‹ Le catéchisme romainChapitre 90 sur 230 · L'Evangile et l'Eglise,?). a3-2§. — a. Ibid., p · texte numérisé non relu

L'Evangile et l'Eglise,?). a3-2§. — a. Ibid., p

dans sa forme première et sous ses transformations successives, est une vérité (i).

3. Le critique n'a pas à décider ces choses! Soit! Mais d'où vient alors que ce même critique les ait déjà décidées précédemment, quand il nous a dit que ces choses sont des arguments, que ces arguments appartiennent à la foi qu'ils sont Y œuvre de la tradition et de la spéculation ? Et de quel droit l'a-t-il dit ? Où en a-t-il vu la preuve? Où a-t-il puisé ce « discernement » pour faire ainsi le départ de ce qui e$t histoire et de ce qui ne l'est pas ? On serait bien aise de le savoir. Mais non ; c'est là, à ce point de départ, que gît le pur arbitraire : M. Loisy « discerne » au moyen de postulats et de conjectures; c'est insuffisant; et dés lors sa thèse, car c'en est une, et non de l'histoire, branle par la base.

2° Le royaume de Dieu. — i. « L'historien, disait M. Loisy à M. Harnack, doit résister à la tentation de moderniser l'idée du royaume (2). » Fort bien ; mais a-t-il résisté, lui, à la tentation de hx systématiser, malgré les données évangéliques ? Il avoue d'abord que, « dans l'Evangile, l'élément

1. L'Evangile et l'Eglise, p. 3c-32. « Si Ton a tourné peu à peu, écrit-il dans Autour oTun petit Livre, p. 83, les paraboles en allégories, si l'on a constamment adapté l'enseignement du Sauveur au besoin des Eglises naissantes, si un travail d'idéalisation progressive, d'interprétation symbolique et dogmatique, s'est opérée sur les faits mêmes, l'historien doit s'en rendre* compte. » Cette théorie de l'adaptation de renseignement du Sauveur au besoin des Eglises naissantes est une conjecture gratuite, note Mgr Batiiïbl, Jésus et l'histoire, p. 2^-25. Car s'il en était ainsi pourquoi ne trouverions-nous pas toute la substance de l'Epître aux Romains, ou de l'Epître aux Galates, ou de l'Epître aux Hébreux, ou de l'Apocalypse johannine, mêlée aux Synoptiques, et du même coup, bien d'autres infiltrations de sources anonymes essayant de confondre leurs eaux troubles avec celles du pur Evangile de Jésus ? —

national a disparu, la qualité d'israélite n'étant plus par elle môme un titre au royaume ; l'élément escbatologique cesse de remplir toute la perspective, et L'élément religieux et moral apparaît au premier plan (i). »

De ces deux derniers éléments, lequel l'emporte, lequel est l'essentiel? Pour M. Harnack, c'est l'élément moral et religieux; pour M. Loisy, c'est l'élément eschatologique. Et ici tous les efforts de M. Harnack en laveur de la première thèse se retrouvent en faveur de la seconde, mais avec aussi peu de raison; car, ni l'une ni L'autre de ces deux thèses ne rend l'Evangile tel qu'il est, dans son intégralité ; l'une et l'antre sont des systématisations étroites, et par là même fausses.

((L'idée du royaume céleste n'est pas autre chose qu'une grande espérance. Cette espérance est d'abord collective, le bien du royaume étant destiné à tous ceux qui aiment Dieu, de telle sorte qu'ils en jouissent en commun, et que leur félicité ne peut pas être mieux comparée qu'à un grand festin. Elle est objective et ne consiste pas uniquement dans la sainteté du croyant ni dans l'amour qui l'unit à Dieu, mais elle implique toutes les conditions d'une vie heureuse, et les conditions physiques aussi bien que les conditions morales, les conditions extérieures aussi bien que les conditions intérieures, en sorte que Ton peut parler de l'avènement du royaume comme d'un fait qui couronne l'histoire et qui ne se confond nullement avec la conversion de ceux qui y sont appelés. Elle se rapporte et ne peut se rapporter qu'à l'avenir, ainsi qu'il convient à sa nature d'espérance; et cet avenir n'est pas le sort prochain de l'individu en ce monde,

i. L'Evangile et l'Eglise, p. 36.

