JESUS EST LE MESSIE
formulée et fortement accentuée dans le ivc Evangile et les écrits de saint Jean, où Ton peut lire que le Verbe de Dieu, Fils éternel du Père, s'est fait chair, qu'il faut croire qu'il est tout à la fois Dieu et homme. Avant saint Jean, l'Epître aux Hébreux en témoigne. « Après avoir, à plusieurs reprises et de diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les prophètes. Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. Le Fils qui est le rayonnement de sa gloire, V empreinte de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s'est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des deux, d'autant plus grand que les anges, que le nom quil possède est plus excellent que le leur. Auqueldes anges , en effet, a-t-il jamais dit : « Tu es mon Fils, aujourd'hui je t'ai engendré ? » Et encore : « Je serai pour lui un Père, et il sera pour moi un Fils? » Et lorsqu'il introduit du nouveau dans le monde le Premier-né, il dit : u Que tous les anges de Dieu l'adorent (i) / »
Saint Paul n'est pas moins formel dans ses grandes Epitres. Il affirme la préexistence de Jésus dans le sein du Père, sa divinité, son incarnation. Il commence ainsi sa lettre aux Romains : « Paul, serviteur du Christ Jésus, apôtre par son appel, mis à part pour (annoncer) l'Evangile de Dieu, (Evangile) que Dieu avait promis auparavant par ses prophètes dans les saintes Ecritures, touchant son Fils, né de la postérité de David selon la chair, et déclaré Fils de Dieu miraculeusement, selon l'Esprit de Sainteté, par une résurrection d'entre les morts Jésus-Christ Notre-Seigneur (2). » Il écrit ailleurs : « Lorsque est venu la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils (3) » « le
£• Hebr.t 1, 1-6. — 2. Rom., 1, i-4. — 3. Gai, iv, 4-5.
Fils de Dieu, Jésus-Christ, que nous avons prêché au milieu de vous (i) ; » « Ayez en vous les sentiments dont était animé le Christ Jésus ; bien qu'il fût dans la condition de Dieu, il n'a pas retenu avidement son égalité avec Dieu (2). »
La critique rationaliste contemporaine écarte le témoignage du ive Evangile et des Epitres de saint Jean, parce qu'il est inspiré par des motifs apologétiques. C'est contre les ébionites et les docètes, en particulier contre Cérinthe, nous affirme saint Irénée (3), qu'est écrit le iv° Evangile. De là, le prologue célèbre où se lisent ces affirmations caractéristiques :
« Au commencement était le Verbe,
Et le Verbe était en Dieu,
Et le Verbe était Dieu...
Et le Verbe s est fait chair,
Et il a habité parmi nous,
Et nous avons vu sa gloire...
Dieu, personne ne le vit jamais ;
Le Fils unique (Monogène),
Qui est dans le sein du Père,
C'est lui qui Va fait connaître (4). »
La même critique écarte également les témoignages antérieurs de l'Epitre aux Hébreux et de saint Paul, parce qu'ils sont, non pas, prétend-elle, la reproduction de l'enseignement de Jésus, mais une traduction, qui suppose déjà un travail de la pensée chrétienne sur les données évangéliques et qui est de la théologie. Reste donc, aux yeux de la critique rationaliste, qu'il n'y a à interroger que les Evangiles synoptiques, parce que là, et là seulement, on a chance de rencontrer renseignement authenti-
1. II Cor., 1, 19. — 2. Philip., 11, 5-6. — 3. Adv. haer., III, Xi, 1 ; Pair, gr., t. vu, col. SSo. — 4- Joan., 1, 1, i4, 18.
LE MESSIE DANS i/ ANCIEN TESTAMENT 223
que de Jésus et sa véritable pensée (i). Interrogeons donc les Synoptiques et voyons s'ils ne suffisent pas à légitimer et à justifier pleinement la foi de l'Eglise apostolique, la doctrine de saint Paul et de saint Jean.