LA THÉORIE DE M. HARNACK
fin de sa vie, sacrifiée à sa mission, et que l'impression produite sur ses disciples sont significatives et décisives, qu'elles permettent de savoir ce ^què Jésus voulait, ce qu'il était, ce qu'il doit être pour nous (i). » j
[\. Or, prétend M. Harnack, Jésus ne voulait pis qu'on eût à l'égard de sa personne d'autre foi ni qu'on tirât d'autres conclusions que celles qui sont contenues dans l'observation de ses commandements. Il n'avait pas dessein d'introduire dans l'Evangile un dogme sur sa personne et sa valeur (2). Et dès lors l'Evangile se serait borné à Dieu et à l'âme, à l'âme et à son Dieu. Jésus a placé les créatures face à face avec les questions vitales, il leur a promis la grâce et la miséricorde de Dieu, et leur a demandé de se décider entre Dieu et Mammon, la vie éternelle ou la vie terrestre, l'âme ou le corps. Par suite c< le Père seul appartient à l'Evangile, tel que Jésus Ta annoncé, et non le Fils (3). » Toutefois, personne ne connaissant le Père comme Jésus, et Jésus faisant part aux autres de ce qu'il sait, Jésus est le chemin qui conduit au Père et aussi le juge établi par le Père « Il n'est pas une partie constante de l'Evangile, il en est la force et la réalisation personnelle, et il sera toujours considéré comme tel (4). » L'histoire nous apprend qu'il a conduit à Dieu ceux qui travaillent et sont chargés, que c'est lui qui a élevé l'humanité à ce nouveau stade. « Jésus n'a pas fait entrer dans l'Evangile la phrase : « Je suis le fils ae Dieu, » et celui qui la met au rang des dogmes, y ajoute quelque chose (5). »