mais le renouvellement du monde, la restauration de F humanité dans la justice et le bonheur éternels (i). »

2. Le royaume de Dieu, dans le triomphe et la joie delà vision béatifique, est une espérance; personne n'en disconvient. Mais la question est de savoir si sa réalité future exclut sa réalité présente, d'après les données évangéliques et dans La pensée même de Jésus, comme le donne à entendre M. Loisy. C'est ici que M. Loisy jongle avec les mots et les formules pour esquiver les textes qui témoignent en faveur d'un royaume de Dieu actuel et terrestre. Il ne peut pas nier que Jésus demande un changement moral et immédiat, une conversion intérieure et actuelle à chacun de nous pour faire partie de sa suite et appartenir à son royaume ; mais il n'y voit qu'une ((anticipation,)) une « inauguration dans sa préparation, » et non dans son accomplisssement. Il accorde que l'Evangile le réalise déjà, mais il soutient que son avènement est pour plus tard (2). Ici, dit-il, il n'est qu'à l'état rudimentaire, imparfait; quant aux paraboles de la semence, du grain de sénevé, du levain, elles prouvent que ce royaume est semé par la prédication évangélique, mais son développement n'a lieu que dans sa manifestation, à la fin des temps (3).

Toute cette systématisation se trouve singulièrement gênée par le texte de saint Luc (4) qui montre que le royaume de Dieu est déjà venu, qu'il est présent et terrestre. Qu'à cela ne tienne. Grâce à son « discernement, » M. Loisy l'écarté et le met sur le compte de la tradition. Il ajoute pourtant : « Dans les conditions les plus favorables, et l'authenticité

1. VEvangile et l'Eglise, p. 4i-42. — 2. Ibid., p. 42-45. — 3. Ibid., p. 5o. — 4. Ibid., p. 56.

de la parole étant admise, on devrait dire que Jésus parle de la présence de son royaume dans son commencement et de sa préparation par l'Evangile. » Mauvaise querelle ! Ce que l'on doit dire, c'est que l'Evangile est la prédication du royaume présent tout comme celle du royaume futur, puisque le premier sert d'acheminement à l'autre, c'est que Jésus l'a fondé dès ici bas, dans toute sa réalité vivifiante, c'est qu'il sert d'abri aux: âmes et que sa possession actuelle est un gage de la possession future du bonheur éternel.

3° Jésus est-il Dieu? — i. M.Loisy nous a avertis que « le critique n'a pas à décider si Jésus est ou non le Verbe incarné, s'il préexistait à sa manifes tation terrestre, s'il a été consacré Messie dès sa conception, s'il Ta été le jour de son baptême, si l'idée messianique, dans sa forme première et sous ses transformations successives, est une vérité (i). » M. Loisy a-t-il observé cette sage réserve? Sans doute, il s'est gardé d'affirmer formellement qu'il croyait à la divinité de Jésus; il a même si bien gardé secrète sa pensée intime sur ce dogme capital que le lecteur le plus attentif ne réussit guère à la soupçonner, à l'entrevoir, dans une phrase, dans une allusion, dans un mot. En revanche, on trouve beaucoup d'expressions, de formules, de passages, qui, s'ils ne disent pas expressément que Jésus n'a été qu'un homme, semblent le dire en termes équivalents, ou du moins le laissent entendre. Et il est remarquable que l'accent général va toujours à mettre en relief ce qui prouve que Jésus a été un homme, tandis que les textes, où Jésus se dit plus ou moins ouvertement Fils de Dieu au sens surnaturel, sont ou

i. L'Evangile et V Eglise, p. 3i-3a#

résolument éliminés, ou suspectés, ou mis sur le compte, non de la pensée et de renseignement de Jésus, mais de la foi et de la tradition. Or, ce n'est point là la réserve promise. Il est vrai que M. Loisy a une explication toute prête ou une excuse, c'est qu'il a fait œuvre d'historien. « Il n'avait pas à faire valoir les probabilités rationnelles de cet article de foi (1). » Et, en conséquence, car l'explication reste insuffisante, il en est venu, sous le coup de soupçons légitimes, à exposer de la manière la moins nette le ton de son ouvrage, sans pour cela manifester davantage ce qu'il pense personnellement de la divinité de Jésus. Autour d'un petit livre n'a nullement dissipé les suspicions qu'avait fait naître l'Evangile et l'Eglise. Notre jugement est-il exagéré? Aux textes de M. Loisy de nous l'apprendre (2).

