‹ Le catéchisme romainChapitre 93 sur 230 · L'évolution religieuse selon M. Loisy. — a Sur · texte numérisé non relu

L'évolution religieuse selon M. Loisy. — a Sur

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le terrain de l'histoire des primes origines du christianisme, M. Loisy applique les principes de son positivisme. Si Dieu est présent derrière le monde phénoménal, il sera insaisissable dans le phénoménisme historique ; pas de surnaturel discernible ; les miracles ne sont pour l'historien que des « accidents providentiels » ou des « souvevenirs idéalisés par la foi. » L'action de Dieu, dans l'histoire comme dans la nature, n'est pas séparable de l'évolution : l'histoire du salut n'est pas distincte du progrès moral de l'humanité. « On ne doit pas réclamer, comme les juifs, des miracles pour croire, mais adhérer — sans l'avoir vu dans sa manifestation historique — au grand miracle de salut qui s'est opéré et s'opère par le Christ. » M. Loisy n'admet d'autre miracle que « le grand miracle de salut, » qui se ramène à l'éducation religieuse que nous devons à l'Evangile, et dont le Christ est moins l'auteur que l'occasion, car « ce grand miracle de salut » s'est opéré par le Christ, loin qu'il soit l'œuvre propre et transcendante du Christ.

(( Nous sommes ici au point critique de l'esquisse faite par M. Loisy de l'évolution religieuse qui se poursuit dans l'humanité. Cette évolution a commencé avec la « vocation » d'Israël, si tant est qu'elle ne se soit pas produite concurremment, quoique à un moindre degré de conscience, dans toute l'humanité ; elle se continue avec la « vie » de l'Eglise. Elle a devant elle un avenir illimité, pour autant qu'elle est un « mouvement » pur. Jésus n'est qu'un moment de cette évolution religieuse, un moment pathétique pour nous, sans doute, mais un moment dont il convient de mesurer la valeur réelle. 11 n'est ni un A, ni un Q, mais une lettre quelconque : l'évolution totale est grande.

« A ce compte, la théorie évolutionniste exige que le Christ diminue, que sa personnalité soit dépouillée de sa transcendance, que sa doctrine soit vidée de son originalité. Et c'est, proprement, la tristesse des deux livres rouges de M. Loisy, que l'effort constant qui s'y manifeste de diminuer le Christ dans sa personnalité et dans sa pensée, d'en faire un être chétif et faillible, en tout

semblable aux hommes de la foule juive de son temps, et dont en fin de compte on ne comprend plus qu'il ait séduit personne.

« M. Loisy s'y applique avec une suite enragée pour rappeler le mot qui fut dit de Fénelon. Il a tracé une courbe à laquelle les faits doivent se ranger, quoi qu'ils en aient. Il est un logicien lâché dans les textes, une sorte de scolastique à rebours, dépensant une ingéniosité subtile et insinuante à tout plier à ses postulats. Dans ce que Renan appelait une petite science conjecturale, M. Loisy ne trouve que des certitudes : il est efFrayant de certitude... Mais cette assurance n'est pas d'un historien, elle est d'un dogmatique positiviste. » Jésus et l Histoire. Paris, 1904, p. 7-10.

4. La divinité de Jésus et la foi de l'Eglise primitive. — « Il est légitime de prendre des repères généraux pour marquer la route. Ne peut-on adopter comme tel rattachement de la communauté primitive à t'enseignement de Jésus ? Que ses paroles aient été transmises avec des variantes, qu'elles aient même été expliquées par la tradition, et que quelques rudiments d'interprétation aient pénétré dans le style, même chez les Synoptiques, il est difficile de le nier ; mais qu'on ait composé de toutes pièces une allégorie ou un enseignement dogmatique pour le mettre dans la bouche du Christ, dès le temps des Synoptiques, voilà ce qu'on ne peut concéder d'après des combinaisons plus ou moins subjectives.

u Surtout il ne faut point reléguer toutes les questions à l'époque très courte, dont nous ne possédons pas -d'écrits, pour les trancher plus aisément par la conjecture. Le temps n'est plus où on ne voyait ni dans saint Paul, ni dans les Synoptiques, aucune preuve formelle de la divinité de Jésus-Christ. D'après MM. Wrede et Bousset (Theologische Rundschau, août 1902), l'Evangile de Marc n'est pas si loin de l'Evangile de Jean qu'on se l'imagine. Pour Marc, — et on sait que c'est, d'après les critiques, le plus ancien des Evangiles que nous possédions, — Jésus n'est plus le Messie au sens juif, mais le miraculeux Fils de Dieu, doué d'une essence surnaturelle. A

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