‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 104 sur 312 · I. Sum» iheoU, IP Ipe, Q. xxxii, a. i · texte numérisé non relu

I. Sum» iheoU, IP Ipe, Q. xxxii, a. i

urgents. On doit d'abord nourrir celui qui meurt de faim avant de songer à l'instruire (i).

L'aumône, au sens usuel du mot, consiste à secourir matériellement l'indigent. Elle est, dans l'ordre temporel, ce qu'est la correction fraternelle dans l'ordre spirituel ; elle fait du bien au corps, mais elle tend à faire du bien à l'âme, et cela pour un motif surnaturel, en vue de Dieu et à cause de Dieu. C'est l'enseignement révélé seul, en effet, qui a donné au monde « l'intelligence du pauvre, » en montrant que Dieu est dans la personne du pauvre et que faire du bien au pauvre, c'est donner à Dieu (2).

3. La correction fraternelle, exercée à l'égard des pécheurs, est une aumône spirituelle supérieure à l'aumône matérielle ; car s'il est un bien à souhaiter et à procurer au prochain, c'est assurément le bien de l'âme, en essayant de retirer le pécheur du péché pour le ramener à Dieu. Elle s'inspire de Dieu, qui ne veut pas la mort du pécheur, mais plutôt sa conversion.

Or, c'est là un devoir de charité qui s'impose à tous à l'égard de tous, au nom de cette fraternité chrétienne qui nous fait tous membres du même corps mystique. Mais c'est un devoir qui doit écarter tout procédé inquisitorial, violent, injurieux ou diffamatoire, dans l'accomplissement duquel on doit mettre de la discrétion et de la prudence, quand les circonstances paraissent favorables. Ne la pratique pas qui veut et à l'égard de n'importe qui ; c'est sans doute plus particulièrement le devoir des supérieurs ; c'est aussi celui des égaux et parfois des inférieurs. Il ne suffit pas, pour le remplir, d'avoir

I. Sum. theol. II» Il^e, Q. xxxii. — 2. Cette question sera traitée plus au long dans l'explication du septième commandement.

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