2. Nous avons vu que M. Harnack avait invoqué à l'appui de sa thèse subjectiviste le texte qui se trouve dans saint Matthieu et dans saint Luc ; « Personne ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et personne ne connaît le Père si ce n'est le Fils (3). » En n'y

1. Autour d'un petit livre, p. 129. — 2. Déjà, à propos du premier de ces deux ouvrages, le P. Lagrange écrivait : « M. Loisy ne dit jamais ce qu'est pour lui la personne de Jésus-Christ. On doit donc présumer qu'il reconnaît sa divinité avec toute l'Eglise. D'autre part, il a fait nettement comprendre ce que pouvait être Jésus, d'après l'idée qu'il se faisait du royaume de Dieu, dont il était le principal vicaire, d'après ce que valait pour lui son titre de Fils de Dieu, d'après la primitive Eglise et d'après les récits du Nouveau Testament. Il insinue quelque part ce qu'il pourrait être encore pour nous. Il résulte malheureusement de tout cela, quelle que soit la foi personnelle de l'auteur, que la divinité de Jésus-Christ ne lui est survenue qu'après coup, comme un développement, oh ! très légitime, ci sans changement substantiel du dogme. Les gens moins rompus aux subtilités de l'exégèse en conclueront qu'il n'était pas Dieu du tout. » Revue biblique, 1903, p. 293. — 3. Matin., xi, 25-3o ; Luc, x, 21-24.

voyant qu'une simple relation de connaissance et non la filiation divine ou une vraie génération, M. Harnack l'a mal interprété, et M. Loisy qualifie son interprétation d'artificielle et de superficielle (i). Que signifie donc ce texte pour M. Loisy? Il signifie « un rapport permanent entre le Père et le Fils (2), » « un rapport transcendant, d'où ressort la haute dignité du Christ (3). » Ne serait-ce pas le dogme de la divinité de Jésus? Oui, évidemment, « Père et Fils ne sont pas ici des termes purement religieux, mais déjà des termes métaphysiques, théologiques, et la spéculation théologique a pu s'en emparer sans en modifier beaucoup le sens (!\). » Voilà qui est net ; mais l'historien et le critique ont à faire d'importantes restrictions ; car, pour l'historien, « il est difficile d'y voir l'expression littéralement exacte d'une déclaration faite par le Christ devant ses disciples (5) ; » et le critique, soupçonnant qu'elle est influencée par la prière qui termine le livre de V Ecclésiastique, ajoute: « 11 est très probable que, nonobstant sa présence dans deux Evangiles, le morceau où se trouve le texte allégué est, au moins dans sa forme actuelle, un produit de la tradition chrétienne des premiers temps (6). » Dès lors il n'est

1. L'Evangile et V Eglise, p. 82. — 2. Ibid., p. 76. — 3. Ibid., p. 78. — 4. Ibid., p. 78. — 5. Ibid., p. 79. — 6. Ibid., p. 80. « Rien de plus respectable dans la tradition évangélique, note le P. Lagrange, à propos de ce texte. Et ici Luc et Matthieu sont très spécialement d'accord sur les termes, comme si on avait compris qu'un texte si important devait être reproduit tel quel ; il est en tout cas impossible de distinguer une forme primaire et une forme secondaire... Les arguments allégués contre le texte prouveraient tout au plus qu'il a été mis sous une forme littéraire. Ils ne prouvent même pas cela ; car la ressemblance avec le chapitre li de Y Ecclésiastique est des plus fugitives, et le morceau n'a pas le rythme des cantiques de saint Luc... Mais enfin, de l'analyse littéraire,

pas la parole de Jésus, il n'appartient pas à son enseignement authentique; c'est la foi, c'est la tradition qui en est responsable. Mais M. Loisy ne nous dit pas sur quoi il fonde son allégation de critique ; et il resterait à savoir comment la tradition a pu formuler une vérité si importante sans y être, non pas autorisée, mais forcée par l'évidence des faits.

