‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 11 sur 312 · I. D'Hulst, loc, cit., p. i · texte numérisé non relu

I. D'Hulst, loc, cit., p. i

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vivants inférieurs, ma vie, par ses sommets, confine aux régions éternelles. J'entrevois, je désire ce qui demeure, ce qui déborde le temps et l'espace, ce qui n'a ni fin, ni bornes. J'aspire au souverain Bien. Si j'étais impuissant à le saisir jamais, alors on verrait cette chose impossible : par ma raison qui conçoit l'Infini, par mon cœur qui l'appelle, je serais plus grand que ma destinée. Mais non : le Bien suprême n'est pas inaccessible. Pour y tendre. Dieu m'a fait libre. En me rendant capable de comparer les biens, il m'a mis à même de préférer le meilleur.

(( Si j'observe cette loi de mon être ; si, discernant le souverain Bien sous les ombres qui le recouvrent, parmi les faux biens qui lui disputent mes regards et mon cœur, je fais, au travers des luttes tragiques de la passion et du devoir, ce choix honorable et courageux, croyezvous que Dieu pourra me refuser la possession du trésor que j'aurai choisi? Quand l'épreuve sera finie, quand j'en serai sorti vainqueur, je. n'aurais pas droit à persévérer sous la forme du bonheur dans cette volonté droite qui s'est affirmée sous la forme de l'eff'ort ? Mais Dieu ne serait plus Dieu ; mais il m'aurait tendu un piège ! Il m'aurait dit : sacrifie-toi pour l'invisible, et maintenant il me dirait : tu t'es sacrifié pour une chimère. Ce n'est pas seulement odieux, cela, c'est absurde. i\iez Dieu, ou reconnaissez qu'il ne peut pas se soustraire à l'embrassement de l'âme qui l'a préféré à toutes choses.

(( Et reconnaissez pareillement qu'il ne peut pas s'imposer à rame qui le repousse. Sans doute, les inconséquences, les faiblesses d une volonté chancelante appellent l'indulgence, la miséricorde. Dieu donc sera patient; mais quand la mort viendra clore l'ère des destinées changeantes, il faudra que, du moins à cette heure suprême, l'âme dédaigneuse de souverain Bien reconnaisse son erreur, la pleure, la rétracte, et accorde enfin au vrai Dieu la préférence qu'elle a follement prodiguée aux idoles de chair ou aux idoles d'argent. Si non, quand elle pénétrera au pays de l'immuable, où voulez-vous qu'elle trouve le bonheur ? Il n'y en a plus d'autre que la possession de Dieu. De ce bonheur promis, elle n'a pas voulu ; elle n'est plus en état de le choisir, elle en sere^

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