‹ Le catéchisme romainChapitre 64 sur 230 · ROLE DE LA PROVIDENCE · texte numérisé non relu

ROLE DE LA PROVIDENCE

s'exercer que par rapport aux créatures qui sont susceptibles d'être détruites, comme les corps, et non par rapport aux anges ou aux âmes, qu'aucune cause finie n'est capable de détruire.

Si donc le monde et tous les êtres qui le composent durent, c'est uniquement parce que Dieu, leur créateur, les fait durer. Et c'est là le premier effet de Faction providentielle de Dieu.

20 II en est un autre, non moins important et qui constitue, à proprement parler, la Providence ; c'est le gouvernement: la Providence gouverne les créatures.

Gouverner, c'est diriger chaque être particulier vers sa fin particulière et l'ensemble des êtres, par une subordination harmonieuse, vers la fin générale, dans un enchaînement lié de moyens appropriés. Dieu, dans sa science infaillible, a conçu Tordre général et les ordres particuliers, qui doivent régner dans l'ensemble de son œuvre et dans chacune de ses parties ; par sa volonté toute-puissante, il a décrété l'exécution de ce plan. Son gouvernement s'étend aussi loin que son action ordonnatrice et créatrice ; il s'exerce par des lois ; ces lois, expression de sa volonté, sont en rapport intime avec la nature et la fin de chaque être. Au fur et à mesure que les créatures s'élèvent dans l'échelle hiérarchique, qui va de l'inorganique à l'organique, de la plante à l'animal, de l'animal à l'homme, les lois s'élèvent et se superposent.

Au-dessus des lois qui, dans le monde de la matière, gouvernent le mouvement des atomes et le groupement des molécules comme la gravitation des astres dans l'espace, il y a celles qui, dans le , monde de la vie, chez les plantes et les animaux, président à l'élaboration des germes, à la fécondation, à l'évolution embryonnaire, au développe-

igO LE CATÉCHISME ROMAIN

nient complet ; plus haut encore, il y a celles qui gouvernent la raison de l'homme dans la recherche du vrai et sa volonté dans la conquête du bien ; il y a les lois qui gouvernent les hommes groupés en famille, les familles réunies en société, et les sociétés elles-mêmes qui coexistent dans l'espace ou se succèdent dans le temps: lois chimiques, lois physiques, lois physiologiques, lois psychologiques, lois morales, elles s'entrecroisent, se mêlent sans se confondre, s'harmonisent et concourent, chacune pour sa part et chacune dans sa sphère, à l'ordre général comme à l'ordre particulier.

Pour gouverner, Dieu se sert des causes secondes, de l'homme surtout ; c'est par privilège qu'il a voulu les associer à la puissance et à l'honneur de son gouvernement ; c'est dire qu'il gouverne les créatures les unes par les autres (1).

i. Ces lois, éternellement fixées par Dieu par un décret de sa sagesse et un acte de sa bonté, sont universelles et absolues. Par elles, l'action providentielle s'étend à tous les êtres, attingens a fine usque adfinem, d'une extrémité du monde à l'autre, des êtres les plus grands aux plus infimes, de l'ensemble à chacun des détails, depuis les origines du temps jusqu'à la fin ; disponens omnia, disposant tout, natures et opérations, d'une manière pleinement conforme à la nature spécifique et aux besoins individuels de chaque être. Dans la matière brute et chez les êtres privés de raison, ces lois, chimiques, physiques, physiologiques, constituent précisément la direction que donne la Providence à ces créatures incapables de se diriger. Chez l'homme intelligent et libre, elles règlent toutes les manifestations de sa pensée et de sa volonté.

i. Sam. theol, I, Q. xxn, a. 3.

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