3. M. Harnack a subordonné le titre de Messie au titre de Fils de Dieu et l'idée messianique à l'idée qu'on se faisait du Fils de Dieu. M. Loisy fait tout le contraire. En effet, « pas plus à Jérusalem qu'en Galilée, Jésus n'avait dit ouvertement qu'il était le

M. Loisy conclut surtout comme très probable que le morceau est, au moins dans sa forme actuelle, un produit de la tradition chrétienne» Il nous resterait du moins le fond. Si le fond nous reste, si Jésus a fait entendre qu'il était le Fils de Dieu, par un rapport direct avec son Père, en dehors d'un avènement messianique futur, on ne peut donc pas dire : « L'idée de la filiation divine était liée à celle du royaume; elle n'a de signification propre, en ce qui regarde Jésus, que par rapport au royaume à instituer. » Revue biblique, igo3, p. 3o5-oo6. Le P. de Grand maison, après avoir discuté les motifs critiques par lesquels M, Loisy essaie d'éliminer ce texte et après les avoir réfutés, ajoute : « C'est à l'aide de rapprochements si hautement problématiques qu'on élimine un texte certain, d'une portée décisive, et si nécessaire comme fondement de la croyance apostolique elle-même, — bien loin qu'il puisse être un résultat de cette croyance — que « les plus critiques des critiques » trouvent en lui « la note fondamentale de toute l'histoire évangélique. » (Allusion à W. Sanday, dans le Dictionary of the Bible, édit., Hastings, t. iv, p. 575). Il est vrai que M. Loisy ne présente pas son hypothèse comme certaine, mais quand il nous dit que « Jésus n'a énoncé aucune formule dogmatique sur lui-même, » il prend pour accordre l'exclusive donnée à ce texte capital. » L'Evangile et l'Eglise, dans les Etudes, igo3, t. xciv, p. 1G9. L'authenticité de ce texte a été soutenue également par A. Robinson, The study of lue Gospels, Londres, 1902, p. 103-117, et par lioltzmann, A\ T. Théologie, Fiïbourg, 1897.

Christ Fils de Dieu (1). » « Il avait la conscience d'être le Messie, quand il quitta la Galilée, » mais rien n'empêche d'admettre que lorsqu'il a commencé à prêcher l'Evangile, il « ne se considérait pas simplement comme le messager ou le prophète du royaume ; il pensait en être l'agent principal et le chef prédestiné (2). » « En un sens, Jésus était le Messie, et, en un autre sens, il ne l'était pas encore. Il l'était, en tant qu'appelé personnellement à régir la nouvelle Jérusalem. Il ne l'était pas encore, puisque la nouvelle Jérusalem n'existait pas et que le pouvoir messianique n'avait pas lieu de s'exercer (3). » Sa prédication n'était pas la fonction de Messie. « On comprend que l'Eglise apostolique ait enseigné que Jésus était devenu Christ et Seigneur par la résurrection, c'est-à-dire par son entrée dans la gloire céleste, et qu'elle ait en même temps attendu sa venue, c'est-à-dire son avènement comme Christ, et non son retour, son ministère terrestre n'étant pas envisagé comme un avènement messianique (4). » « Le critique peut conjecturer que le sentiment filial a précédé et préparé la conscience messianique... mais en tant que le titre de Fils de Dieu appartient exclusivement au Sauveur, il équivaut à celui de Messie, et il se fonde sur la qualité de Messie (5). » « Jésus se dit Fils unique de Dieu dans la mesure où il s'avoue le Messie (6). »

4. Qu'est donc Jésus? « Jésus qui n'a énoncé aucune formule dogmatique sur le royaume, n'en a

1. V Evangile et l'Eglise, p. 86. M. Loisy oublie donc l'aveu

formel fait devant le Sanhédrin ? — 2. Ibid., p. 86-87.

