LE CONCOURS DE DIEU
son et de la volonté, elle est inaccessible à notre intelligence, c'est un impénétrable mystère.
La Providence de Dieu conserve donc les créatures, les gouverne et les aide. Son action s'exerce, comme le répètent avec la Sagesse le Catéchisme romain et le concile du Vatican, avec force et suavité, for titer ae suaviler, dans Tordre naturel. La force se montre dans la conservation et le gouvernement du monde, par la manière dont Dieu fait entrer dans son plan et soumet à ses desseins tous les êtres et toutes les actions, particulièrement celles qui dépendent de la liberté humaine, par la manière aussi dont il fait concourir à l'accomplissement intégral de ses vues, à la glorification de sa miséricorde, de sa bonté et de sa justice, tout ce qui nous paraît une anomalie, une imperfection ou un désordre. La suavité se montre dans ce concours précieux, aussi délicat que souverainement efficace, qui fait que toute créature exécute la volonté de Dieu sans contrainte, en conformité parfaite avec sa nature et ses aspirations.
Cette force et cette suavité éclatent plus admirablement encore dans l'ordre surnaturel où l'homme, gratuitement introduit par Dieu, reçoit
infirmité ; l'un plus austère, l'autre plus compatissant ; l'un mieux compris par les générations croyantes, formées au respect et au culte de l'autorité absolue, l'autre plus sympathique aux générations raisonneuses où se sont développés, jusqu'à l'exagération, le sentiment et l'amour de la liberté ; l'un plus terrible au naturalisme de Pelage, l'autre plus funeste au fatalisme de Calvin. Tous deux armés de forts arguments et de subtiles réponses ; tous deux jaloux de leur orthodoxie ; tous deux cherchant à se convaincre d'hérésie... L'Eglise n'a rien décidé, elle nous laisse parfaitement libres. Choisissez l'opinion qui conviendra le mieux à la trempe de votre esprit, et soyez sûrs que, de quelque côté que vous alliez, vous trouverez bonne et sainte compagnie. » Monsabré, conf. xxme.
en partage la vie divine avec tous les moyens de l'entretenir, de la développer et d'atteindre ainsi cette fin glorieuse, qui est la possession de Dieu <lans la vision béatifique. Car la Providence divine dépasse les limites de Tordre naturel et s'étend à l'organisation complète et au mouvement harmonieux de l'ordre surnaturel, ainsi que nous le 'verrons.
Restent à résoudre les difficultés que l'on fait et les objections que l'on soulève contre le dogme de la Providence.