‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 110 sur 312 · I. Nature de la vertu de religion · texte numérisé non relu

I. Nature de la vertu de religion

APRÈS les vertus théologales et en tête des vertus morales, comme un intermédiaire entre les unes et les autres, se place la vertu de religion, qui est une forme supérieure de la vertu de justice. Elle ne se rapporte pas directement à Dieu comme les premières, mais au culte qu'il faut rendre à Dieu (i) ; et parce que ce culte est la chose la plus excellente à laquelle l'homme puisse s'appliquer, la vertu de religion qui règle ses pensées et ses actes dans l'exercice du culte est aussi la vertu morale par excellence. Elle ne se confond pas cependant avec la justice stricte, qui consiste à rendre à chacun exactement ce qui lui est dû, ce qui suppose une certaine égalité, chose impossible entre le Créateur et la créature, entre Dieu et

I. BIBLIOGRAPHIE : Voir les ouvrages signalés dans les leçons précédentes ; y ajouter: S. Thomas, Sum, theoL, II* II^®, Q. Lxxxr — G ; Didiot, Morale surnaturelle spéciale^ Verlu de Religion, Paris, 1899; d'Hulst, Conf. deN.-D.t Carême de 1898.

Thomme, mais elle appartient à la vertu cardinale de justice, en ce sens qu'elle fait rendre à Dieu par l'homme l'hommage qui lui est dû, dans la mesure où l'homme est capable d'honorer Dieu ; car Dieu a un droit absolu à l'hommage de ses créatures et l'homme a le devoir corrélatif de payer ce légitime tribut à son Créateur. Elle fait ainsi partie de ce que prescrit le premier commandement.

1. Définition. — i. Le mot de religion. Religion vient du mot latin religio, dont on donne plusieurs sens étymologiques ; les uns, tels Gicéron et saint Isidore de Séville, le font dériver de religere, relire, et dans ce sens religion signifierait l'acte par lequel on relit, on repasse dans son esprit, en les méditant fréquemment, les préceptes relatifs au culte divin ; d'autres, tel saint Augustin (i), de re eligere, choisir de nouveau, la religion consistant à revenir à Dieu, après l'avoir abandonné, par une réélection ; d'autres enfin, et c'est l'étymologie finalement préférée par l'évêque d'Hippone (2), de religare, relier, la religion reliant, rattachant l'homme à Dieu. Mais quelle que soit l'origine et la signification du terme, observe saint Thomas (3), la religion implique un rapport à Dieu seul ; car c'est à Dieu que l'homme doit se lier comme à son principe indéfectible, c'est Dieu qu'il doit élire comme sa fin dernière, c'est Dieu qu'il doit retrouver par la protestation de sa foi quand il Fa perdu par le péché. Reste à caractériser la nature de ce rapport de l'homme à Dieu.

2. La chose. La religion peut se définir une vertu surnaturelle infuse, par laquelle l'homme reconnaît et honore la suprême excellence de Dieu et celle que certaines créatures tiennent de Dieu.

I. De civ. Dei. X, m. — 2. Retract., 1, xiii, 9. — 3. Sum» theol, II« II*% Q. Lxxxi, a. I.

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