‹ Le Catéchisme romain, ou, L'Enseignement de la doctrine chrétienneChapitre 123 sur 312 · CULTE DES IMAGES · texte numérisé non relu

CULTE DES IMAGES

n'ont été interdites que pour empêcher qu'on ne retranchât quelque chose du culte du vrai Dieu pour le reporter sur elles comme sur des divinités.

2. ((. Il y a surtout deux manières de se rendre coupable da crime de lèse-majesté divine. La première, c'est d'adorer les idoles et les images comme Dieu, ou de leur attribuer une vertu, quelque chose de divin qui mérite notre culte, ou de leur adresser nos prières, ou de placer en elles notre confiance, comme le faisaient les Gentils qui mettaient leur espoir dans leurs idoles : toutes choses réprouvées par les saintes Lettres. — La seconde, c'est d'employer les arts pour exprimer la forme réelle de la divinité, comme si la divinité pouvait être vue des ye-ux du corps et être représentée à l'aide de couleurs ou de figures. Qui pourrait, dit saint Jean Damascène, représenter Dieu qui ne tombe pas sous le sens de la vue, qui n'a pas de corps, qui ne peut être circonscrit par aucune limite, ni dépeint par aucune figure ? Et c'est là ce qu'a exposé tout au long le second concile de Nicée. L'Apôtre a donc très bien dit des Gentils qu'ils « ont échangé la majesté de Dieu incorruptible par des images représentant rhomme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles (i). » En effet, ils adoraient tout cela comme des dieux dans les images qu'ils en faisaient. C'est pour cela qu'on qualifie d'idolâtres les Israélites qui s'écriaient devant la statue du veau d'or : « Israël, voici ton Dieu qui fa fait monter du pays d'Egypte (2) ; » car par là « ils échangèrent leur gloire contre la figure dun bœuf qui broute V herbe (3). »

3. Défense de représenter Dieu. « Après avoir donc défendu d'adorer des dieux étrangers, le Seigneur, voulant détruire entièrement l'idolâtrie, défendit de tirer de lairain ou de toute autre matière une image de la divinité. C'est ce qui a fait dire à Isaïe : « A quoi donc comparcrez-vousDieu, et quelle image feriez-vous qui lui ressemble (4) ? » Voici, du reste, un témoignage assez clair dans

I. Hom., I, 23. — 2. Exod. . xxxii, 4. — 3. Ps., cv, 20 ; Cat. Hom., loc. cit. y n. 34. «^ A. Is., xl, 18.

ce passage où Moïse disait au peuple pour le détourner de l'idolâtrie : « Vous n'avez vu aucune figure le jour oà Jéhovah parla du milieu du feu en Horeb (i). » Car le très sage législateur ne tient ce langage que pour empêcher les Hébreux de se forger, sous l'inspiration de l'erreur, quelque représentation de la divinité et de rendre à une créature l'honneur qui n'est dû qu'à Dieu (2). »

4. On peut cependant le représenter. « Ce n'est pourtant pas un péché contre la religion et la loi de Dieu que de représenter les personnes de la sainte Trinité avec la figure sous laquelle elles apparurent tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament. Nul n'est assez ignorant pour penser que ces images soient l'expression réelle de la divinité ; elles servent simplement à rappeler certaines propriétés ou actions qui sont attribuées à Dieu. En peignant, d'après Daniel, l'Ancien des jours assis sur un trône et des livres ouverts devant lui, on veut exprimer l'éternité de Dieu et cette sagesse infinie avec laquelle il examine les actes et les pensées de l'homme pour les juger. On connaît trop les attributs du Saint-Esprit qui figurent, dans l'Evangile et les Actes des Apôtres, la colombe et les langues de feu, pour qu'il soit nécessaire de les expliquer plus au long (3). »

5, On peut représenter les anges, Notre Seigneur, les saints. — « On donne aux anges la forme humaine et des ailes pour faire entendre leurs bonnes dispositions en faveur du genre humain et leur promptitude à exécuter les ordres du Seigneur. Car ils sont a tous des esprits au. service de Dieu^ envoyés comme serviteurs pour le bien de ceux qui doivent recevoir V héritage du salut (4). » — Quant au Christ Notre Seigneur, à sa très sainte et très pure Mère et à tous les autres saints, comme ils se sont montrés sous la forme humaine, revêtus qu'ils furent de notre nature, non seulement il n'est pas défendu par ce commandement de peindre et d'honorer leurs portraits, mais encore ces actes ont toujours passé pour l'expression

I. Dent.; iv, i5. — 2. Cal, Rom., loc, cit.y n. 35, — 3. Cat» Rom., loc. cit., n. 36, — 4. Heb,^ i, i4.

Page 1