LA DÉVOTION
extérieurs : l'adoration, les oblations et les sacrifices, le vœu, la réception des sacrements, l'emploi du saint nom de Dieu, le serment, l'adjuration et la louange à Dieu. La plupart de ces actes seront étudiés à leur place dans la suite (i) ; nous ne traiterons ici que de la dévotion et de l'adoration.
I. Dévotion. — i. Sa nature. La dévotion qu'il faut se garder de confondre avec les dévotions, vient du mot latin devovere, qui signifie vouer, dévouer. Au sens théologique du mot, c'est l'acte de la volonté se livrant avec zèle, promptitude et sans réserve au service divin ; c'est l'acte le plus essentiel de la vertu de religion. La ferveur qu'elle exige consiste à rester dévoué au service divin par devoir et quoi qu'il en coûte, malgré l'absence de toute consolation, en dépit des aridités, des épreuves et des souffrances. Car la dévotion substantielle, comme on l'appelle, ne réside point dans la partie sensible de notre être, mais dans la volonté. Il suffit à l'homme ainsi dévoué d'avoir rempli tout son devoir ; la satisfaction de l'avoir rempli est parfois sa seule joie, joie morale mais austère. Mais parfois aussi à la dévotion substantielle s'ajoute la dévotion dite accidentelle, qui consiste dans une joie spirituelle et abondante causée à l'intelligence et à la volonté par la contemplation de l'infinie perfection de Dieu (2), ou même dans une délectation sensible qui peut aller jusqu'aux larmes (3). Cette dévotion accidentelle surtout affective, grâce au contentement qu'elle répand dans l'âme et à l'attrait qu'elle fait
1. Il sera question de la prière et de la louange à l'explication de l'Oraison dominicale ; du vœu, du serment et de l'adjuration au second commandement de Dieu ; du sacrifice aux commandements de l'Eglise. — a. Sam, theol., Ih II-^^Q. Lxxxn, a. 4. — 3. Ibid., a.4, ad 3.
IB CATÉCHISME. — T. V. l8
trouver dans le service de Dieu, peut être un puissant stimulant d'activité spirituelle et de vertu solide, à la condition toutefois d'être toujours accompagnée d'une humble défiance de soi.
La ferveur de la dévotion suppose, dans l'intelligence, une foi éclairée, et, dans la volonté, la charité, la religion et la piété. C'est la foi, en effet, qui dirige les actes de la volonté dans la poursuite de la fin surnaturelle et dans le choix des moyens qui y conduisent (i). C'est à la lumière de la foi que s'éclaire la dévotion avec d'autant plus de chances de succès qu'elle se complaît moins en elle-même et qu'elle se tient plus étroitement soumise à Dieu (2). Elle n'est donc pas l'explosion exubérante du sentiment religieux. Mais en même temps elle suppose la charité envers Dieu, dans laquelle elle alimente son zèle pour le service divin ; la religion qui lui commande les actes auxquels elle doit s'appliquer ; et la piété qui l'incite à honorer Dieu comme un père (3). Elle n'est pas à confondre avec l'acte de charité parfaite. Sans doute, il y a entre les deux d'étroites relations et une influence réciproque de l'une sur l'autre; car le véritable amour de Dieu porte à la dévotion, comme aussi la dévotion commande l'amour de Dieu ; mais le motif qui les inspire n'est pas le même. On se dévoue au service de Dieu parce que rien n'est plus juste, et un tel acte appartient à la vertu morale de justice, mais on aime Dieu à cause de sa bonté infinie, et un tel acte appartient à la vertu théologale de charité.
2. Ses qualités principales se déduisent facilement de ce que nous venons de dire. La dévotion, pour atteindre plus sûrement son but et ne pas s'exposer
I. Sam. theol, IP IT*% Q. 11, a. 3. ~ 2. Ibid., Q. lxxxii, a. 3, ad 3. — 3. Ibid., Q. lxxxii, a. 2, ad i.