‹ Le catéchisme romainChapitre 72 sur 230 · Luc, 1, 3i. — a. Matth · texte numérisé non relu

Luc, 1, 3i. — a. Matth

LE CHRIST PROPHÈTE, PRETRE, ROI 2l5

<de parler. De plus tous les autres noms qui, d'après les prophètes, doivent être donnés au Fils de Dieu, sont renfermés dans le seul nom de Jésus ; car chacun d'eux n'exprime que sous un rapport particulier le salut qu'il doit nous donner, tandis que celui-ci exprime seul toute l'étendue et tous les effets de la rédemption du genre humain (i). »

4. Le nom de Christ. — « Au nom de Jésus on a ajouté celui de Christ, qui signifie oint, et qui est à la fois un titre d'honneur et de fonction ; mais par là même ce n'est pas un nom propre, il convient à plusieurs. Ainsi nos pères appelaient anciennement Christ tout prêtre ou roi, que Dieu ordonnait d'oindre à cause de la dignité de leur fonction. Est prêtre, en effet, celui qui recommande le peuple à Dieu par des prières assidues, offre des sacrifices et prie pour le peuple. Les rois sont chargés de gouverner les peuples, d'établir et de faire observer les lois, de protéger la vie des innocents et de châtier l'audace des criminels. Et comme ces deux ministères semblent représenter sur Ja terre la majesté de Dieu, ceux que l'on choisissait pour la royauté ou le sacerdoce, devaient être oints. Ce fut aussi la coutume de donner l'onction aux prophètes, parce qu'ils étaient les interprètes du Dieu immortel, et ses ambassadeurs, chargés de nous découvrir les secrets célestes, de corriger les mœurs par de salutaires instructions et de nous annoncer l'avenir. »

5. Le Christ est Prophète, Prêtre et Roi.— « Or, Jésus-Christ Notre Sauveur, en venant au monde, a pris tout à la fois le personnage et la fonction de prophète, de prêtre et de roi. C'est pourquoi il a été appelé le Christ et a reçu l'onction, non de la main d'un mortel, mais par la vertu du Père céleste, non l'onction d'une huile terrestre, mais celle d'une huile spirituelle ; c'est-à-dire que son âme très sainte reçut la plénitude du Saint-Esprit, la grâce et tous les dons, avec tant d'abondance qu'aucune

i . Il sera plus amplement question du Saint Nom de Jésus^ dans la dernière partie de cet ouvrage.

2l6 LE CATÉCHISME ROMAIN

autre créature ne serait capable de les contenir à un si haut degré. C'est ce que le prophète exprime très bien lorsque, s'adressant au Sauveur lui-même, il lui dit (i) :

« Tu aimes la justice et ta hais V iniquité.

Cest pourquoi Dieu, ton Dieu t'a oint

D'une huile d'allégresse, de préférence à tes compagnons. »

C'est ce que démontre encore plus clairement Isaïe (2) :

« Vespril du Seigneur, de Jéhovah, est sur mou

Parce que Jéhovah m'a oint

Pour porter la bonne nouvelle aux malheureux. »

(( Jésus a donc été le prophète et le maître souverain, qui nous a appris la volonté de Dieu, et dont la doctrine a révélé à l'univers la connaissance du Père céleste. Avant lui, tous ceux qui ont été honorés du nom de prophètes, n'ont été que ses disciples ; et ils lurent principalement envoyés pour annoncer celui qui devait, avec bien plus de vérité et de justice, porter le nom de prophète et sauver tous les hommes. — Le Christ a été prêtre encore, non selon Tordre des prêtres de la tribu de Lévi, mais comme l'a chanté David selon l'ordre de Melchisédech, pour l'éternité (3), mystère dont l'apôtre s'est expliqué dans l'Epître aux Hébreux. — Nous reconnaissons enlin le Christ comme roi, non seulement en tant qu'il est Dieu, mais encore en tant qu'il est homme et revêtu de notre nature. C'est de lui que l'ange a dit : a // régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin (4). »

6. Son royaume est spirituel. — « Ce règne est un règne spirituel et éternel, qui commence sur la terre pour être consommé dans le ciel. Et ces devoirs de roi, c'est par une admirable providence que le Christ les remplit à l'égard de l'Eglise. 11 la gouverne ; il la protège contre l'assaut et les embûches des ennemis ; il lui impose des lois ; il lui accorde non seulement la sainteté et la justice,

1. Psal., xliv, 8. — 3. Isai.y lxi, i. — 3. Psal., cix, 4. — V i. Luc, 1, 33.

mais encore les forces pour persévérer. Bien que tous les hommes, bons et mauvais, se trouvent clans ce royaume, cependant ceux-là éprouvent d'une manière particulière les effets de la bonté et de la bienfaisance de notre roi, qui suivent ses commandements et mènent une vie pure et innocente. Au reste, il ne faut pas croire que ce royaume lui soit échu par droit d'héritage et d'une manière humaine, parce qu'il descendait de rois illustres, mais il fut roi parce que Dieu réunit en lui tout ce que la nature humaine peut posséder de puissance, de grandeur, de dignité. C'est Dieu qui lui a donné l'empire du monde entier; tout lui est soumis dès ici-bas, mais tout lui sera pleinement et parfaitement soumis au jour du jugement. »

7. Son Fils unique. « Ces mots offrent à notre foi et à notre contemplation des mystères encore plus sublimes touchant Jésus. Ils nous apprennent qu'il est le Fils de Dieu, et vrai Dieu comme son Père, qui l'a éternellement engendré. Nous confessons aussi par là qu'il est la seconde personne de la Sainte-Trinité, égale en tout aux deux autres. Car aucune inégalité, aucune différence ne saurait exister entre les personnes divines ni se concevoir, puisque nous reconnaissons qu'elles ont une seule et même essence, volonté et puissance. C'est ce que prouve très clairement, entre tant d'autres passages de l'Ecriture, ce témoignage de saint Jean :

« Au commencement était le Verbe, Et le Verbe était en Dieu, Et le Verbe était Dieu (1). »

« Or, en entendant dire que Jésus est le Fils de Dieu, il ne faut rien supposer de mortel ou de terrestre dans cette origine. Cette origine, par laquelle le Père a de toute éternité engendré le Fils, que nous ne pouvons ni concevoir ni pleinement comprendre par la raison, nous devons la croire fermement, l'honorer avec toute notre piété, et, ravis d'admiration devant ce mystère, répéter avec le prophète : « Qui pourra raconter sa génération (2) ? » Ce

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