‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 113 sur 312 · LE CULTE · texte numérisé non relu

LE CULTE

est vrai que, même en grec, la signification de ces mots est quelque peu élastique, car ils sont parfois employés l'un pour l'autre. Dans la Bible grecque elle-même, à côté de passages oîj le culte de Dieu est appelé latrie^ on en trouve d'autres où l'on se sert du verbe oouXcoe-.v pour exprimer le culte dû à Dieu ou à Notre Seigneur ([), et d'autres encore où le verbe Xa-rpE^E-v est employé dans le sens de simple service {2). Il importait d'en préciser la signification pour ne pas prêter à l'équivoque (3), et c'est à partir de saint Augustin qu'ils ont pris dans le langage théologique le sens technique que nous leur connaissons.

A Dieu est réservé exclusivement le culte de latrie, qui comprend, entre autres actes, l'adoration au sens théologique du mot et le sacrifice proprement dit, à cause de sa perfection infinie, unique et I incommunicable. Aux créatures qui ont reçu de Dieu des faveurs spéciales et qui, par leur vertu, ■ leur héroïsme et leur sainteté, ont fait briller en j elles quelques traits de l'excellence divine, appartient le culte de dalle, culte subordonné au premier et dépendant de lui comme de sa raison d'être,

I. Mailh.y VI, 24 ; Rom., xii, 11 ; xiv, 18 ; xvi, 18 ; Eph,, i. 7 ; ^^'d., VA, 34. — 2. L'œuvre prohibée le jour du sabbat est qualifiée de XaTpejxov, Lev., xxiii, 7, 8, 21 ; Num., xxviii, 18 ; le Deutéronome, xxviii; 48, dit : AaTOEjcrc-ç -roTç ïyJ)po~.<; ao-j. — 3. « Tel est le culte que l'on doit à la Divinité ou, plus oxpressement, à la Déité. Et pour désigner ce culte en un seul mot, faute d'expression latine, j'emprunte au besoin un terme grec qui fera mieux comprendre ma pensée. Partout où les saintes Ecritures emploient le mot Xaxpeta, nous traduisons par seri'i7us; mais ce service dû aux hommes et dont parle l'Apôtre quand il recommande aux serviteurs la soumission envers leurs maîtres, se rend en grec par un autre terme. Celui de Xatpîîa, dans la langue des écrivains sacrés, signifie toujours, ou du moins presque toujours, cette servitude qui .regarde le culte de Dieu. » De civ. Dei, X, i.

culte qui ne comporte ni l'adoration latreutique ni le sacrifice, mais, l'hommage, le respect, la vénération, quelque chose de semblable au service du client ou du serviteur envers son patron, son protecteur ou son maître. Mais comme, parmi les créatures, nulle n'a autant approché de Dieu, ni autant participé surnaturellement à la perfection divine, ni autant pratiqué la vertu que la sainte Yierge, mère du Sauveur, le culte exceptionnel qui est rendu à Marie, à cause de son excellence sublime et inimitable, bien que créée et finie, porte le nom dliyperdulie, infiniment au dessous du culte de latrie, mais supérieur à celui de dulie (i).

3. Le culte est absolu ou relatif. Il est a65o/a, quand la raison pour laquelle une personne ou une chose est objet de culte lui est intrinsèque et unie ; si elle est extrinsèque et séparée, le culte est relatif. Ainsi rendre hommage à Dieu pour sa perfection infinie et son souverain domaine, attributs qui ne se distinguent pas réellement de sa personne, est un acte de culte absolu ; il en est de même de l'adoration du corps de Notre Seigneur dans l'eucharistie, à cause de l'union hypostatique entre la personne du Christ qui est adorée et son corps eucharistique dans lequel cette personne est adorée. On vénère également d'un culte absolu la sainte Yierge, à cause de sa dignité de Mère de Dieu par exemple, parce que cette dignité, bien que venant de Dieu, est à elle et fait partie de sa personne. Au contraire, quand il n'y a point d'union substantielle, entre l'objet d'un culte et la personne dont rexcellence

I. Saint Thomas, dans son explication de la Salutation angélique, marque la triple prééminence qui légitime le culte d'hyperdulie, môme de la part d'un ange : plénitude de grâce, gratia plena ; familiarité avec Dieu, Dominas tecam ; prééminence de pureté.

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