3. Ibid., p. 87 ; toujours le môme postulat ; bon gré mal gré» on fait tout plier à l'idée eschatologique. — 4. Ibid., p. 89! 5. Ibid., p. 91. — 6. Ibid., p. 91 ; on voit la conséquence : Jésus ne devant être le Messie qu'à la fin des temps, ce n'est qu'alors et dans la même mesure qu'il sera le Fils de Dieu.

pas énoncé non plus sur lui-même (i). » Et quand M. Harnack affirme que celui qui tient Jésus pour Fils de Dieu ajoute quelque chose à l'Evangile, c'est un paradoxe qu'il avance et il risque de commettre un' contresens d'ensemble sur la prédication de Jésus (2). Ce contresens, sans doute, M. Loisy ne le commet pas. Serait-ce donc qu'il regarde comme appartenant à l'Evangile le dogme de la divinité de Jésus? Loin de là. Car « Jésus est mort comme Messie : tel est le Christ de l'histoire (3). Jésus a été, sur la terre, le grand représentant de la foi (4). » « Pour la foi, il est roi et Dieu dans l'éternité (5). » Car, « autant qu'on en peut juger d'après des témoignages qui ont subi plus ou moins l'influence de la théologie paulinienne, ce fut la résurrection seule qui fit le Christ (6). » Or, la résurrection n'est pas, dit-on, un fait d'expérience sensible, qui ait pu être constaté directement et formellement (7). » En conséquence « Fhistorien réservera son adhésion, » et « l'examen critique des récits le confirmera dans son doute (8). » Autrement dit, et en termes plus nets, Jésus n'était pas Dieu; c'est la tradition, c'est la foi qui l'a fait Dieu.

5. M. Loisy avait raison d'avouer qu'en ce qui regarde la divinité du Christ, son travail l'Evangile et l'Eglise serait très défectueux. A-t-il tenu, du moins, à corriger ces défectuosités dans Autour d'un petit livre ? A-t-il saisi cette occasion pour déclarer nettement sa pensée sur la divinité de Jésus? Nullement ; c'est la même tactique, appuyée d'explications nouvelles pour dire qu'il n'avait pas à parler de ce dogme, parce que ce dogme, l'historien et le

i, V Evangile et V Eglise, p. g3. — 2. lbid., p. 94. — 3. lbid.9 p. io5. — 4. Ibid. 9 p. io5. — 5. Ibid., p. 11 1 ; toujours la foi invoquée pour expliquer le dogme. — Q.lbid., p. n3. — , 7. Ibid., p. 118. — 8. lbid.% p. 119.

critique ne le trouvent pas dans l'Evangile. « On a dit que, dans ces conditions, le Christ de l'histoire serait bien au-dessous du Christ de la foi, que ce ne serait pas le même, que l'Evangile de Jésus et la foi de l'Eglise seraient une double illusion. Mais si ces conclusions étaient fondées, ce n'est pas l'historien qu'il faudrait incriminer (i). » C'est donc que ces conclusions sont fondées. M. Loisy dit : « Les faits sont les faits (2) ; » et il insiste sur le résultat de son étude historique : « Tout, dans la vie de Jésus, montre qu'il était homme parmi les hommes, « en tout semblable à eux, sauf le péché, » sauf encore le mystère intime et indéfinissable de son rapport avec Dieu (3). » « Au commencement de son ministère, Jésus ne parlait pas pour enseigner sa qualité de Messie, et les miracles qu'il faisait n'étaient pas pour la démontrer (4). »

6. D'où vient alors le dogme de la divinité de Jésus? De la foi, de la tradition; c'est toujours la même hypothèse, et toujours la même a priori, sans preuve aucune. On nous répète une fois de plus que « c'est la tendance de la tradition qui a fait découvrir dans sa vie et dans sa mort des traits caractéristiques de sa dignité messianique (5) ; » que a la divinité du Christ est un dogme qui a grandi dans la conscience chrétienne, mais qui n'a pas été expressément formulé dans l'Evangile; il existait seulement en germe dans la notion du Messie, fils de Dieu (6) ; » que, « pour la foi. les témoins de cet Esprit sont l'apôtre Paul, l'auteur de l'Epi! re aux Hébreux, celui du ive Evangile (7). » La divinité de Jésus « n'est pas un fait de l'histoire évangélique, dont on puisse vérifier critiquement la

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