‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 115 sur 312 · I. Didiot, Vertu de religion, n. 67-69 p. /Ig-So · texte numérisé non relu

I. Didiot, Vertu de religion, n. 67-69 p. /Ig-So

5. Par rapport au sujet, le c\i\ie est intérieur ou. extérieur ; intérieur, quand il se passe dans le domaine de la conscience et s'y exprime par des actes intimes de respect, de vénération, de soumission ; extérieur, quand il se manifeste au dehors par des signes, des gestes, des attitudes ou des paroles. Quand ces manifestations extérieures sont réglées par l'Eglise en un cérémonial sacré, elles constituenî la liturgie. Le culte extérieur qui ne répondrait pas au culte intérieur serait un acte d'hypocrisie ; mais lorsqu'il y répond, c'est sans doute comme un effet, sauf à réagir à son tour et à alimenter, à aviver le culte intérieur.

A son tour, le culte extérieur peut être prive ou public, selon qu'il est pratiqué par un individu à titre privé, ou par des représentants autorisés d'une société au nom de la communauté ; car le culte public n'est pas à confondre avec le culte exercé en public. Il est, en effet, des actes du culte privé qui sont faits en public, et cette circonstance ne change pas leur nature ; il est de même des actes du culte public, tels que la récitation du bréviaire ou la célébration de la messe, qui peuvent être exercés d'une façon privée, sans qu'ils changent de caractère.

III. Obligation de pratiquer le culte divin.— Toutes les formes du culte divin, intérieur et extérieur, privé et public, individuel et collectif sont obligatoires.

I. La raison générale de cette obligation repose sur les rapports qui existent entre Dieu et l'homme au point de vue naturel et surnaturel. L'homme est sous la dépendance absolue de Dieu ; Dieu est le souverain maître. Le domaine suprême de Dieu s'étend à tout l'homme et à tous les hommes, individus, familles, sociétés. Et dès lors, rien qu'au

NECESSITE DU CULTE 2*^î

point de vue du droit naturel, il est du devoir de l'homme, dans sa vie intime comme dans sa vie extérieure, "à titre privé et public, individuel et collectif, de reconnaître et de prouver par des actes l'étroite dépendance où il se trouve vis-à-vis de la majesté souveraine de Dieu. C'est pourquoi, afin de rappeler et de préciser une telle obligation. Dieu en a fait l'objet d'un précepte positif et exprès.

2. Des raisons spéciales légitiment toutes les formes du culte. Notre Seigneur a parlé du culte intérieur, quand il a dit : « Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent doivent V adorer en esprit et en vérité (i). » 11 a pratiqué lui-même le culte extérieur ; et ce culte extérieur fut organisé, dès les origines, par les Apôtres ; l'Eglise en rappelle sans cesse l'opportunité. Et quant au culte public, toute la liturgie et l'institution du sacerdoce témoignent de sa nécessité. Car il est écrit: « Tout grand prêtre, pris d'entre les hommes, est établi pour les hommes en ce qui regarde le culte de Dieu, afin d'offrir des oblations et d^es sacrifices pour les péchés {2). » Ni les individus ni les sociétés n'ont le droit de s'y soustraire et de « retenir la vérité captive. » C'est bien là ce qu'ont fait les gentils, mais « ils sont inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l'ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâces : mais... ils ont échangé la majesté du Dieu incorruptible pour des images représentant l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, des serpents (3). )>

i. Joan,, IV, 2\. — 3. Hebr., v, i. — 3. Rom., i, 18-28. Pas de milieu, en elTet, ou le vrai Dieu reconnu, servi et adoré comme il convient, ou les idoles. « Le voilà, le vrai secret de l'émancipation humaine : il faut adorer le Seigneur de toutes choses et ne servir que lui seul. Défionsnous des guides qui s'offrent à conduire l'humanité dans les sentiers inexplorés d'une civilisation nouvelle. Us nous pro-

Notre Seigneur a dit, il est vrai, à la Samaritaine : (( L heure est déjà venue, ou les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité (i). » Serait-ce la condamnation du culte extérieur ? Nullement. Au faux culte des Samaritains, au culte figuré des Juifs, à ce culte cérémoniel et légal appelé à disparaître comme Fombre devant la réalité, Notre Seigneur oppose le culte nouveau, qui comporte avant tout la pureté du cœur, Tapplication des forces vives et intimes de l'âme, le sacrifice intérieur, c'est-à-dire l'adoration en esprit et en vérité, sans pour autant supprimer l'expression extérieure nécessaire des devoirs religieux de l'homme envers Dieu.

IL Actes de religion envers Dieu.

Nombreux sont les actes de la vertu de religion envers Dieu. Selon son usage, saint Thomas les classe méthodiquement : les uns intérieurs et principaux, tels que la dévotion et la prière ; les autres

mettent une destinée élargie, un accroissement de richesses, d'honneurs, de plaisirs. Mais qui sont-ils pour nous garantir tous ces biens ? Ce sont des hommes comme nous, infirmes et indigents. Leur pouvoir est incertain, douteuse par conséquent leur promesse ; la seule chose qui ne soit point problématique, c'est la condition posée : avant tout il faudra se prosterner. Tomber à genoux, non plus devant l'être transcendant, dont le culte relève et anoblit Fadorateur, mais devant la force, ou la ruse, ou la honteuse corruption de l'orl Ah I la fierté impie, qui empêche de plier les genoux devant le Très-Haut, n'empêche pas, à ce qu'il paraît, les fronts superbes de s'incliner devant Mammon, ni les mains de s'étendre pour saisir les prix de l'infamie, ni l'honneur de sombrer dans de lamentables catastrophes. » D'Hulst, ConJ. de N. D., Carême de iSgS, Paris, 1906, p. 33-34.

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