‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 111 sur 312 · NATURE DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

NATURE DE LA RELIGION

11 ne s'agit donc pas ici de la vertu naturelle de religion, qui aurait existé sans notre élévation à l'ordre surnaturel, à raison même de la nature dépendante de l'homme et des rapports nécessaires qu'une telle dépendance doit créer entre la créature raisonnable qui les perçoit et Dieu, mais d'une vertu qui relève des relations surnaturelles, librement établies par Dieu, connues par la révélation et objet delapart de Dieu d'une législation positive. L'homme, par conséquent, ne saurait l'acquérir par lui-même ; de toute nécessité, pour qu'il la possède, il a besoin de l'intervention de Dieu ; et Dieu la lui infuse avec la grâce sanctifiante, au moment même où il le justifie. Sans doute, parmi les vertus théologales et morales infuses dans l'âme de l'enfant au baptême, le concile de Vienne ne cite pas expressément cette vertu de religion, mais il la désigne implicitement, en tant qu'elle appartient à ces virtutes, dont il affirme l'existence et la permanence (i).

Vertu infuse et non acquise, elle reste à demeure dans l'âme tant qu'un acte contraire d'infidélité ou d'irréligion ne la détruit pas, et lui permet d'accomplir des actes vraiment religieux, Mais comme ces actes impliquent nécessairement la connaissance et

I. Denzinger. n. 483 (4ii). « La vertu de religion est donc un être accidentel mais réel, accessoire mais surnaturel, comî plémentaire mais divinement conféré. Il est d'abord simplement dynamique et potentiel en ceux qui ne peuvent encore I agir intellectuellement ; mais il est actif et actué en ceux qui i sont capables de cette opération et qui l'accomplissent. 11 est I comme une ramification de la grâce sanctifiante, de cette forme , vitale, de cette âme surnaturelle de notre âme naturelle : ramii fication ou dérivation moins noble que les vertus théologales, jiet moins nécessaire qu'elles à notre vie chrétienne, mais plus ; sublime, plus indispensable que les vertus morales uniquement ; coordonnées aux actes individuels ou sociaux que nous avons à f produire dans la sphère de nos devoirs envers notre prochain et envers nous-mêmes. » Didiot, Vertu de religion, n. 4i» p. 3i.

la reconnaissance de l'infinie supériorité de Dieu, la soumission volontaire et déférente de la volonté envers son autorité, ainsi que des marques extérieures de cette reconnaissance et de cette soumission, la vertu de religion requiert l'être humain tout entier, intelligence et volonté, activité intime et externe (i).

3. Son objet. L'objet de la vertu de religion est de rendre à Dieu le culte qui lui est dû ; c'est là son

1 . (( Dans toute religion., on peut distinguer un élément essentiel, qui est de droit absolu et nécessaire, puis un élément accidentel, qui est de droit contingent et positif. En effet, vous ne sauriez jamais honorer Dieu, ni un ange, ni un homme, sans reconnaître par votre intelligence leur excellence et leur mérite propres ; sans approuver et aimer par votre volonté le droit qu'ils ont conséquemment d'être religieusement honorés ; sans témoigner, à l'occasion, dans votre vie extérieure ce i que vous pensez et voulez à leur sujet. Voilà un triple élément pour ainsi dire substantiel, nécessaire à toute religion soit naturelle, soit surnaturelle. La simple raison constate que sans liÀ nulle religion ne serait vraie, sincère, effective. La simple philosophie suffit à en démontrer, à en justifier pleinement f la théorie fondamentale. Mais quelles sont les formes plus ou moins précises, plus ou moins complexes, plus ou moins fréquentes, que devront revêtir cette connaissance, cet amour et cette manifestation extérieure indispensables à la religion, ni la raison ni la philosophie ne le peuvent décider par ellesmêmes, principalement s'il s'agit de la religion surnaturelle. Voilà l'élément pour ainsi dire accidentel qui demande à être fixé par Dieu ou par ses représentants autorisés, et qui deviendra obligatoire uniquement en vertu de leurs lois ou préceptes positifs. La prière, par exemple, doit-elle être une imploration et non seulement une adoration ? Doit-elle être non seulement une louange, mais une action de grâce et un repentir ? Ici la philosophie hésite et balbutie. Ici la conscience demeurerait incertaine, si Dieu ne lui commandait formellement d'implorer de sa providence différents biens spirituels et matériels. Dès qu'il l'ordonne, l'élément accidentel de la religion devient assurément très nécessaire à observer, mais il aurait pu ne pas le devenir. » Didiot, Vertu de religion, n. 67. p. 42»

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