans un abrégé harmonieux. Mais cette créature sera quelque chose de plus que la pierre du chemin, que la fleur des champs, que l'animal de la forêt, puisqu'elle porte l'image et la ressemblance de son auteur et qu'elle possède une âme intelligente et libre.

Ce récit a toujours frappé les Pères de l'Eglise. Quelques-uns ont vu dans cette image et cette ressemblance une image de la Trinité ; d'autres, une allusion aux biens de l'ordre naturel et de Tordre surnaturel ; d'autres encore, une allusion au futur mystère de l'Incarnation.

3° Le Corps. — Selon le ive concile de Latran, I2i5, et le concile du Vatican, Dieu, après avoir créé le monde angélique et le monde matériel, a créé l'homme. Il l'a créé de rien, tout comme les anges et les corps ; il Fa créé le dernier et comme le couronnement de toute son œuvre, puisqu'il réunit dans sa constitution l'âme et le corps.

Le concile du Vatican dit que l'homme a été créé de rien, mais sans spécifier si la matière, dont a été formé son corps, a été tirée du néant au moment même où l'âme a été créée ; la Bible dit que le corps d'Adam a été formé avec le limon de la terre, donc d'une matière déjà créée. Etait-ce de la matière inerte ou de la matière organisée et vivante ? Il est évident que Dieu a pu se servir aussi bien d'une matière inorganique que d'une matière vivante ; cette seconde solution n'est point pour déplaire aux évolutionnistes.

Quoi qu'il en soit, l'Ecriture et la tradition indiquent une intervention divine extra-naturelle, soit

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