‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 102 sur 312 · I. Prop. 32 ; Denzinger, n. io3a (912). — 2. Prop · texte numérisé non relu

I. Prop. 32 ; Denzinger, n. io3a (912). — 2. Prop

Denzinger. n. io33 (9i3). — 3. Prop. 70; Denzinger, n. 1070

(960). — k' Prop. 71 ; Denzinger, n. 1071 (951). — 5. Par la

bulle Ex omnibus afjïictionibus, de saint Pie V, i«' oct. 1667.

- 6. l Joan,, lY, ï6.

EFFETS INTERIEURS DE LA GHARIT^ 2^7

n'en est pas moins ici-bas mêlée de tristesse ; parce que, en nous et autour de nous, la participation initiale du bonheur divin reste inévitablement incomplète et imparfaite. Aussi, quelque abondante qu'elle puisse être, surtout dans certaines faveurs toutes spéciales de Dieu, elle reste toujours en deçà de notre désir final, qui ne pourra pleinement être satisfait que dans la possession définitive de la vision béatifique, quand le bienheureux a entrera dans la joie du Seigneur (i). »

2. La paix. Selon la belle expression de saint Augustin, la paix est la tranquillité de l'ordre (2). Or, c'est à la charité qu'on doit l'accord pour le bien des volontés entre elles dans la société et de tous les appétits dans un seul et même individu. Par là même, en effet, que la charité nous fait aimer Dieu par dessus toutes choses, elle ordonne tous nos appétits en vue du souverain bien ; et par là même qu'elle nous fait aimer le prochain comme nousmêmes à cause de Dieu, elle ordonne toutes les volontés, conformément à la volonté divine. L'homme étant ainsi bien ordonné par la charité vis-à-vis de lui-même et du prochain comme vis-à-vis de Dieu, possède par là même la paix, une paix réelle quoique précaire sur la terre, mais qui sera parfaite et définitive dans le ciel (3).

3. La miséricorde. Celle-ci, d'après saint Augustin (4), est le sentiment qui nous fait compatir au malheur d'autrui et éprouver le besoin de lui venir en aide. Ce sentiment de compassion, sous l'inspiration de la charité, pousse celui qu'il anime à secourir, en vue de Dieu, les besoins du corps et de l'âme du prochain (5) ; il est le principe de tous les

I. Malth.y XXV, ai ; Sum. theoL, II« IP^, Q. xxvm. — 2. De ciu. Dei, XIX, xiii. — 3. Sum. Iheol, IP II»«, Q. xxix. — 4. Z)e civ. Dei, IX, v. — 5. Sum, iheoL, 11^ IP«, Q. xxx.

actes extérieurs de charité vis-à-vis du prochain, à savoir la bienfaisance, l'aumône et la correction fraternelle, dont parle saint Thomas.

III. Effets extérieurs de la charité envers le prochain. — i. La bienfaisance. 11 est évident que la charité que nous devons avoir dans le cœur envers le prochain ne va pas sans des actes extérieurs qui la manifestent efficacement. Tous ces actes sont l'effet de la bienveillance ou du désir de faire du bien à autrui. Ici encore la charité est la reine de toutes les vertus qui nous ordonnent vis-àvis du prochain.

La bienfaisance s'impose comme une obligation de notre vie morale et commande des devoirs spéciaux à raison de nos relations mutuelles ou sociales, telles que les constituent l'ordre de la nature et l'ordre de la grâce. Ces relations sont fondées, en effet, dans la société naturelle ou surnaturelle, sur la parenté, la consanguinité, l'affinité, l'union, les fonctions, les engagements ; elles sont motivées par les besoins ou l'indigence matérielle et spirituelle de ceux qui sont en rapport avec nous. Or, les devoirs qu'elles imposent sont, d'une manière générale et sauf des cas d'urgente nécessité, réglés par notre propre situation et par la situation du prochain (i).

2. U aumône, dans son sens le plus large, est tout acte de pitié, de compassion, de secours envers l'indigent, soit pour son corps, soit pour son âme, mais formellement inspiré par la charité, en vue de Dieu. Elle comprend les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde, au nombre de sept d'après la nature des besoins qu'elles secourent. Voici comment saint Thomas les justifie.

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