‹ Le catéchisme romainChapitre 87 sur 230 · Telle est la théorie que M. Harnack a tirée de · texte numérisé non relu

Telle est la théorie que M. Harnack a tirée de

1. L'essence, p. 34. — z.Ibid., p. i35-i36. — 3. Ibid., p. i54, • 4. ïbid., p. i55. — 5. Ibid.t p. i56.

l'étude des Synoptiques : elle a le mérite d'être claire ; est-elle juste? Nous ne le croyons pas, voici pourquoi.

Tout d'abord, sous prétexte de faire œuvre d'historien, M. Harnack fait en réalité œuvre de théologien. Il choisit dans l'histoire évangélique, telle qu'elle est dans les Synoptiques, ce qui convient à sa théologie et laisse le reste. Et dès lors, au lieu de nous donner une théorie vraiment tirée de l'ensemble des données historiques, c'est une interprétation de l'histoire qu'il nous offre d'après sa théorie. Or, sa théorie est bien celle d'un disciple de Kant, de Schlciermacher et de Ristchl, qui ne veut voir dans la religion en général, et dans le christianisme en particulier, qu'un rapport entre l'âme de chaque homme et Dieu, sans intermédiaire d'aucune sorte. Réduit à cette relation purement intime, ce subjcctivisme subtil et exclusif s'autorise, dans Y Essence du christianisme, d'un texte de saint Luc, d'après lequel le royaume de Dieu est intérieur (i), et d'un autre de saint Matthieu, d'après lequel le rapport qui unit l'homme à Dieu est la connaissance que l'homme a de Dieu comme Père (2). S'il n'y avait pas autre chose dans les Synoptiques, et si tout se bornait exclusivement à ces deux passages, M. Harnack aurait raison d'en faire état. Mais il y a autre chose; par suite n'est-on pas en droit de croire que M. Harnack n'a voulu voir dans l'Evangile que sa propre pensée, loin de la lui emprunter ? Et n'est-ce pas apporter dans une étude aussi sérieuse des préoccupations confessionnelles ou obéir à des idées préconçues? Sans doute c'est une très noble ambition que de vouloir concilier la foi chrétienne avec les exigences de la science et de l'esprit scientifique

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